A L'OCCASION D'UNE SAINTE MORT
Avez-vous vu, mes Sœurs, s'élever vers les Cieux Ce brillant météore en cette nuit si sombre P 11 montait doucement : son éclat radieux Dissipait en passant la profondeur de l’ombre. On eut dit une étoile, au disque sans pareil Allant au firmament rejoindre le soleil
Et des astres grossir le nombre,
Spectacle ravissant ! Mais qui pourrait, mes Sœurs,
A mon cœur inquiet, expliquer c: mystère ?
De la plaine du Ciel les astres sent les fleurs ;
Et je vois celui-ci s'élever de la :erre !...…..
Ce brillant météore, où prit-il donc ses feux ?
D'où vient-il ? oh ! parlez, répondez à mes vœux Et rendez-vous à ma prière.
Pour réponse partout, des larmes, des sanglots : Le deuil et la douleur gravés sur le visage : Les soupirs se pressan*, comme l’on voit les flots L'un sur l'autre venir expirer au rivage :
Et sous un blanc linceul, on me montre, en pleurant, Celle que l’on aimait; car la mort en passant
Vient de faire un cruel ravage.
Je comprends maintenant.....A mon cœur, à mes yeux,
Ce que je vois dit tout. Là, dans ce cœur de femme, Longtemps resta caché mon astre merveilleux : C’est là que s’épurait, en grandissait, sa flamme, Ainsi le beau soleil, lorsque le jour s'enfuit, En reposant ses feux dans le sein de la nuit, De nouvelles ardeurs s’enflamme,