Marg. Cramer, op. cit., pp
3. Bérenger, Histoire de Genève depuis son origine jusqu'à nos hurs, III, p. 17 (Genève, 1773).
de la fin du dix-septième siècle les montrait conspirant contre elle, dans la vieille commanderie de Compesières, opinant tour à tour qu'il fallait priver les Genevois de combustible, et de viande , et de poissons, et puis les ruiner par des procès, et puis barrer aux ramoneurs, et barrer aux vidangeurs, l'accès de leur ville. En si belle voie d'imagination, le poète ne s'arrêtait pas : on voyait les curés s'adjuger à l'avance les temples de Genève, et puis se les disputer, lorsque tout d'un coup survenait la nouvelle que Genève et le résident de France s'étaient mis d'accord1. Les Genevois qui applaudissaient ce petit poème considéraient évidemment leur ville comme un camp retranché, menacé tout ensemble parles troupes du Grand Roi et par les curés de la Savoie.
Mais le dix-huitième siècle approche : Genève va changer; les barricades dont se hérissait la virginité de cette ville, dont se hérissait l'intégrité de son dogme, vont peu à peu fléchir et succomber. C'est d'abord dans l'édifice dogmatique que se produisent certaines lézardes, qui s'élargiront et deviendront fatales.