ADIEUX 4 VILLA-MARIA
Avant de nous enfuir, au moins permettez-nous
D'’en graver en nos cœurs l’impérissable empreinte.
Mes sœurs, vous souvient-il de ce jour précieux
Où la fille des Rois, l'excellente Princesse,
Vint arrêter sur nous son regard gracieux,
Et sourire un moment aux chants de notre ivresse ?
L'hiver en vain partout étendait ses rigueurs ;
La sève en vain dormait sous un linceul de glace,
L'amour fit, dans nos mains, s'épanouir les fleurs ;
Parmi nous de l'hiver le printemps prit la place.
Les festons se croisaient dans ce salon d'honneur :
| Les roses s’enlaçaient en ‘ouquets, en corbeilles ; Et d’un soleil d'emprunt ‘éclatante splendeur Donnait un nouveau charme à toutes ces merveilles. L'harmonie, à grands flo s, coulait de toutes parts, Avec elle chantait l’aimable poésie :
| La princesse admirait, et ses tendres regards
| Disaient les doux pensers de son âme attendrie.
Je reviendrai......Tel fut son dernier mot. Mes sœurs,
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| Quand elle reviendra, vous lui ferez cortège...
Pour nous de ces beaux jours vont finir les douceurs,
| | Loin de notre Villa que le bonheur protège...
| Mais de ces doux moments qui vont s’évanouir N Nous garderons au cœur l’aimable souvenance ; P Et par le cœur aussi nous reviendrons jouir N
Des beaux jours dont le ciel est prodigue à l’enfance. à Il
| Vous nous rappellerez quand le beau mois de Mai 4 A
Convoquera vos cœurs aux pieds de la Madone : f À
| Quand, les fleurs à la main, d’un cercle parfumé |
Vous viendrez chaque soir l’entourer sur son trône ; Pour entendre vos chants vous nous rappellerez ; FA Je
Pour mêler notre voix à vos pieux cantiques ; L Pour écouter les vœux que vous lui redirez ; FE A
Pour vivre sur son cœur, sous ces aimés portiques.
Surtout lorsque viendra la fin de son beau mois,
Pour offrir avec vous nos guirlandes de roses,
Vous nous rappellerez ; dociles à vos voix
Nos cœurs pour revenir oublieront toutes choses. Parmi vous, chères sœurs, nous reprendrons nos rangs, En chantant, nous irons à l’autel de Marie,
Les mains pleines de fleurs, et sous nos voiles blancs, Le cœur battant d'amour pour la Vierge chérie,
Vous nous rappellerez à chaque jour béni
Où vous voudrez fêter un bel anniversaire .
Où pour un bienfaiteur ou pour un cœur ami
Vous redirez les vœux d’un cœur tendre et sincère. Vous nous rappellerez quand nos petites sœurs
Pour la première fois iront au Tabernacle :
Nous viendrons de ce jour partager les douceurs
Et chanter avec vous le plus divin miracle.
Vous nous rappellerez quand votre cœur aimant
Tour à tour fêtera chacune de nos mères,
Pour chanter leur amour, leur tendre dévouement, Nous reviendrons vers vous des plus lointaines terres. Vous nous rappellerez, quand sous les bois épars
Vous irez goûter l'ombre ou jouer au bocage,
Nous reviendrons chercher une goutte de paix,
Et délasser nos pieds fatigués du voyage.
Nous reviendrons...mais non, nous ne reviendrons plus; Pauvres feuilles qu’au loin vont semer les tempêtes ! Nos rêves de bonheur sont vains et superflus ;
Il nous faut faire ici nos adieux à vos fêtes !
Adieu ! donc, doux asile ; adieu ! bosquets fleuris ; Adieu ! nos jeunes sœurs ; adieu ! saintes maîtresses ; Que vos jours soient heureux, que vos jours soient bénis ; Nous partons ; mais nos cœurs vous laissent leurs tendresses, Jamais nous n’oublierons le bonheur de ces lieux ;
Les leçons du couvent règleront notre vie ;
Et nous voulons un jour, au rendez-vous des {ieur, Avec vous, mères, sœurs, chanter Ville-Marie !