Ritter, Alliance libérale, 29 janvier
2. Voir d'ailleurs un témoignage de sa haine durable contre le « papisme » dans Masson, I, pp. 43-44.
3. Sur Jean-Alphonse Turrettini (1671-1737), voir la biographie de Budé (Lausanne, 1880). Sur le caractère cosmopolite dit personnage, excellentes pages dans FUrr-voLo, Bodmer et Véeole paisse >, pp, 2o5-3>o (Lausanne, 1912)*
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l'hot. Wissmer.
JEAN-ALPHONSE TURRETTINI (1671-1737) Peint et gravé par Robert Gardelle.
(Bibliothèque publique de Genève. Collection de M. le Dr Maillarl.)
pour un long temps, dans sa patrie genevoise, cette atmosphère religieuse et morale, dans laquelle on respirerait plus librement, et qui permettrait d'être à la fois, et dans une certaine mesure, chrétien, philosophe, géomètre et physicien, homme d'expérience, d'examen, de doute respectueux et de foi1. »
Professeur de dogmatique depuis 1705, Turrettini présida, en juin 1706, la réunion de la Compagnie dans laquelle fut mitigée la teneur des formulaires; ils ne furent plus signés comme règle de foi, mais seulement comme règle d'enseignement. Désormais les pasteurs s'obligèrent seulement à ne rien énoncer qui ne fût conforme « à la confession de foi et au catéchisme; » et le modérateur de la Vénérable Compagnie devait profiter de l'occasion pour les « exhorter » à ne rien enseigner contre les canons de Dordrecht2; mais cette exhortation, paterne et platonique, n'enchaînait plus la conscience de ceux qui l'écoutaient, ni même de celui qui l'adressait.
L'Eglise de Genève, se croyant ainsi libérée de toutes dissensions internes, se tournait, avec un geste de catholicité, vers les théologiens de la Confession d'Augsbourg, vers ceux de Hollande et d'Angleterre, et se déclarait prête à former avec eux, au-dessus de toutes les diver-
1. Causeries du lundi, XV, p. 184. Cf. Massow, I, pp. 190-200