‹ Une voile a la mer poesiesChapitre 7 sur 57 · LA VOILE ÉGARÉE · texte numérisé non relu

LA VOILE ÉGARÉE

Aux feux naissants du jour, quand la vague étincelle. Avec un chant joyeux s’embarque le pêcheur ;

Le flot qui vient gémir autour de sa nacelle Mêle sa voix plaintive aux refrains du chanteur.

Et bientôt le nocher glisse léger sur l’onde,

* Laissant, comme un adieu, son sillage éclatant....' Puissent les flots trompeurs, image de ce monde. Rendre le nautonier à ceux qu’il aime tant. . . .

— sevrai fils de l’Océan, c’est là qu’il se sent vivre, Sa voile est un abri sous le ciel radieux ,

Où plus d’un rêve d’or le transporte et l’énivre , En lui montrant de loin le pays des heureux !...

Il entrevoit déjà le séduisant rivage Où fleurissent toujours et fortune et bonheur. Sa main va les cueillir, hélas ! ce beau mirage Soudain a disparu comme un songe menteur.

Tandis qu’il poursuivait sa brillante chimère , L’insensé n’a pas vu l’horizon s’obscurcir.

Et maintenant, poussé par une brise amère,

Il lui faudra lutter et peut-être mourir....

Pitié, Dieu tout-puissant I pour la voile égarée Loin du chemin tracé par tes décrets divins.

La gloire est une fleur immortelle et sacrée Et pour la conquérir tous les périls sont vains.

Oublieux du danger, sur la vague rapide,

L’homme vient en chantant abandonner son sort.

Il se laisse entraîner par le courant perfide

Qui le conduit un jour vers l’oubli, vers la mort !...

Janvier 65.

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