Ritter, Mme Guyon et Genève (Étrennes chrétiennes
4. Ritter, Notes et documents sur l'histoire du piétisme à Genève et dans les pays romands [Etrennes chrétiennes, 1889, p. 163),
rant les années 1713 à 1720, que Magny vécut à Genève, « il alla chez lui du monde comme en procession1, » et les pasteurs inquiets provoquaient des enquêtes, comme ils en provoqueront, vingt-cinq ans plus tard, au sujet des Moraves, que Ton finira par bannir2.
ce II y a un grand nombre à Genève qu'on nomme piétistes, écrivait une contemporaine. On les cite souvent devant les pasteurs; il y en a plusieurs qui rendent raison de leur foi avec beaucoup de fermeté3. »
A force de s'élever au-dessus des querelles doctrinales et de ne chercher dans la religion qu'une occasion d'élan pour la piété, Magny et ses disciples piétistes faisaient passer au second plan les doctrines révélées, qui avaient le tort de susciter des controverses intellectuelles ; puisque l'idée de Dieu et de la Providence émouvait indistinctement toutes les sensibilités religieuses, c'est vers ce Dieu, quelque vague qu'il fût, et vers cette Providence, si lointaine fût-elle, que les piétistes essayaient d'orienter les âmes. Les extrémités de leur
1. Ritter, la Famille et V Enfance de Jean-Jacques Rousseau, pp. 239-261. — Ritter, Magny et le piétisme romand, 1699-1730 {Mémoires et documents de la Suisse romande, 2° série, III, pp. 293- 311. Lausanne, 1891). — Masson, I, pp. 64-70.