‹ Une ville sous le régime collectivisteChapitre 18 sur 32 · RÉPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Le ministre de la Mavitie aux ouvriers de Varsenal.

Au inonient où à toutes ses tentatives d'apaisement, re- •onnues par les intéressés eux-mêmes, il est répondu tinalenent par une déclaration de grève générale, le ministre de la Marine rappelle que la sollicitude du iiouvernement de a Itépublique et tlu Parlement envers les ouvriers de la narine n*a pas cessé de se maintenir dans ces dernières innées.

Le salaire moyen a été augmenté de plus de quarante- ,'inq centimes dei)uis 1900 :

lia durée de la journée de travail a été abaissée à huit leur es :

La réglementation mii* la discipline intérieure a été idoucie :

Les revendications d'ordre prolessionnel formulées par es syndicats ont toujours été examinées avec le plus grand ioin et. à l'heure actuelle, on étudie encore s'il ne serait )as possible d'améliorer le réginu' des retraUes et celui les avancements ;

Mais la liépublicpie. précisément parce qu'elle remplit «on devoir vis-à-vis tics ouvriers, a le droit de leur tlenander. v\\ retour, de remplir aussi le leur vis-à-vis du )ays.

La question de la liberté d'oi)inion ou de la liberté de p.irole, en dehors de l'arsenal, n'a jamais été en cause, nais jamais un gouvcriuMnent ^rainuMl( digne iW ce nom

ne tolérera que des travailleurs assoeiés à l'œuvre de la délense nationale outragent les chefs qui en ont la lourde eliar,i>e.

Jamais il ne tolérera qu'ils tiennent publiquement dey propos qui ne tendraient à rien moins qu'à la destructioir de la diseii)line et de l'armée.

Jamais il ne tolérera surtout qu'ils abandonnent leui* travail, ce qui, de la part d'hommes chargés d'assurer de tels services, constituerait une véritable désertion.

Ceux donc qui fe t'aient grève sevdient considérés coninie\ ayant rompu eux-mêmes le contrat qui les liait à VEtat.

Ils seraient raijés des contrôles et perdraient tous leurs droits à être ré((dntis.

Kt c'est parce qu'il n'envisage pas sans douleur ces conséquences qui s'imposeraient forcément à lui, que le ministre de la 31arine, conscient d'avoir tout fait i)Our éviter de telles extrémités, adresse un dernier appel à la sagesse et au patriotisme des ouvriers, si inconsidérément engagés dans une aventure dont les elîets serraient i)lus graves que les causes.

Signé : Gaston THOMSOX

Le coinmiiiii(}iié officiel du ministre de la Mariiie n'était pas connu des ouvriers le 13 au soir, car ils; décrétèrent la désertion de Farsenal j)our le lendemain, et c'est au moment même où l'étendard de la| j»rèye était levé que M. Thomson intervenait. Au Sénat, le président du conseil, M. Kouvier, n'avait' l)aK été moins catégorie) ne : « J'ignore si la grève] des arsenaux se produira, avait-il dit, mais ai-j( besoin de déclarer que le gouvernement tout entiei n'admet pas que des ouvriers de l'Etat, employés à un service intéressant la défense nationale, puissent se mettre en grève ? »

L'effet de ces avertissements fut salutaire.

Malgré les ra])i)els battus de tous côtés, malgré les excitations furieuses des membres du conseil d'administration, Tadjoint Yibert devait constater) le mardi 14 novembre, que la grève était encore une fois comi)lèteinent ratée.

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Voici les chiffres exacts des grévistes, relevés lans les arsenaux et établissements de la marine :

Chrrhourg : 390 grévistes sur 4.000 ouvriers.

Jïrrst : GO 7 grévistes sur 4.995 ouvriers.

Lorienf : 1.164 grévistes sur 4.603 ouvriers.

Jiocheforf : 2.100 grévistes sur 2.600 ouvriers.

Toulon : 6.100 grévistes sur 6.500 ouvriers.

RuelJr : pas de grévistes.

f ndrrt ; 296 grévistes sur I.ISO ouvriers.

(iurrif/nj/ : 373 grévistes sur 783 ouvriers.

(V ([\\\ saute aux yeux, dès 1(^ premier examen de ette statistique, c'est que l'arsenal de Brest, d'où tait parti le signal de la grève, était celui où, projoitionnellement, le nombre des grévistes était le >lus réduit.

L'éclicc était pitcnix.

La lîourse du Travail, la municipalité (*t le con- (m1 d'administration furent atterrés. Travailleurs, 'iKMire est à l'action ! Evitez le piège qui vous est ['udii ! Kestez hommes I s'époumonait à crier le ito\(^n .Mùller, secrétaire général du comité du lort. ( "était i)urement prêcher dans le désert. L'adi)int Vil)ert, juclié sur les tréteaux de la lîourse du 'ravail, s'égosillait en vains discours, excitait les uvriers à n(^ tenir aucun compte des menaces du liiiistrc i\r la Clarine. lc<|iicb di^aii-ib (( n'a ])as le iroit <1(^ rom]>rc le contrat (|ui nous lie à l'Etat ». Vtte ])lirase était une trouvaille. l)'a])rès ce brave évolutionnaire, le droit de îoini)re le contrat de ravail serait le m(»no])ole de l'ouvrier : l'Etat, lui, lien (|ne ]>atr<>n en res]>èce, est obligé de Vespecî<'r i>\\s ses ennaiicmenis !

Le président du Syndicat indépendant, M. Gourion, fit afticlier nn avis anx travailleurs. Nous trouvons dans ce document certaines révélations qui produisirent sur la masse des ouvriers le plus salutaire effet :

Le comité d'action vous a dit que, dans tous les autres arsenaux, on marchait en masse pour la grève.

C'est farta' !

On vous a fait croire qu'à Indret il y a eu l.iOO grévistes contre êOO non grévistes, alors qu'en réalité il n'y a que i.iSO ouvriers dans cet établissement, et que 296 seulement n'ont pas réintégré leurs ateliers.

A Toulon, on vous a dit qu'il y avait G. 500 partisans de la cessation du travail, mais on ne vous a pas dit comment les agitateurs de Toulon s'y étaient pris pour obtenir un tel résultat, qui serait évidemment un succès très sérieux s'il n'était dû à un manque d:^ bonne foi et de loyauté de la part des meneurs.

En effet, des renseignements que nous possédons, et dont nous pouvons garantir l'authenticité et l'exactitude, il résulte que la dépêche du ministre de la Marine, placardée à Toulon, comme à Brest, dans la nuit du 13 au 14, a été lacérée par les rouges avant que les camarades aient pu la voir et la lire.

Pour atteindre leur but, les révolutionnaires de ToulDn ont agi de façon que leurs compagnons d'ateliers ignorent un document d'uns importance pourtant capitale, et qui devait avoir sur leur décision une intluence considérable.

Toulon avait donné en grand. Les Provençaux marchaient ainsi pour les Bretons qui ne bougeaient pas !

La journée du 15 fut marquée par une légère augmentation du nombre des chômeurs. Une statis^ tique profondément suggestive est celle qui fut dres sée dans tous les ports, et sur laquelle furent coi signés les cliiffres réels des grévistes et ceux que les' différentes Bourses' du Travail communiquaient à la presse. Les chiffres des Bourses du Travail étaient tons fortement majorés. Qu'on en juge plutôt

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