SONS AVOINES
A^nnée 1901 4:24.545 kilogr. 1.395.600 kilogr.
Il y eut un autre contre-coup immédiat, c'est que le syndicat des A^oituriers augmenta sur-le-champ, et dans des proportions qui ne sont plus en rapport aA^ec les besoins modernes, le prix de location des fiacres à l'heure et à la course.
Nous avons vu, d'autre part, que l'adjoint Le Tréhuidic s'était signalé en proposant de surtaxer les savons et, en général, tous les parfums de toilette.Au r' janvier 1905, les taxes sur ces produits sont élevées de 0 fr. 15 le kilo à 0 fr. 24. La consommation baisse immédiatement. Alors qu'en 1904 elle était fie 2(),841 kilos, elle tombe, en 1905, à 20,037 kilos. Etant donné le peu de ])esanteur des articles de parfumerie, cette diminution est considérable.
Tous l(\s comnierces, toutes les industriels souffraient et souffrent encore de cet état de clioses. L(\s doléances sont générales. Elles furent «\ différentc^s reprises signalées dans les délibérations de la riiambre de comuKUve. A la fin de 1904, un rapport adres-
(A) 1''" aiinéii (l(>s aiignieiilaliinis des laxt's. Pour rvilt'i' l'ciï/l i\oces auf^mentations sur les « Fourrages ». les camionneurs porlfiit leurs éeuries dans les eommunes voisines de Lanibt'zellee, de Saint-Marc (>t, de Sainl-Pieri'<> (juilt)iiJ:n(tn. d'ofi ral>aisstMnenf dans Il cdnsonnnaljon locale (|ni l'st nt>llein 'Ut acct>nlu<'t> en l!>Ot'..
se i)ar le président de cotte Compagnie au préfet du FinistèT(» eontic^nt c'(^s lianes :
'l'oiitos l(^s inchislrii'^^ do noti'O région soufïronl ot envisagent l'aven il' avec inquiétuflc... T.(^ r(MU'h(M'is.soment du coûl tio la pi'odm'tion est tel qu(3 la diminution d'affaires (>st considc-rable... A toutes ces causes de dépression, il faut ajouter Tinsécuriti' des rues, envahies à toutes heure de jour (»t de nuit par des foules plus ou moins avinées. On comprendra que, dans ces conditions, le commerce de détail soit, lui aussi, itrofondément atteint. ,
Le 20 janvier 1005, le sons-préfet d(^ Brest préside la séance d'installation de la (Chambre de commerce. Le président, l'honorable M. Marfille, prononce un discours :
D'une enquête à laquelle je me suis livré, il résulte,] dit-il, qu'en 1903, il avait été enregistré à Brest 1.483 pro-J têts, tandis qu'en 1904, leur nombre s'élève à 1.729. Gett( progression n'indique pas une situation bien prospère.
On a dit et répi-té que, quand !e bâtiment va, tout va. Or, aujourd'hui à Brest, le bàtimfnit ne va plus, et il est difficile de prévoir le moment où les constructions reprendront...
Et il allait si peu le bâtiment, que les recettes d'octroi pour les nmtériaux de construction accusent un fléchissement considérable : en 1901, il entrait à IJrest des matériaux produisant une recette totale de 207.336 fr. 05. En 1906, ce chifere est tombé à 91.488 fr. 02. (1).
Lorsque nous prétendons que les ouvriers, les prolétaires, les salariés, ont été les premières victimes de la tvrannie socialiste et collectiviste installée à
(1) Nous ne com prônons pas dans ce relevé les produits des matériaux entrés pour la construction d'une forme de radoub, actuellement terminé?, d'ailleurs, et qui était un iravail loul h fait exceptionnel et momentanéi
riiôtel de ville, nous n'avançons rien qni ne soit appu3^é snr des chiffres, sur des statistiques absolument sincères.
Les grèves de 1904 et de 1905 eurent pour premier effet la fermeture immédiate de nombreux chantiers et le licenciement de centaines et de centaines d'ouvriers, jetés sur le pavé du jour au lendemain, sans pain. Beaucoup s'expatrièrent.
