‹ Une ville-égliseChapitre 93 sur 121 · Roget, Etrennes genevoises, I, p · texte numérisé non relu

Roget, Etrennes genevoises, I, p

2, Fazt, les Conslimtions.pp. 93 et 99,

aux Sully, aux Coislin, aux Lude, était apprenti horloger1. Et derrière le comptoir où tous deux besognaient, le fils du syndic ne se distinguait du fils de Partisan que par le beau ruban qu'on attachait à son balai, avant qu'il le maniât2. Mais les progrès de la richesse gâtèrent, peu à peu, cette touchante simplicité des mœurs. Il semble que parmi les réformés de France qui restaient à Genève et qui purent y acheter le droit de bourgeoisie, certains apportèrent des idées nobiliaires : on vit, çà et là, quelques Genevois s'affubler de particules, d'autres adopter la qualification d'écuyers.

Ils ne sont plus, ils ne sont plus les mêmes, Ces Genevois, si sages autrefois.

Trop de sang dauphinois

A coulé dans leurs veines.

Ainsi versifiait un poète local3. Du fond des rues Basses, un autre chansonnier, levant les yeux vers la ville haute où s'épanouissaient « les modes de la France, » interpellait Genève et semblait prévoir, longtemps à l'avance, l'annexion par les troupes françaises :

As-tu pas peur qu'un jour, par ordre du vrai Dieu, Pour mieux te franciser, la France ne t'étrille4 ?

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