SUR UN
(t tàmes dans le wagon, parce que nous « n'avions que faire d'un cadavre. Je ne « me couchais plus jamais. J'avais trois « trains en gare, quand un commandant « pénétra dans mon bureau ; « Le gé- « néral de Failly veut partir tout de « suite. » Tout de suite I comme il y « allait I II fallait attendre le retour de « la locomotive de renfort, et d'ailleurs « je ne pouvais faire passer un train de « queue avant les deux qui le préci cédaient. « Laissez-moi, dis-je à ses « instances, je suis ici chef de service « et responsable. » Le général vint lui- « même. C'était un petit avec la tête dans « les épaules. Je le vois encore. Je lui <r répétai mes explications. « Est-ce que « je ne pourrais pas pénétrer dans le « premier train ?» me dit-il. — « Il y a t un wagon de première classe» — € Faites descendre les officiers ». Ce « n'était pourtant pas mon afifaire I II « s'en chargea. Les officiers étaient « furieux; il fallait les entendre, lui « parti et quand ils demeurèrent sur le c quai ! »
On m'a dit : « Le général de Failly, un bossu ! Ce portrait n'est nullement exact. Votre chef de gare n'a pas vu le général de Failly. » Mon chef de gare ne m'a pas menti, mais il superpose à l'image qu'il a enregistrée l'imagination qu'il se fait d'un vaincu. Ah ! s'il avait vu Napoléon ler^ quelle taille, quelle noblesse il donnerait au « grand empereur » qui, exactement, était un « pot à tabac ». Tenez, Victor Hugo ! Vous imaginez, et moi aussi ^imagine, une divinité vigoureuse. Eh bien I je l'ai vu, c'était un petit breton, avec des jambes courtes.