‹ Une voix dans la fouleChapitre 50 sur 66 · I :and tu sentiras jusqu'au creux de tes paumes · texte numérisé non relu

I :and tu sentiras jusqu'au creux de tes paumes

i • uu san^" plus vif, va par l'éteule et les chaumes,

'.> hameau d'où, bleue à peine, la fumée i,.v..ale des toits d'or vers l'aurore enflammée.

fi >;eras accueilli sur le seuil des demeures l'ombre peu à peu décroît avec les heures,

I s hommes qui vont, une rose à l'oreille,

^ es champs, les jardins, la prairie et la treille, s femmes tournant vivement la quenouille lil par fil, sous leurs doigts prestes se dépouille ux bourdonnement du rouet des g-rand'mères, s petits enfants aux beaux yeux éphémères

, . rreront autour de toi leur brusque ronde m me s'il n'était pas de souci par le monde, d'hiver à venir, ni de lourde vieillesse.

blie alors le nom même de la tristesse.

isse-toi, tout ce jour, séduire par la Vie

i te sourit, et chante, et danse, si ravie

'on dirait qu'elle a bu tous les vins de l'automne.

une un peu de ta joie à chacun, comme on donne

s fruits d'une corbeille ou les fleurs d'une gerbe,

ns trop se soucier s'il en tombe dans l'herbe.

Avant jadis pleuré, tu peux lùre sans honte. Qu'aux baisers du bonheur ta bouche reste prompte, Et cache à tous Ihorreur secrète de les larmes.

Trop tût tu frapperas, voyag-eur qui t'alarmes,

Aux maisons de la ville où l'on souffre et Ton pleure.

Serait-elle prochaine ou lointaine, cette heure?

N'y pense même pas. Aime cette contrée

Où la vie au beau sang- de la mort se recrée.

Ecoute le berger qui passe, flûte aux lèvres,

Parmi les bêlements des brebis et des chèvres,

Et le murmure épais des dernières abeilles

Dans les enclos de fleurs, les vergers et les treilles,

Et le bruit endormeur des vagues, et les cloches

Qui répondent aux voix des pêcheurs dans les roches

Tu verras l'invisible et diras l'ineffable.

Tu ressusciteras tous les dieux de la fable.

Et délaissant alors les champs et les chaumières,

Marchant, les bras au ciel, les yeux pleins de lumière:

Parmi le sable jaune ou l'herbe qui verdoie,

Tu crieras au soleil tout l'excès de ta joie,

Gomme le faune roux et le fauve satyre

Qui chantent vers la mer aux îles de porphyre I

LES CHANTS DE I.A NATUKK l8l

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