‹ Une ville-égliseChapitre 84 sur 121 · Weiss, op. cit., II, p · texte numérisé non relu

Weiss, op. cit., II, p

3. Camille Martin, le Temple neuf de Genève, pp. 18-19 (Genève, 1910;.

4. Correspondance entre Dupré et Croissy, 21 octobre 1681 (dans Barbey, loc. cit., pp. 137-140).

démarches qu'elle tentait, une fois de plus, pour entrer dans la Confédération helvétique, échouaient contre Faction diplomatique du nonce Minati 4. Genève se savait surveillée, sur ses confins, par les fonctionnaires de Saint- Julien, de Ternier, de Gaillard, par les commis des gabelles de Viry ; elle pressentait que dans ses murs mêmes des espions se cachaient. Et de fait il s'en trouvait, qui correspondaient avec le duc de Savoie, avec Jean d'Arenthon, évêque d'Annecy : tel ce Gallatin qui réclamait de la Savoie, en échange de ses services, un titre de noblesse; tel cet autre personnage que les documents diplomatiques du temps appellent « Tlnconnu2 ». Et de Turin, ou bien d'Annecy, les nouvelles arrivaient très vite jusqu'à Versailles, — jusqu'à Versailles qui faisait si grande peur aux Genevois.

Genève, se sentant bien seule, épiait au loin les victoires de son coreligionnaire Guillaume d'Orange; mais Louis XIV ne permettait pas que les Genevois reçussent dans leur ville un résident anglais3 ; et si des allégresses trop bruyantes scandaient le bruit fait en Europe par les succès de Guillaume, Genève avait affaire à Louis XIV. Elle dut, en 1691, s'excuser

1. Marg. Cramer, Genève et les Suisses, 1691-1792, pp. 81-84.

2. Mugîuer, Notes sur les évèques de Genève- Annecy, 2° éd., p. 132. (Paris, 1888).

Page 1