GabbrOT., III, pp
178 UNE VÎLLÈ-ÉGLÎSE : GENÈVE
gences théologiques, une sorte d'Église protestante universelle1. Frédéric 1er de Prusse et l'archevêque de Cantorbéry répondirent par des paroles d'harmonie, mais ces paroles ne furent pas suivies d'effet. Malgré l'appel de Turrettini et de Bénédict Pictet aux autres confessions réformées, la voix de Genève ne suffisait pas à faire du protestantisme un seul troupeau. Genève avait abandonné le calvinisme strict; mais elle n'avait pu, même à ce prix, établir l'unité du monde réformé.
Dévalant d'ailleurs sur la pente où elle s'était engagée, elle allait, en 1725, prendre définitivement congé des formulaires. Cette année-là, Turrettini était modérateur de la Compagnie : il fit décider que tout formulaire serait à l'avenir supprimé, et que dorénavant on demanderait seulement aux pasteurs, en vertu des ordonnances de 1576 : « Protestez-vous de tenir la doctrine des saints prophètes et Apôtres, comme elle est comprise dans les livres du Vieux et du Nouveau Testament, de laquelle doctrine nous avons un sommaire dans notre catéchisme2? »
Le théologien Bénédict Pictet, qui, par ses édifiants sermons, plus soucieux d'enseignement moral que d'enseignement doctrinal, annonçait déjà les tendances du dix-huitième