LE PAYS
(Dédié aux Princes d'Orléans).
A l’enfant arraché de son nid dès l’aurore,
A cette âme naïve, à ce cœur qui s’ignore. Nommez le sol béni qui vit ses premiers pas. Soudain, le front penché se recueillant tout bas. L’innocent reverra le palais ou le chaume.
Les jardins, la prairie, et tout ce cher royaume, Témoin de ses ébats, de ses jeux, de ses ris... Et son premier regret sera pour le pays l
A nos braves soldats qu’un zèle saint enflamme. Demandez quel mirage est venu dans leur âme.
Au bruit de la mitraille, à l’appel du canon,
Passer comme un éclair, céleste vision!...
A nos jeunes conscrits, quand vous criez : aux armes!... Ah! demandez pourquoi soudain deux grosses larmes. Font un instant briller leurs regards attendris...
C’est qu’ils ont cru revoir le clocher du pays! -.
Ah ! c’est à vous surtout qu’un décret arbitraire Rivait depuis vingt ans à la terre étrangère...
A vous dont le grand cœur n’eut jamais de courroux, Qui vous fîtes soldats pour combattre avec nous...
A vous, nobles proscrits dont la bonté sublime Pour des sujets ingrats, fut hélas! le seul crime...
A vous qui revenez aux rivages chéris,
Qu’il faut, les bras tendus, crier : c'est le pays !
Mais malheur à vous tous qui n’avez d’autre gloire Que de nier toujours, qui ne savez- plus croire- •
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Quand l’âge, sans pitié, sceptiques, vils néants!... Aura, sur notre front, placé des cheveux blancs. Qui vous consolera des heures envolées?
Qui voudra remonter le cours de vos années.
S’il ne doit y trouver que vide, parti-pris?...
Si rien ne vibre en vous à ces mots ; le pays'.
Juin 1871.
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