‹ Une voix d'en basChapitre 62 sur 96 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DUBOIS, CARNUT.

DUBOIS

Ils ont toute la nuit rôdé sur cette place ; L'un des deux parlait fort et jetait la menace En désignant l'hôtel ; l'autre, son compagnon. Semblait le retenir. De temps en temps un nom Que l'on prononçait mal et d'une voix sauvage. Que saccadait encor les transports de la rage, Arrivait jusqu'à moi...

CxiRNUT.

Te le rappelles-tu ?

DUBOIS

Pas positivement , car j'ai mal entendu.

CARNUT.

Dis à peu près...

DUBOiS.

Sara, je crois...

•■\H2 CAKXUT.

C'était son père; Nous avons eu grand tort de laisser fuir la mère. Dire qu'il ne fallait qu'un seul coup de poignard Pour nous en délivrer. Or çà, que fait Bernard?

DUBOIS

Hier, il s'est sauvé ; je sus en confidence Qu'il redoutait beaucoup d'aller à la potence.

CARNUT.

Hâtons-nous de rentrer, enfants, voici le jour.

DUBOIS

Avec anxiété j'attendais son retour. . .

CARNUT.

J'oubliais; monseigneur va quitter sa retraite, •

Toi, fais sortir Sara par la porte secrète ;

Moi, je vais près du comte ; agissons prudemment,

Qu elle en sorte sans bruit, surtout que cette enfant

Ne te découvre pas ; cache-lui ton visage.

Et qu'elle ignore enfin jusques à son passage.

DUBOIS

Est-ce tout ?

CARNUT.

Oui, rentrons.

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