Nous avons demandé à l'un des principaux entrepreneurs de la ville de vouloir bien nous fournir, i\ ce sujet, des indications précises. A'oici dans (juelles proportions le nombre de ses ouvriers a diminué :
En 1902, cet entrepreneur embauchait environ 105 ouvriers par mois ; en 1903, 110 ; en 1904 (demiannée de régime collectiviste), 80 ; en 1905, 75 ; en 190G, 70 ; en 1907, 50. 8oit, aujourd'hui, la moitié moins qu'aA^ant l'élection du 8 mai 1904.
C'est que le bâtiment ne va plus à Brest, comnu* le déclare le président de la Chambre de commerce dans ses discours et dans ses rapports. Les chiff'res accusent ici encore une chute fantastique. Ceux que nous reproduisons ci-dessous ont été pris, nous ne saui'ions trop le répéter, dans les documents administratifs mêmes. Voici par année, depuis 1902, le nombre des constructions neuves :
1902 120 constructions
Lîi crise du bAtimenl, doiil loutc la i'es])onsal>ilité
remonte à la uriinicipalité et à la Bourse du travail, sévit à Brest avec une intensité effrayante. Elle se produit à une époc^ue où, pourtant, les capitalistes ont une tendance marquée à consacrer leurs économies à l'exploitation de la propriété bâtie. L'essor des constructions neuves a été complètement arrêté par les mesures fiscales iniques qui ont écrasé le contribuable. Les orateurs de la Bourse du travail et de la municipalité qui, avec tant d'ardeur, poussaient les malheureux ouvriers au chômage, ont vu leur désir exaucé, et bien plus qu'ils ne le pensaient. La i>Tève des patrons, dont ils riaient, s'est faite sans bruit, sans éclat, mais elle dure depuis trois ans, inexorable. L'argent mis autrefois dans la circulation se renferme soigneusenumt dans le bas de laine et reste improductif. Est-il besoin de démontrer plus abondamment (jne la première victime, et la plus douloureusement atteinte, du socialisme-collectiviste et révolutionnaire, c'est le salarié ? La preuve est produite au débat, et si les bras sont au repos, si les estomacs crient famine dans la demeure froide et nue du i)rolétaire brestois, où chercher les responsables, où trouver les auteurs de ce crime social, sinon i)armi les agitateurs de la mairie, de l'arsenal (»t de la ( \ (1. T. !
Sans doute, cela représente une grosse perte de bénéfices pour les entrepreneurs, — mais les ouvriers, aussi, sont profondément atteints et ce sont des salaires qui restent en dehors des portes de l'octroi, avec les matériaux (pii n'entrent plus.
Dans son compte rendu de l'année 1905, le président de la Chambre de commerce* insiste à nouveau sur la triste situation des affaires :
Les affaires commerciales, est-il constaté dans ce document officiel, ont été très affectées par l'effervescence qui a régné à Brest toute Tannée.
Le commerçant, ne vendant pas, n'a pas fait venir de marchandises, et la démonstration nous en est fournie par la Banque de France, dont les encaissements, qui constituent les 8/10 de l'ensemble de ceux qui s'effectuent sur la place de Brest, ont diminué dans le 2^ semestre de 490^ de près de 1.800.000 francs.
On voit la perte que le commerce de détail a subi de ce fait.
Et le présidont de la Chambre de commerce constate que l'inséciirité des rues et l'augmentation des impôts concourent à cette perte.
Même note dans le compte rendu des travaux de la Chambre en 1906 :
... Les affaii'es commerciales ont été très affectées par l'effervescence qui a régné à Brest pendant une notable partie de l'année.
Les commerçants en détail, faisant beaucoup de cr('di(s. ('prouvent de très grandes difficultés à opérer leurs recouviements, par suite du chômage qui prive un grand nom- }>re d'ouvriers de leurs salaires, chômage qui a été }>Iks important en 1903 que les années précédentes...
