‹ Une visite dans les écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 14 sur 16 · LA LANGUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LA LANGUE FRANÇAISE

Question.—Au Manitoba est-ce que l'usage de la langue franeaise est permis partout ?

Réponse —Quand le Manitoba est entré |

dans la confédération, voici la clause qui fut

. sanctionnée par le parlement d'Angleterre pour la protection de la langue française :

D \ Clause 28 : ‘ L'usage de la langue fran-, EX aise ou de la langue anglaise sera facultatif dans les débats des Chambres de la Légise * Jature, mais dans la rédaction des Archives, . t … D procès-verbaux et journaux respectifs de ces Q © chambres l'usage de ces deux langues sera 8 | obligatoire et dans toute plaidoirie ou pièce n } de procédure par devant les tribunaux, il t pourra être également fait usage à faculté it | de l’une ou de l’autre de ces langues. Les di À Actes de la législature seront imprimés et e publiés dans ces deux langues.” . Voici une clause bien claire, n'est-ce pas. K R * Laissons parler Monseigneur Taché dans son

mémoire au gouvernement d'Ottawa.

‘“ La rédaction de cette loi est certainement parfaitement claire, le sens en est évident et tout-à-fait intelligible ; il ne peut pas y avoir deux opinions sur sa signification véritable. Eh bien ! qu'est-il arrivé ?

Le Gouvernement local de Manitoba, malgré ce Statut fédéral si clairement éxprimé et au

mépris de la sanction donnée à ce Statut … fédéral par le Grouvernement Impérial ; oui,

le Gouvernement de Manitoba a proposé et

la “uajorité qui l’appuie a voté ce qui suit: … ” à ‘ Nonobstant tout statut ou loi contraire, 5:58 t * la langue anglaise sera seule en usage dans à ll la rédaction des Archives et des journaux q pour l’Assemblée Législative pour la pro: Ho vince de Manitoba et dans toute plaidoirie h… à ou pièce de procédure émanant de toute R.\ y, cour de la province de Manitoba.” 1.10 ‘ Les actes de la législature de Manitoba | ne devront être imprimés et publiés que : h dans la langue anglaise.” OO fr Monseigneur Taché ajoute : le lieutenant- ® h pr gouverneur sanctionna ce projet de loi : »:

quelqu'inconstitutionnel et injuste qu'il | cs

iût et il est entré au livre de nos statuts … sous la désignation 53 Victoria, chapitre. :

14. Ainsi, vous voyez, amis lecteurs, que le gouvernement de Manitoba n'est pas tendre pour la langue française. En dépit d’une convention écrite, d’un acte impérial qui nous garantit l’usage de notre langue, monsieur Green way a fait passer l’odieuse loi que vous venez d'entendre.

Ceci rous prouve que la langue française ne sera pas en honneur dans les écoles. En effet, un journal de Winnipeg considéré :

* qu'il aurait une ovation ? Vous- répon-

DU Le

comme l'organe du gouvernement avertit

ses lecteurs anglais de ne pas craindre l’article du règlement qui permet d'enseigner le français quand il y a des enfants français qui le demandent, car, dit-il, le français sera enseigné selon le système bilingue c'est-àdire que pour ceux qui ne comprennent pas l'anglais, on traduira quelques phrases en français.

Question.—Mais quel est donc le gouvernement qui a aboli l’usage de la langue française dans toute plaidoirie ou pièce de procédure et qui ne veut pas que les actes de la législature soient imprimés en fran-

çais?

Réponse.—C'est le gouvernement Greenway.

À Question.—Est-ce le même Greenway qui a été.fêté à Montréal et applaudi par quel-

ques canadiens-français ?

Réponse.—Oui, c’est le même. Supposons maintenant que le gouverne-

. ment de Québec passe absolument la même loi contre l’usage de la langue anglaise dans

cette province et que le premier ministre aille se promener à Toronto, croyez-vous

LUE de

drez qu'il serait sifflé, hué partout par les . citoyens anglais outragés dans leur droit de. parler la langue qu’ils ont apprise sur les genoux de leurs mères. D’un bout à l’autre du Canada, il y aurait des assemblées de protestation et les élections générales ne se feraient que sur cette question. Les grits et les tories ‘ seraient tous d'accord. Et nous, canadiensfrançais, nous ne dirions pas un mot, nous subirions cet affront sans rien dire...

Je ne le crois pas...

Permettez-moi d'espérer que le peuple canadien n’en est pas encore rendu là.

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