‹ Une volée de merlesChapitre 21 sur 53 · G FIORENTINO · texte numérisé non relu

G FIORENTINO

verse avec les morts; on ne peut parler sur le mûma ton, on le comprendra, de Rossini et de M. Clapisson. Pour passer de II Barbiere à Fanchonnette, il n'est pas de transition possible. Au Moniteur, la cravate blanche est de rigueur, M. de Rovray ne l'ignore pas; au Constitutionnel, le cérémonial est moins sévère, et M. Fiorentino ne se gêne point pour mettre habit bas.

L'un, grave, solennel, sentencieux, s'efforce de se maintenir dans les hautes régions du grand art; l'autre gamine et gambade comme s'il était encore au Corsaire; c'était la bonne école; disons en toute justice qu'il avait des dispositions : le maître de danse enseigne à mettre les pointes en dehors, mais la légè* reté ne s'apprend pas.

On ne vit certes jamais transformation si complète. El la galerie d'applaudir de toutes ses forces. M. Fiorentino, considéré sous cette double face, rappelle tout à fait le pauvre diable de la place publique: il fait Irès-adroitcment passer sa bosse du dos à l'estomac.

Il signor Janus a produit en Italie un drame qui a eu beaucoup de succès; mais il est bon de rappeler que l'idée première, les situations, le dénoùment et le style étaient empruntés à une nouvelle de M. Léon Gozlan. En permettant l'emprunt, M. Gozlan fut désintéressé, car il savait bien que ce

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n'était pas à charge de revanche. M. Fiorentino a une réputalion de puriste bien établie. Il parle en perfec» tion la langue du Dante, dit-on en France. Il passe pour un pur grammairien français en Italie. Puisse» t-il n'avoir pas d'autre ambition 1

Les artistes pâlissent quand on le nomme. Ils se croient toujours sur le point d'être dévorés. Straboû dit avoir vu sur les bords du Nil un crocodile qui portait des boucles aux oreilles; la foule, dans l'espoir de se le rendre favorable, le nourrissait dé gâteaux au miel. L'étude des anciens est d'un haut enseignement.

Des charlatans se disent capables de nous mettre à jamais à l'abri de toutes sortes de morsures; J6 connais de pauvres comédiens et de jeunes auteurs qui se seraient bien trouvés de connaître cette précieuse recette.

M. Fiorentino s'est un peu adouci dans ces derniers temps ; il s'est dit sans doute : Froncer le sourcil creuse à la longue une ride ; — on le lui a laissé entendre, peut-être.

Il passe l'été à Yichy, Espérons tout de ces eaux miraculeuses. Notre maître nous reviendra , n'en doutons pas, affable, mesuré, scrviable; désormais, plus de boutades de mauvais goût, plus de sorties violentes. Les articles^ qu'il date de la fontaine bénie

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