‹ Une ville sous le régime collectivisteChapitre 10 sur 32 · DINER · texte numérisé non relu

DINER

Potage Esaii Lentilles à la Toiirel

L(^ ])réfet et le sous-préfet étai(Mit mis ainsi à tontes les sauces — et ils le méritaient bicMi !

Durant (]ue la lutte s'éternisait ainsi, il se ])rodiiisait au tribunal correctionnel un fait (jiii eût dfi ouvrir h's y(Mix des ouvriers. (inel(|nes-nns des ])imiicipanx meneurs des givves de dockers com])arais-

saient devant les juges pour y répondre d'attentats contre les propriétés au cours de récentes émeutes. ( 'es o-rèves de dockers, les plus violentes dont Brest eut à pâtir, on le sait, aboutirent à l'échec de toutes les revendications des intéressés. Bien plus, les entrepreneurs de dé(diar<>'enient ont laissé dehors tout leur ancien personnel, et le syndicat des dockers n'existe plus qu'à l'état de mauvais souvenir.

Les débats du tribunal correctionnel de Brest mirent en lumière la qualité des personnages responsables de cette grève néfaste. C'étaient, tous, d'aft'reux repris de justice.

Le président du syndicat des dockers, Mariette, condamné à un an de prison, possédait an casier judiciaire orné de six condamnations ; Kohou, l'un de ses lieutenants, avait subi vingt -huit condnmiHitions avant celle qui lui fut infligée ; Corre, autre meneur, avait été dix-huit fois condamné. Pour les autres camarades, le casier judiciaire était ainsi libellé : Cornée, treize condamnations ; Le Goff, onze condamnations ; Lichou, neuf condamnations ; Castel, cinq condamnations ; Rolland, deux condamnations.

C'étaient donc de véritables forbans qui bouleversaient ainsi, sous la protection municipale, toute une ville laborieuse et naguère encore absolument paisible !

Sous le givre glacé, Tendurauce des grévistes tendait à se refroidir. Les patrons ne cèdent pas. Aucun espoir de réussite ne soutient les chômeurs. La Bourse du travail s'efforce de réchauffer leur zèle. T^n placard est affiché, dont voici un extrait :

Page 1