‹ Une voix d'outre-tombe [microforme]Chapitre 49 sur 116 · SOUVENIR · texte numérisé non relu

SOUVENIR

Le voilà donc enfin ce jour tant désiré.....!11! Aussi, sur tous les fronts comme la gaité brille ! Comme dans tous les yeux l’allégresse pétille ! Comme d'un doux espoir notre cœur est bercé | Le jour des prix est bien la plus charmante fête; On voit finir enfin ses pénibles travaux, Et l’on peut saluer des hurizons plus beaux, Une couronne sur la tête,

Une couronne ! Eh, oui! la couronne est à nous,

Prix de notre travail et de notre courage.

A nos parents chéris nous en ferons hommage ;

Pour le cœur d’une mère est-il présent plus doux ?

Et puis nous chanterons la liberté plénière ;

Le repos et les jeux, avec la clef des champs ;

Nos quatre volontés, sous l'œil de nos mamans, Oh! que je suis heureuse et fière |

Heureuse ! je le suis .…... Et! pourtant dans mon cœur Je sens je ne sais quoi qui l’agite et le gêne. D'où peut donc aujourd’hui me venir une peine ? Quel étrange souci peut troubler mon bonheur ? C'est que Dieu mit toujours une épine à la rose ; Un astre disparait devant l’astre qui luit......... Le bonheur présent chasse un bonheur qui s’enfuit Il manque toujours quelque chose |!

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Je chantais tout à l'heure un brillant avenir ;

Je voyais se lever l’aurore des vacances ;

Je rêvais pour demain de douces jouissances..

Et tout s'évanouit devant un souvenir...

Elle fut belle aussi cette charmante année...

Et ce soir il nous faut lui dire un triste adieu.

Ses dix longs mois pour nous, sous le regard de Dieu, Ont passé comme une journée,

Et chacun de ces mois nous apportait sa fleur, Quelques plaisirs nouveaux, quelques fêtes nouveiles ; Ces fêtes, nous savons comme elles étaient belles Nous en gardons mémoire au fond de notre cœur. Mais vous, qui nous donnez un regard, un sourire, Nos parents, nos amis, ah | vous ne savez pas Ce que l’année emporte en se perdant là bas... Eh bien ! je m'en vais vous le dire.

D'abord, dans la retraite on nous plongea trois jours.

Trois jours passés en paix...A travers le feuillage

Une main nous guidait dans le plus frais bocage,

Et d’un petit sentier nos pas suivaient le cours.

Ce sentier, oh! C'était le chemin de la vie,

On nous disait : Marchez toujours dans ce cheiin ;

Comme un peuple de sœurs tenez-vous par la main, Pour arriver à la Patrie.

Puis, dans le cours d’un an, cinq ou six fois au moins, Nous avons vu passer des enfants bienheureuses,

A l'autel de Marie elles allaient joyeuses

Se consacrer à Dieu. Nous, nous étions témoins,

Et nous chantions en chœur comme on chante en famille,

Quand Dieu du haut du ciel fait descendre un enfant, Comme s’il détachait de son beau firmament La petite étoile qui brille,

Des rivages lointains, après un long séjour, D Un Pre revenait ; vite, vite une fête ! ! Un Vite, vite des fleurs pour couronner sa tête | So

Et nous chantions encore, car c'était un beau jour. No Et lui versait sur nous de sa main vénérée, No Les bénédictions que notre Père à tous Mo

Envoyait, par son cœur, de Rome exprès pour nous, Pour sa famille bien aimée |

Un jour sur notre tête on vit s'ouvrir le Ciel, Puis une voix sortit des célestes phalanges : “6 ZZ nous faut des enfants pour le festin des Anges.” Et nos petites sœurs s’avançaient vers l'autel, Et nous accompagnions leurs pas de nos cantiques ; Nous disions : ‘“ Avancez ; le Fils du Roi des Rois ‘“ Veut vous faire goûter pour la première fois

‘“ Le bonheur des Cœurs Séraphiques.”

Après tous ces beaux jours, combien d’autres moments Qu'on n'oubliera jamais! La visite imprévue, Et bien souvent aussi, la visite attendue D'un Père, d’un ami, venant voir ses enfants ; Une fête impromptu, qui valait une histoire, Ces jeux que le travail semblait rendre plus doux, La classe le matin : et le soir le chez nous, Bien douce vie, on peut m’en croire.

Tout va finir et va finir ce soir...

Les oiseaux vont partir de la cage entr'ouverte, Demain ne verra plus qu’une maison déserte.

Encore si l’on pouvait se chanter: av revoir/

Mais non. Nous le savons, ce soir plus d’une amie Va prendre son essor pour ne plus revenir,

Mais toutes dans nos cœurs gardons le souvenir

De notre chère Académie.

Nous garderons surtout un souvenir sacré

De ce dernier beau jour que le bun Dieu nous donne.

Un Père sur nos fronts déposant la couronne,

Sous les regards amis d’un cercle vénéré..….

Nos Mères d'un sourire approuvant la victoire,

Nos parents pour témoins de nos joyeux succès !!

Mon Dieu, faites qu'un jour pour payer ces bienfaits Nous soyons dans le Ciel leur gloire,

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