Les ouvriers sont les premiers et le ])lus gravement att(M*nts. Ils n'ont plus de salaires. Le boulnnger, l'épicier iw sont pas ])îi.vés. L'ouvricH' mange du cheval. L'ouvrier se sern» h» v(»ntre. L'ouvrier ne trouve plus à s(^ loger ]^arc(^ (pie le i)roi)riétaire, écrasé d'imjxMs, augmente d'aulant s(\s loyers. Et l'ouvrier n'a jîimîiis été si malheureux, si ])ativre, (]ue depuis i\\w ses ])rétendus amis, eiitiii au i)oiivoir, se sont api)liqués à améliorer son sort.
Le ])iix des vivres a, d'ailhMirs, augmenté (M)nsidévabhMuent.
En 190(), les r(\i>istres du lîuroan de Dienfaisanee aceusaient le eliitî're énorme de 23,584 assistés, soit 17,595 indigents ponr les secours divers et 5,989 pour Tassistance médicale «ratuite à domicile. Or, d'après le recensement du 4 mars de la même année, la population stagnante est à Brest de 71,103 habitants.
I^a ville de Brest a donc été ruinée par l'administration collectiviste-révolutionnaire, ruinée au profit de qu(^lle catégorie de citoyens ? Nous le demandons.
Certes, le bourgeois a été profondément étrillé, mais nul n'ignore que dans les périodes où le capitalisme souffre, le prolétariat pâtit davantage encore. Ainsi que le constate le télégramme adressé au ministre des Finances au mois de mai 1907, par la Ligue de Défense des Contribuables, les rentiers, petits ou gros, que des attaches de famille ou des intérêts absorbants ne retiennent pas dans la Cité socialiste, fuient à toutes jambes vers d'autres régions moins contaminées. Les directeurs des banques locales ont vu maints portefeuilles extraits de leurs coffres-forts de location pour n'y plus rentrer. Cet exode est l'une des causes principales du marasme commercial signalé h différentes reprises par les délibérations de la Chambre de commerce.
Lors des élections du conseil général, en juillet 1907, l'honorable M. Delobeau, sénateur progressiste, qui fut élu à une écrasante majorité, battant à la fois et du même coup un radical et un collectiviste — M. Delobeau résumait l'œuvre des révolutionnaires :
— Qu'ont-ils fait ? demandait-il. Quelles amélio-
rations ont-il8 apportées pour compenser les maux dont ils ont accablé la ville ?
Et il répondait à cette question par ces trois mots :
— Rien I Rien ! Rien !
Ils n'ont rien fait dans une ville où le prof>Tamme d'une municipalité vraiment réformatrice est pour ainsi dire illimité.
Ont-ils seulement essayé de faire quelque cliose^ en dehors de quelques combinaisons plutôt bizarres, tel certain traité avec une prétendue Hociété d'hygiène, dirigée par un faux médecin, poursuivi, depuis, devant les tribunaux pour usurpation de titres ; — tel aussi ce traité avec une soi-disant Société de Fri,i>'ori tique, traité déclaré nul et non avenu par l'autorité préfectorale ?... Et ainsi de suite.
La première condition d"hyi>iène dans les villes, c'est l'eau, l'eau pure pour la consommation, l'eau abondante pour le lavage des rues. Or, à Brest, où il pleut si souvent, le maire socialiste Aubert prenait, l'été dernier, un arrêté ])rivant la ])oi)ulation de l'usage des fontaines ])ubli(iues et particulières, pendant douze heures sur vingt-quatn» ! Aucune amélioration n'a été api)ortée à un régime des eaux défectueux, dangereux pour la sanié ]Mibli(|ue, durant les quatre années de tyrannie socialiste, collectiviste et révolutionnaire.
Les fortitications, \ icillcs nmiaillcs nauséabondes et pestilentielles, n'ont même ])as été entaillées, alors (ju'à LoricMil, \ille voisine, elles sont par terre del'mis deux ans.
(2uaut à l'hôpital, dont l'installation défectueuse
au centre (rnn quartier populeux éveille l'inquiétude du corps médical, h voir le peu d'empressement que les municipaux collectivistes ont apporté à l'améliorer on devine que ces farouches réformateurs espèrent y envoj^er quelque jour tous les bourgeois, tous les patrons, tous les capitalistes et tous les galonnés.