‹ Une voix d'outre-tombe [microforme]Chapitre 4 sur 116 · LE SÉJOUR · texte numérisé non relu

LE SÉJOUR

C'était elle, en effet, notre France chérie:

C'était elle, c'était la terre de Marie !

Vers elle soupiraient nos cœurs de pèlerins ; Nos cœurs d'enfants venaient lire dans ses chemins De nos nobles aïeux les traces glorieuses, Et réchauff:r notre âme à leurs cendres pieuses. On aime tant la France, en notre Canada, Qu'en la voyant ce cri de nos cœurs éclata :

Vive la France!!! “ Et chacun oublia sa peine et sa souffrance. ‘à

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Car nous étions rendus. Plus de mers devant nous : #4 Le ciel brille plus pur; le vent souffle plus doux. ee Hâtons-nous, pèlerins, la Vierge nous appelle ; ÿ

Emportés par l'amour courons, volons vers Elle! Sur le sol paternel la brûlante vapeur 4 Sembla, plus que jamais, seconder notre cœur. ‘4 Nos Ave Maria coulaient pleins d’allégresse ;

Nous chantions de bonheur, nous pleurions de tendresse, : Et nos mains caressaient ces voitures de feu, 4 Qui, si promptes, allaient nous porter au saint lieu. : Paris nous arrêta.... La grande Capitale

Ne nous vit point courir les plaisirs qu’elle étale. Pèlerins, nous avions de bien autres attraits :

Nous voulions payer Dieu de ses nombreux bienfaits. Au sein de ce Paris, des cités la première,

Il est un temple saint, antique sanctuaire.

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L'amour reconnaissant de nos fervents aïeux Avait bâti ce temple à la Reine des Cieux.

Sous les arceaux bénis de cette maison sainte, Notre histoire naquit. Dans cette même enceinte, Devant ce même autel, berceau de Montréal, Nous voulions dire à Dieu notre hymne triomphal ; Chanter notre cantique à la Vierge chérie,

Lui présenter l'amour de sa Villemarie.

Nous croyions près de nous, sous ces sacrés parvis, Voir nos pères revivre et saluer leurs fils.

Puis, au mont des Martyrs notre pèlerinage

Fut au cœur de Jésus offrir son humble hommage. De ces hauteurs notre œil contemplait la cité Perdue dans la vallée : et dans sa majesté,

La croix la dominant de ses splendeurs divines, Comme un arbre géant croissant sur des ruines. Nous te vimes aussi, le soir de ce beau jour, Pontife, de Paris et l’orgueil et l'amour.

En nous du Canada ta main bénit l'Église :

A notre âme tu dis: reste ferme et soumise ;

Et, conservant toujours ta chère liberté,

Marche vers l'avenir avec calme et fierté.

Le lendemain nos cœurs, ô Dame des Victoires, Tombaient à tes genoux et célébraient tes gloires : Puis appelant sur nous ton maternel secours, Nous allions à ton Fils porter nos vœux à Tours. Tours nous vit à genoux devant la sainte Face ; Tours nous vit implorer de Saint Martin la grâce ; A celle qui fonda le couvent de Québec

Tours nous vit présenter prière, amour, respect. Avec peine on quitta le petit sanctuaire

Où le saint homme (*) avait trouvé le ciel sur terre. Lourdes nous appelait...il était nuit...Aux cieux, Étoile du matin, parais, brille à nos yeux !......

() M. Dupont, surnommé le saint homme de Tours.

Elle entendit notre prière ; Et quand se leva la lumière, Nos yeux des monts pyrénéens Saluërent les pics lointains.

Comprenant notre impatience, Les chars dévoraient la distance ; Et le soleil avait fait le quart de son tour, Quand on nous dit: Voici le pays de l'amour ! Le pays où l'amour immense Abaissa le ciel jusqu’à nous :

Le pays où dans le silence, La Vierge vient parler à tous.

Je me sens pris d’un saint délire :

Battez, mon cœur ; pleurez, mes yeux ; Chantez, ma voix |! je sens l'empire D'un transport qui me vient des cieux.

C’est donc ici, Vierge Marie, Que votre bergère chérie Vous vit dans le rocher béni, Comme une colombe en son nid !

Laissez nous dire notre hommage Bien près, bien près de votre image, Et que rien ne vienne troubler L'amour qui nous fait palpiter.

Rien ne troubla nos cœurs : les foules écoulées Nous laissaient seuls près d’Elle, en ces saintes vallées. Qui dira les douceurs des baisers maternels !

Qui dira notre ivresse à ses pieds immortels !

Quand nos premiers regards vers le creux de la pierre Portèrent à son cœur notre ardente prière,

Elle était près de nous, souriant à nos vœux :

Nos cœurs sentaient son cœur les brûler de ses feux. Sous le charme nos voix éclatent en louanges. Et chantent ce cantique à la Reine des Anges :

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