‹ Une voix d'outre-tombe [microforme]Chapitre 44 sur 116 · ADIEUX AU PENSIONNAT NOTRE-DANIE · texte numérisé non relu

ADIEUX AU PENSIONNAT NOTRE-DANIE

Partez, petits oiseaux, votre cage est ouverte : Allez chanter aux prés, et sous la feuille verte.

On m'a dit que depuis longtemps

Vous appelle le doux printemps.

Partez sans nul souci, sans nulle inquiétude ; Laissez-nous le chagrin, la triste solitude :

Trop restrcints étaient vos ébats ;

Volez sous de larges climats.

Entendez-vous là-bas, apportés par les nues Des appels répétés par des voix bien connues ?

On vous veut au nid paternel :

Et notre cœur n'est pas cruel...

Vous savez cependant combien notre tendresse

À chacun de vos jours prodigua la caresse ; Combien pour nos petits oiseaux Nous rêvions jours sereins et beaux !

Si parfois s'élevait quelque sombre nuage,

Sur notre cœur, nos mains cachaient notre plumage,

Et nous supplions le soleil

De vous rendre son front vermeil.

Quand languissaient vos voix, et que la mélodie Menaçait de finir dans la cage bénie ; Pour soutenir vos airs si doux.

Nous venions chanter avec vous, Quand sur vous s'épandait une rosée amère Quand un pleur dans votre œil perlait sous la paupière, Un ange écartait le chagrin Et semait de fleurs le chemin.

Peut-être il vous souvient de ces pieuses fêtes Où ie Seigneur parlait, où parlaient ses prophètes ; Petits oiseaux de Saint François, Comme vous écoutiez leurs voix |

L'ÉLERGSÉ ace

Il vous souvient aussi des jours chers à Marie, De tout un mois d'amour, de fleurs et d'harmonie : Chaque nuit un charmant bonsoir Nous faisait rêver au revoir.

Et comment oublier vos luttes littéraires, Ces tournois à la plume où, sous l’œil de vos Mères, Sans faire ruisseler le sang Vos cœurs briguaient le premier rang !

Et ces petits festins pleins de joie ineffable, Où de bien douces mains dressaient, chargeaient la [table ; Ces fruits et ces gâteaux si doux, Petits oiseaux, y pensez-vous ? Pensez-vous à ces jeux, ces chansons, ces histoires, Qui de plus durs travaux délassaient vos mémoires : Pensez-vous aux plaisirs si purs Qui fleurissaient dans ces vieux murs P...

Et tout cela finit !!! Vous’ partez..…..Bon voyage !.… Allez visiter vos berceaux, Mais revenez, petits oiseaux !

N'écoutez pas des voix séduisantes, trompeuses, Qui vous peindront ailleurs les heures plus joyeuses, Pour vous assurer l’avenir, N'avez-vous pas le souvenir ?.… Pendant que loin d'ici, mes douces hirondelles, Vous frapperez les airs de vos joyeuses ailes, Nous redirons vos noms chéris Au Dieu qui fait les jours fleuris.

Prosternés à l’autel de la Vierge Marie, Nous lui dirons: gardez la famille choisie Qui, dans cet aimable séjour, Apprit à goûter votre amour !

De tout péril, sauvez leur jeunesse charmante ; Sur votre cœur gardez leur innocence aimante :

Qu'’elles rapportent leur blancheur,

Leur douce joie et leur bon cœur!

Et maintenant partez... votre cage est ouverte ! Allez chanter aux prés et sous la feuille verte.

Mais souvenez-vous bien toujours Que votre vieux couvent vous donna de beaux jours !

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