‹ Une voix d'en basChapitre 5 sur 96 · LE BOIS · texte numérisé non relu

LE BOIS

Oh ! vous , pauvres puissants , que l'étiquette enchaîne

Allez au bois; Et là, vous entendrez, assis sous le vieux chône.

De douces voix.

Muet comme l'extase, et caché sous l'ombrage.

Le soir j'entends Les amours de l'oiseau , les amours du feuillage ,

Avec les vents.

Tout est ravissement , dans ce paisible asile ;

Du rameau vert , De l'herbe, de la mousse, et du genêt fertile ,

Sort un concert.

Là, la fleur dit à l'air, alors qu'elle se penche :

« Caresse moi ; »

Et l'air répond, plongeant dans la corolle blanche :

« Je suis à toi ! »

Le brillant scarabée , en sa robe superbe ,

Appelle aussi , Une voix lui répond , sur le bout d'un brin d'herbe :

« Viens , me voici ! »

Furtif, sur le gazon, à travers le feuillage,

Le soleil luit, Glisse de branche en branche*, anime le bocage ,

Qui lui bruit.

Dans la tranquillité , vers une fleur agreste ,

On voit encor Le soyeux papillon qui, gracieux et leste ,

Prend son essor.

Et le fol, caressant la tête qui s'incline

Sur son rameau , Entend balbutier à la fleur enfantine :

« Vous êtes beau ! »

Voyez l'abeille, dans l'aubépine embaumée ,

Qui s'enfouit ; Du fond d'un pur calice , elle sort parfumée ,

Bourdonne et fuit.

Écoutez ! écoutez ! du fond du taillis sombre ,

Où seul j'accours, Ces chants mystérieux , qui s'échappent de l'ombre ,

Amours! amours!

Oui , là , vous oublierez de ce fa^ste inutile ,

L'éclat pesant , Les cris delà terreur, les pavés de la ville ,

Houges de sai^g [

Pour moi , j'aime à rêver à la douce innocence ,

Au bois profond , Où l'esprit , qui se plaît dans un muet silence ,

Devient fécond.

J Tommes contempla tifs, la nature est un livre,

A vous offert; Cherchez, dans ses feuillets, la Heur qui vous enivre.

Il est ouvert !

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LE VIEIX CHATEAU

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