A SA GRANDEUR MONSEIGNEUR FABRE, A SON RETOUR DE ROME
MONSEIGNEUR
C'était pendant la nuit, un sommeil plein de charmes Auquel, sans nul combat, j'avais cédé les armes,
Sur les ailes d’un songe emportait mon esprit.
Mon œil ne voyant plus que de loin les campagnes; Le songe s'élevait plus haut que les montagnes
Vers le cercle brillant que le soleil décrit.
Déjà du Canada s’enfuyaient les rivages,
Les vagues de la mer, coursiers blanc et sauvages Sous mes pieds secouaient leurs longs crins écumants : La course des vaisseaux se traînait paresseuse ;
Je les dépassais tous, rapide voyageuse,
Mon coursier m'er “ortait plus vite que les vents.
Bientôt, sous un ciel sombre, une nouvelle terre A mes regards parut. Salut, noble Angleterre ! Je contemple en passant ses palais et ses tours. Puis le brillant tableau derrière moi s’efface ; Déjà nous avons fui: et mon œil dans l’espace Des rivages de France aperçoit le contours.
France ! France! c’est elle! Arrête, 6 brillant rêve! Permets-moi de baiser, en passant, cette grève, Qu'ont foulée autrefois les pieds de mes aïeux.
Cette grève ou je vois les pas de Marguerite Cherchant avec ardeur le vaisseau le plus vite,
Et pressant le départ de sa voix, de ses vœux,
Le songe n'attend pas : il ne sait pas entendre Ni mes cris répétés, ni mon vœu le plus tendre, Paris ! voici Paris, la reine des cités !
Passons... Dans le lointain, les Alpes élancées Portent jusques au ciel leurs cimes argentées ; Nos pas, par ces géants, ne sont pas arrêtés,
gars