‹ Une voix de l'exilChapitre 38 sur 86 · EN APPRENANT (.1 MORT UE SA KK.LI JOSÉPHINE · texte numérisé non relu

EN APPRENANT (.1 MORT UE SA KK.LI JOSÉPHINE

liruxo

Elle a fui ce monde profane ,

Celle que nos yeux pleureront ;

Mais, de son aile diaphane,

Toujours elle abrite ton front.

Enfant, dans le cachot de Sainte- Pélagie One Philippe t'ouvrit, ses lèvres bégayaient Le nom si doux de père; et sa jeune énergie Courait dans le préau que ses jeux égayaient. Ton âme, par l’enfant distraite, Oubliait chaînes et gardiens,

Quand ses bras autour de ta tète Jetaient leurs caressants liens.

Avec quelques amis, j’osai, creusant la terre, T’arracher, toi trentième, aux foudres de Persil,

Il K)

A ISUINARD.

Tu dirigeas la barque aux plages d'Angleterre; Joséphine y devint l’ange de ton exil.

De Londrc où rarement s’allume Le globe d’or, flambeau des cieux.

Son souille dissipait la brume,

Et tout s’éclairait par ses yeux.

Plus tard, la République, après bien des défaites, Couronna ses soldats au courage indompté; Joséphine, à ton bras se montrait dans nos l'êtes, Comme l’ange si pur de la Fraternité.

Son front rayonnant d'espérance Etait de roses couronné,

Comme l’avenir de la France

Oui , semblable aux fleurs, s’est fané.

Un jour — tu t’en souviens— un grave anniversaire Tous deux à St-Méry nous avait appelés,

Vieux soldats, nous venions, d’une larme sincère, Honorer tous les morts et tous les mutilés.

Elle quêtait dans cette enceinte,

Ta fille... et tous, sur son chemin , Disaient: « C’est la Charité sainte « Pour les martyrs tendant la main. -

Mais de la République, hélas ! l’astre décline,

Et l'on ouvre pour toi les portes de Doulleus.

A GULNARD.

ltl ent pieux! Ta noble Joséphine, ^ r ' H onnier, t’y suit de ses pas chancelants; Ht brûlée aux plus pures flammes, Tous les jours que Dieu t’y compta, Ainsi qu'une des Saintes Femmes,

K lie gravit ton Golgotha.

lui

^ est dans ces durs sentiers qu’elle s’est épuisée, Au saint devoir jamais ne demandant merci ;

Kl quand, malgré tes vœux, ta chaîne fut brisée, Ka trame de ses jours s’était brisée aussi.

Au dernier triomphe arrivée,

Son ftme au ciel put s’envoler:

Ainsi quand l’œuvre est achevée La lampe cesse de brûler.

Joséphine n’est plus! Je souffre de ta perte;

Mon cœur, frère du tien , prend un voile de deuil; Mes larmes ont coulé sur sa tombe entrouverte, Et je te tends la main par dessus son cercueil.

Elle a fui ce monde profane,

Celle que nos yeux pleureront;

Mais , de son aile diaphane,

Toujours elle abrite ton front.

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