‹ Une voix dans la fouleChapitre 22 sur 66 · POUR CHANTER L'AMOUR · texte numérisé non relu

POUR CHANTER L'AMOUR

L'Amour a passé dans ma vie En riant comme un enfant fou.

Il rougissait de chaude envie Et portait des chaînes au cou,

Chaînes de lilas et de roses Qu'il allait suspendre en festons, Du soir ù l'aube, aux portes closes Où sa main frappait à tâtons.

Il buvait à toutes les coupes Et s'endormait dans tous les bras, Ce prince des mauvaises troupes D'ivrognes et de scélérats.

Mais voici qu'un matin d'automne Le méchant vit sur le chemin Venir à lui, belle et si bonne, Celle dont il baisa la main.

Elle avait brune chevelure Et les yeux couleur de la mer ; Douce aux fleurs était son allure Et ses lèvres embaumaient l'air.

Parmi les danses des vendang-es, L'Amour, faisant son pas léger, La poursuivit, le cœur plein d'anges, Du noir vignoble au clair verger.

Il la suivit jusqu'au village

Dont les toits fument dans le soir,

A l'heure où l'angelus propage

Du ciel aux champs un peu d'espoir.

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