MORALE A MA FILLE
Venez ici , petite lille , Asseyez-vous sur mes genoux ; Certes , vous êtes bien gentille, Mais trop coquette entendez-vous?
Quoi! vous avez trois ans à peine , Et déjà l'or plait à vos yeux!
Puis, sur votre jupe de laine Vous portez un œil dédaigneux.
Je blâmerai l'ami coupable
De vous avoir fait ce présent :
Non? songez qu'il est responsable De ce germe d'orgueil naissant.
N'est-ce point assez d'être belle, Pour piquer votre vanité?
Sachez que l'or, mademoiselle , N'ajoute rien à la beauté.
Regardez plutôt votre mère Qui , vers nous , vient en souriant ; On l'aime , à tous elle sait plaire , Sur ses doigts voit-on un brillant?
L'amour du luxe nous perd vite, Mon enfant , c'est un feu follet , Qui , dans le mal , nous précipite , Quand, à le suivre, l'œil se plait.
Je briserais , dans ma colère , Ces bijoux qui vous plaisent tant , Si l'amitié que je révère Ne vous en avait fait présent.
Les yeux fixés sur cette glace Sans cesse vous vous admirez ; En vérité mon sang se glace,
Oli ! mon enfant, vous vous perdez!
(Juoi ! vous souriez quand je gronde ! Eh bien ! oui , j'ai tort , après tout , C'est juste , chacun , dans le monde , Kit de qui blâme notre goût ; Que veux-tu? la peur déraisonne.
Pauvre père , je crains pour toi , Ce lléau qui , chez tous moissonne , Je crains.... folie! embrasse moi.
Ce petit baiser me rassure , ♦
Combien il est suave et doux , Enfant , vous serez toujours pure , Soupçons, terreurs, éloignez-vous.
Le présent me remplit de charmes, Pourquoi venez-vous le ternir ?. .
L'homme a-t-il donc besoin de larmes, Qu'il les cherche dans l'avenir !
Fais grâce à mon humeur maussade , En vérité , j'en suis honteux ; Voilà bien un cerveau malade Que trouble un cauchemar affreux.
Mon enfant rit ; je la rudoie , Sans crainte d'outrager le ciel , Dans le charnie où son cœur se noie Imprudent , je répands du fiel.
Envers toi mes torts sont insignes , Fou , je te prêche gravement , Prédisant, en de tristes lignes.
Sur ta joie un mauvais penchant ; Mais on est homme , on se croit sage , Et la raison sonne l'éveil , Doutant qu'à travers le nuage , Plus tard , brillera le soleil.
Vive et légère , va , cours , saute; Fais briller tes jolis pendants ; Ne crains pas que je te les ôte , De mes soupçons je me repens.
Allons, ma voix n'est plus sauvage, Et pour te la faire oublier, Puisque tu m'as su rendre sage Demain , je t'achète un collier !
DEIX PRÉTFJDA^TS.
uïJMmm.