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Gautiuu, II, p

piller les sanctuaires : l'anarchie montait. Impossible, désormais, pour les magistrats, de s'en tenir à ces prescriptions, savamment dosées, qui naguère défendaient de critiquer les sacrements, de violer les jeûnes, « de vivre et mourir autrement que les pères , » et qui d'autre part ordonnaient aux prédicateurs de « prêcher sans mélange de fables ni d'inventions humaines » et de « dire aucune chose qui ne fût prouvée par le Saint Evangile1 ». Ces compromis étaient, dès 1535, devenus surannés.

Entre les deux Eglises, sur la demande de Farel, une confrontation fut organisée. On l'appela la dispute de Rive2 : des théologiens catholiques de second ordre s'en vinrent affronter la voix tonitruante de Farel3.

L'un d'entre eux, nommé Jean Gacy, avait, quelques années plus tôt, emprunté la vieille forme dramatique de la « moralité, » pour exhiber sur le théâtre « les erreurs de Martin Luther, les doléances de Hiérarchie ecclésiastique et les Triomphes de Vérité invincible 4. » Mais l'heure n'était plus, dans Genève, à ces pieuses

1. Herminjard, II, p. 425, n. 2, et III, p. 41 (registres du Grand Conseil, 29 juin 1532 et 30 mars 1533).

2. Th. Détour, Un opuscule inédit de Farel: le résumé des actes de la dispute de Rive {1535) {M. S. H , XXII (1886), pp. 201-240).

3. Tonantem, quo nemo tonuit fortius, disait un quatrain du temps (Kevilliod, préface de la réédition du Vray usage de la Croix de Jésus-Christ. Genève, 1865).

4. Picot, les Moralités polémiques ou la controverse religieuse dans Vancien théâtre français (B. S. H. P. F., 1887, pp. 337-342).

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