JOSÉPHINE
Écrit sur les remparts, bastion 43 [Saint-Oiien).
Décembre ISTO.
De nos canons vengeurs c'était ^a perle fine. Sur les rempart? glacés assise crânement, On la nonnnait ainsi : « la Belle Joséphine », Laquelle en promettait au soldat allemand.
Magnifique objet d'art! Cette machine énorme. Tout Paris accourait la voir sur son afïùt, Menaçante, luisante, élégante en sa forme, Bien qu'elle eût l'embonpoint bachique d'un vieux fut.
Pas un canon prussien ne venait à sa taille.
Nos bourgeois, croyant ça, dans l'orgueil s'enivraionl.
Joséphine ! C'était la fin de la bataille ;
Joséphine! C'étaient les portes qui s'ouvraient.
Et c'était la trouée... au venire ayant la foudre. Au feu de ses e'clairs, la plaine s'allumait. La gaillarde avalait cinq cents kilos de poudre, Comme on avale un bock, sans avoir son plumet.
Les outils Krujjp n'osaient plaisanter avec celle Qui portait le tonnerre enfermé dans son lîanc. Nos marins la menaient comme une demoiselle. Par peur de l'abimer, on la chargeait à blanc.
Même, on l'enveloppait d'une superbe housse... Ht quand on l'entendait hurler dans les frimas: — C'est, disaient les badauds, Jose'phine qui tousse ! Joséphine toussait, elle ne crachait pas.