‹ Une volée de merlesChapitre 40 sur 53 · LA FAMILLE CHEVILLARD · texte numérisé non relu

LA FAMILLE CHEVILLARD

CHEYILLARD JOURiNALISTE

C'est le factotum littéraire. Dans les petites occasions, il se sert en pion de la férule du maître. Pour extrait : Chevillard. Pour les faits divers : Chevillard. Pour copie conforme : Chevillard. Il triomphe à la première page, s'efface un peu à la seconde, et, à la troisième, se relève ; il ne s'arrête satisfait qu'après avoir contresigné le bulletin théâtral au seuil des annonces.

Humble secrétaire de la rédaction, il a des accents partis du cœur quand il écrit sous la dictée du philanthrope du lieu; il est plein de profondeur s'il est l'écho de l'économiste de l'endroit, et il a le mot pour rire lorsqu'il note les saillies du premier comique du cru. Le Charivari le crayonne, et le Ti7itamarre l'aiguillonne ; mais il ne s'en émeut pas. Il est dans les hautes régions; il appartient à la grande presse : il se doit d'être digne...

Quand un mal pensant touche à l'arche sainte, mais avec quelques ménagements, c'est Chevillard qui a la mission de rappeler l'effronté au respect;

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il se tait si le cas coraporle l'indignalion : l'indip^nation est le privilège exclusif du rédacteur en chef.

Quand meurt un homme important, le meilleur pleureur du journal brode un linceul convenable au défunt; mais si celui-ci est de petite noblesse d'esprit, de science ou de nom , et qu'il n'y ait qu'une larme à verser sur lui, c'est Chevillard qui verse celte larme « sur la terre fraîchement remuée. »

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