‹ Une ville sous le régime collectivisteChapitre 17 sur 32 · le comité at'tiche une proclamation · texte numérisé non relu

le comité at'tiche une proclamation

Syndicat des Travaineurs réunis C\i port de Brest

A l'opinion publique, Aux lial)itants de Brest, A tous les travaillçurs.

Après avoir frappé Pengam, le préfet maritime vient de frapper cinq autres camarades, coupables de s'être solidarisés avec Pengam, en revendiquant la liberté de parole, de penser et d'écrire.

Vingt-huit personnes, composant les familles des victimes, sont ainsi réduites à la famine par l'arbitraire odieux de cet amiral qui, lui, continue de toucher les maigres appointements annuels de 40.000 francs.

En appliquant la mise à l'index au Casino brestois, le viceamiral avait déjà plongé dans la misère les artistes et le personnel, au nombre de 70.

Notre camarade Martin fut également frappé, avant tous ces faits, pour un article de journal, de quatre jours de mise à pied.

Notre camarade Goude, délégué de son parti au congrès de Chalon, s'était vu refuser une permission (le ministre désapl)rouva, il est vrai, cette manière de voir de son préfet).

Des faits analogues se sont passés à Lorient, où notre camarade Berlin fut exclu de l'arsenal pour avoir signé une affiche simplement liumanitaire.

Le préfet maritime a connnis de lourdes fautes.

Le préfet maritime a illégalement frappé nos camarades.

Le préfet maritime a abusé de son pouvoir.

L'opinion publique sera avec nous pour crier à cet amiral d'un autre âge qu'en dehors des heures de travail, nous sommes des citoyens libres dans la République.

Oue chacun, comme nous, prenne la responsabilité de ses actes, de ses paroles, et le public jugera.

Nous avons déclaré être en im'sur(î de ])i'oiiver la fausseté des accusations dirigées contre nos camarades et rillégalité des mesures disciplinaires dont ils sont l'objel.

Par deux fois, notre syndicat a sollicité une entrevue sur l'incident Pengam, par deux fois le préfet maritime refusa.

I)(mc, le préfet Péphau est seul responsable! du mouvement géiK'ral (jui met en lutte les Iravailleurs des ports, et de toutes les conséquences qui en découleront.

Tous ces faits démontrent que nos gouvernants veulent abattre nos syndicats, afm d'enrayer le puissant mouvement qui se dessine en faveur d'améliorations immédiates

Forts (1(> leurs droits, les travailleurs de tous les arsenaux, répondent à ces imbéciles provocations i)ar la grève générale.

Dans quelques jours, la grève générale sr-ra un fait accompli.

Pour assurer la conquête définitive de nos libertés, il faut présenter une force assez grande pour imposer aux dirigeants es concessions indispensables.

Vive la liberté de parole, de penser et d'écrire en dehors de ^'arsenal !

Vive la grève générale î

Le comité d'.vction.

Le 11, réimiou ;i la Bourse du Travail — mais pas de grève... Le 12, rieu encore que des discours. La préfecture maritime a donc eu tout le loisir de prendre les mesures nécessaires pour assurer le libre accès de l'arsenal aux ouvriers antigrévistes. Elle fait publier, le 14, ce placard sensationnel :

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