‹ Une ville sous le régime collectivisteChapitre 26 sur 32 · DESSERT · texte numérisé non relu

DESSERT

Fromage, fruits et gâteaux

Bordeaux vieux

Café

Liqueurs

Chartreuse, bénédictine, triple-sec, etc.

Cigares de la Havane, londrecitos

Bocks

Los iiiiiuieipaux u'oubliaient pas, ou le voit, de se soigner cougrûment. Ce menu fut publié lors cl'uu procès fait à l'un des adjoints, qui refusait de paver la note, par le traiteur intéressé.

Sous couleur d'hunianitarisnie, donc, les municipaux gaspillaient l'argent des contribuables.

Puis, lorsqu'ils voulurent se mêler de clioses artistiques, un nouveau trou se creusa, par lequel l'or des îhestois s'écoula comme en une sorte de tonneau des Danaïdes. Le Grand Théâtre constitue l'unique distraction offerte à la population. Comme tous les théâtres de province, celui-ci aUait cahin-caha, et ses directeurs joignaient péniblement les deux bouts.

On cite cependant des directionKS comme celle de M. Broussan, aujourd'lini co-directeur de l'Opéra de Paris, qni, à force de travail opiniâtre, réussirent à réaliser des bénéfices.

Les municipaux collectivistes voulurent être left maîtres du tliéatre ; ils or<>anisèrent une sorte de ré- ^i>ie bâtarde aux termes de la(j[uelle l'administration de la scène était entre leurs mains et échappait à peu près complètement au directeur réel. Il importait, en effet, de changer les mœurs théâtrales, de les approi)rier aux goûts du jour. M. Litalien, professeur agrégé au Lycée, adjoint au maire, fut délégué à ce service. Un cahicT des charges impossible fut imposé au concessionnaire de la scène. Il lui fallut passer par toutes les exigences les plus ridicules, les ])lus abiacadabrantes. Iai répertoire fut chambardé et, à la i)lace des ouvrages à su(!cès qui font recette, l'adjoint spécialisé aux lîeaux-xVrts ordonna des rei)résentations de i)ièces dites « sociales » — celles, notamment, où le bourgeois, le curé, le capitaliste, 1(» patron et Fofficier sont tournés en dérision et dépeints sous les couleurs les plus désobligeantes et les plus fausses.

L'effet fut désastreux.

La clientèie habituées déserta iinuiédiatement h' théâtre. Les places paj/coitcs se vidèrent peu à peu ; il en fut de même de hi caisse du directeur.

L(\s pièces sociaU'S avaient mis cm fuite les bourgeois. Afin (U' combler* h's trous, k» c^)ns(Ml uninici])al décida (pie rentrée gratuite et obligatoire serait accordée a chacun de ses meuibrc^s et comme ces (( membres )) amenaient géuéraleuient leurs amis et connaissances, toujours pour le même prix, la (juarantaine

théâtrale s'accoiitiia rapidement, et le résultat de cette miritique eombiuaison est tout eutier consigné dans un rai)port de l'adjoint Litalien, lu à la séance du conseil du 2() février 1907. Le rap])ort constate que (( Texpérience municipale n'a ijas réussi et conclut au vote d'un crédit de 20.000 francs pour combler le déficit ». J.e crédit fut voté, naturellement, parce (lue s'il ne l'avait i)as été, et comme on était eu pleine exploitation théâtrale, il eût fallu fermer les portes de l'établissement. Ces portes restèrent ouvertes, mais le public continua a ne plus venir, de sorte que le déficit réel a été double de celui annoncé par l'adjoint aux Beaux-Arts.

J.es recettes de l'Octroi subirent forcément le contre-coup du malaise général des affaires.

Lorsque nous affirmons que la gestion collectiviste a eu pour résultat d'affamer le prolétaire, d'obliger l'ouvrier à se priver des aliments les plus néc(\ssaires à sa santé et à celle de sa famille, nous n'avançons rien (}ui ne soit rigoureusement exact.

Le tableau reproduit ci-dessous est, à ce point de, vue, un précieux élément d'apx^réciation ; nous ei reconnnandons l'examen attentif aux économistes! et aux sociologues.

Résumé comparatif de la consommalion à Brest des viandosl fie boucherie proprement dites et des viandes chevalines pendant] les périodes des trois années 1901-1902-1903 avec les trois annéesi suivantes 190^-1903-1906.

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