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LES CHANTS DE L.V NATUI\K IQI

Que les formes sans fin d'urie identique loi Qui relie au soleil le sort du moindre atome.

Aussi, quoique j'aurai vécu sans dieu ni foi,

Assuré que le monde entier n'est qu'un fantôme

Qui s'cvanouira quand mes veux s'éteindront

Dans l'horreur des douleurs et la flamme des fièvres,

Je sais que la pensée enclose sous ce front,

Les gestes de ces mains, le souffle de ces lèvres

Auront un éternel écho dans l'inconnu,

Et que je revivrai, malyré ma chair dissoute,

Dans les chants d'un poète après moi survenu,

Et dans l'élan d'espoir qui lance sur la route,

En quête du honheur, les âpres vagabonds,

Et, dans la volonté du prophète qui rêve

D'arracher des moissons aux rochers inféconds.

Et qui voudrait, moisson de l'âme, que se lève

De tous les cœurs humains le blé pur de l'amour.

Car rien ne se perdra, ni la moindre parole, Ni le moindre rajou épars au point du jour, Ni la moindre semence au cœur de la corolle. Tout se retrouvera pour le pire ou le mieux Dans le charnier de deuil ou le jai-din de gloire,

Dans la flaque de boue ou dans l'azur des cieux, Dans les cris du blasphème ou l'hymne de victoire.

Et telle fut pour moi, vallée au torrent clair,

La leçon du silence et de la solitude.

Et je suis retourné vers les villes de fer,

Chantant, comme un vainqueur, sans fin ni lassitude.

LRS CirANIS DR LA. NATt'IlK IQS

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