Maury, I, p
Jean-Alphonse Turrettini avait, de 1690 à 1694, voyagé aux Pays-Bas, en Angleterre, en France ; il avait vu Londres, à loisir, d'un regard hospitalier; il, avait causé avec toutes sortes de personnalités qui ne croyaient pas comme lui, et même avec des papistes, avec Bossuet, avec Huet, avec Mabillon, avec Malebranche; il avait, à proprement parler, « noué les relations littéraires de Genève et de Paris l ; » il correspondra plus tard avec beaucoup de savants et même, ce qui sera une nouveauté pour un conducteur de l'Église genevoise, avec le futur cardinal Passionei, nonce à Lucerne2. Il avait constaté, au cours de ses voyages, que les rigueurs des formulaires commençaient de déplaire à plusieurs Eglises protestantes : elles déploraient, tout bas et parfois tout haut, qu'on parût si joyeux, à Genève, de signer et de faire signer les deux formulaires qui perpétuaient la morose doctrine de Dordrecht3.
Genève bénéficia de ces observations personnelles de Jean-Alphonse Turrettini. Fort des leçons qu'il avait puisées à l'étranger, il devait, suivant l'expression de Sainte-Beuve, « fixer