Oechsli dans les Cantons suisses et Genève, p
près du Résident de France quand la défaite des catholiques irlandais à la Boyne fut célébrée par des feux de joie1; et le grand-père de Jean-Jacques, qui, comme dizainierdu quartier de la cité, avait laissé toute licence aux hosannas et aux pompes, fut censuré, par égard pour son voisin le Résident. Genève dut s'excuser encore, en 1696, et cette fois en expédiant ses notables à Versailles, pour avoir applaudi l'entrée des troupes de Guillaume à Namur 2.
Le spectre des troupes du Grand Roi hanta, durant plusieurs années, les imaginations genevoises. En 1693, quand les Français envahirent la Savoie, Genève craignit pour elle-même. Elle condamna celui qui proposerait de se rendre à avoir le ventre ouvert, les entrailles arrachées et mises autour du col, à être attaché à un poteau jusqu'à la fin de la guerre3. Se rendre, c'eût été livrer la cité de Dieu au plus orgueilleux ennemi de ce Dieu, du Dieu de la Réforme.
Car à l'arrière-garde des troupes du Grand Roi, Genève entrevoyait, avec une terreur presque naïve, toute une mobilisation de curés savoyards, acharnés à sa ruine. Un petit poème
1. Ritter, la Famille et la jeunesse de J.-J. Rousseau, pp. 69-