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QUI ARRACHE LES AILES DUNE MOUCHE

Ali! le vilain eiifam, qui, le rire à la bouche,

Méchant sujet !

Casse l'aile d'argent d'une petite mouche

Qui voltigeait.

l'iîurtant nous l'admirions cette mouche folâtre,

Fille des airs, Si; jouant au soleil comme un phalène à l'àtre

Des noirs hivers.

Le petit insensible est plus tard me'chant homme,

Objet de pleurs !

Quoi ! petit meurtrier, vous grossiriez la somme

Des mauvais cœurs !

Si votre cruauté provient de l'ignorance.

Apprenez donc Que tout ploie ici-bas, au gré de la souiVrance :

L'homme est un jonc;

Que sentir, c'est souffrir. Pour cette pauvre liét'-

Clouée au sol, Vous êtes la douleur qui, bruyante ou niuetl'-.

Brise son vol.

Tout s'est enfui depuis la chute de ses ailes :

La liberté.

Les courses dans l'espace et les brises nouvelles

Aux jours d'été.

Heureux fils, vous avez les cerises vermeilles.

Les longs chemins.

Les airs, les champs, le nîiel, des (leurs et des groseillf<

A pleines mains.

Vous volez dans les liras d'une mère chérie.

Tout triomphant ; Vous la suivez partout : aux bois, dans la prairii'.

Heureux enfant !

Pavivre mouche ! à cette heure il n'est plus rien jiour elle

Xi fleurs, ni miel ; Plus d'air, plus de soleil, plus de voix qui l'appelle ;

NI champs, ni ciel.

A présent elle rampe, i-lle qui, gracieuse

Et bourdonnant.

Sur la vitre courait vive et capricieuse

A tout venant.

Vous avfz mal agi: tout sert dans la nature,

Triste ou joyeux.

(^Uflquelbis un insecte, errant à l'aventure.

Distrait nos yeux.

Nos yeux que la douleur, aux longs soirs d'insomnie.

De pleurs noyait.

Du sourire ont suivi la turbulente amie

Qui tournoyait.

Ali .' le vilain enfant, qui, le rire à la bouche,

Méchant sujet !

Casse l'aile d'argent d'une petite mouche

Qui voltigeait.

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