‹ Une voix d'en basChapitre 18 sur 96 · L'ORAGE · texte numérisé non relu

L'ORAGE

Alerte! l'ouragan, terrible, se déchaîne !

En couchant les épis sous sa fougueuse haleine !

Le ciel est noir.

Avant ce soir, La pluie inondera la plaine immense et verte; L'édair fend Thopizon, voyez, alerte, alerte !

Chacun prend le chemin qui ramène au village, Et le chien du bouvier arrache au pâturage Les graves bœufs

Qui, Curieux, Soulèvent, sous leurs pas^, d'épais (locons de poudre, Mêlant leurs beuglements au bruit sourd de la foudre ;

Les chèvres, les brebis, descendent la colline; Sous l'éclair qui jaillit, le vieux berger s'incline !

L'elTroi s'accroît.

Et, sous son toit, La famille , à genoux , adresse une prière Au Seigneur qui l'entend à travers son tonnerre.

De larges gouttes d'eau se brisent au feuillage , Et font , en le battant, se courber le branchage.

Plus de concerts,

Aux champs déserts !

Commelhomme aujourd'hui tout tremble et se recueille: La cigale, dans l'herbe , et le nid sous la feuille.

Et devant le chaos la terre fait silence.

Mais où va cet oiseau? dans l'espace il s'élance ;

Prompt comme un trait ,

Il disparaît , Tremblant , las et mouillé , dans l'épaisse charmille D'oii sort, à son approche , un doux cri de famille.

Pauvre fauvette , quoi ! voler pendant l'orage!

N a-t-elle pas trouvé de l'herbe , un peu d'ombrage?

Elle, en passant ,

Qu'un coup de vent Pourrait tordre et broyer, ainsi qu'une éphémère î Pourquoi braver la foudre, enfin ?.. .C'est qu'elle est mère !

A M. LUËRIIili\lËR.

A MONSIEUR LHERMINIER,

EN ntPONSt \ SON ARTICLE IMITULK

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