Bory Saint-Vincent (!’ Homme
2. Butler Earp (The gold colonies, or Australia). Ce livre est une sorte de manuel des émigrants. On comprend sans peine les terribles conséquences que doivent avoir pour les indigènes de pareilles idées inculquées aux hommes qui vont chercher fortune en Australie,
3. Le mandrill appartient au genre des cynocéphales (tête de chien), qui sont comptés parmi les représentants les plus inférieurs du groupe des singes.
quons quelques traits de l’histoire de ce groupe d’après les renseignements fournis par des hommes éminents qui ont séjourné en Australie, sondé les mystères de ce sol à peine connu , étudié réellement et comparé entre elles les diverses populations qui l’habitent.
Et d’abord l’Australien est-il aussi disgracié au physique que l’ont aflirmé non pas seulement Bory Saint-Vincent et ceux qui l’ont répété, mais encore quelques voyageurs qui n’ont fait que toucher terre et ont jugé d’un continent entier par quelques points de relâche? — Mitchell et Pickering répondront pour nous. Le premier décrit son guide Yulliyalli comme un spécimen parfait de l'humanité, et tel qu’il serait impossible d’en rencontrer un semblable dans les sociétés qui s’habillent et se chaussent. Et ce n’est pas là une exception. Le voyageur anglais revient à diverses reprises sur la perfection physique de ces machines humaines développées en toute liberté. — Pickering, le compagnon du capitaine Wilkes dans la grande expédition scientifique des États-Unis, confirme en tout ce jugement. Il déclare n’avoir rencontré nulle part cette maigreur excessive des exirémités, donnée si souvent comme un des caractères des Australiens, et traite de simples caricatures la plupart des dessins qui ont été publiés sur cette race. — Sur une trentaine d'individus de l’intérieur, il déclare en avoir vu quelques-uns qui étaient d’une laideur remarquable, tandis que d’autres, contrairement à toutes ses idées antérieures, présentaient une figure décidément belle (had the face decidedly fine). — Il termine ses observations en disant : « Chose
étrange, je regarderais l’Australien comme le plus beau modèle des proportions humaines sous le rapport du développement musculaire. Il combine la plus parfaite symétrie avec la force et l’activité, tandis que sa tête pourrait être comparée au masque antique de quelque philosophe. »
Il y a loin, on le voit, de ces appréciations à celles quise lisent dans quelques-uns des ouvrages les plus récents, et il est clair qu'il faut renoncer à trouver dans la forme générale du corps, dans les caractères extérieurs, des différences assez grandes pour séparer l’Australien de l’espèce humaine représentée par le blanc.
Les polygénistes sont-ils mieux fondés en appuyant leurs opinions sur les différences de l’ordre intellectuel et sur les manifestations qui en résultent? L’industrie, par exemple, est-elle nulle chez les Australiens? — Bory l’a affirmé. Il a prétendu que ces peuples me savaient ni se construire une cabane même temporaire, ni s’armer d’autre chose que de perches à peine dressées et amincies aux deux bouts... Toutés ces assertions ont été répétées. — Eh bien, Bory oubliait les faits observés déjà par Perron, son contemporain, pendant une relâche à la terre d'Entracht, et d’où il résulte que les indigènes savaient se creuser dans une roche friable des logements dont les parois présentaient des cavités destinées à placer leurs ustensiles. I1 oubliait que le même Perron avait rapporté d'Australie une hache de pierre fixée à son manche par un mastic d’une dureté telle qu’il excita l’étonnement de tous nos chimistes, et que l’un d'eux, Laugier, voulut en
faire l'analyse. Il Gubliait qu’on avait trouvé dans les mêmes contrées des armes de chasse et de guerre très-diverses. — Depuis cette époque, nos renseignements se sont encore complétés; mais, sans parler des plus récents, comment se fait-il qu’on passe journellement sous silence ceux qu'a recueillis le capitaine Sturt dans le voyage qui le conduisit sur les bords de la Murray, et qui remonte à 1831? Est-ce un peuple comme celui qu'ont peint Bory et ses continuateurs qui aurait construit des huttes permanentes pouvant loger de douze à quinze personnes; qui aurait inventé les canots d’écorce; qui aurait tissé des filets fort bien faits, les uns à mailles larges pour la chasse aux kanguroos, les autres à mailles étroites pour la pêche du poisson et ayant jusqu’à quatre-vingts pieds de long?
De ces renseignements incontestables on peut déjà conclure que les Australiens ont en réalité la plupart au moins des industries élémentaires qui se retrouvent chez toutes les autres tribus sauvages, et ce fait seul met entre eux et les singes les plus parfaits une barrière infranchissable; mais voici qui est plus significatif. Le docteur Cuningham, qui a fait à la Nouvelle-Galles du sud quatre voyages en qualité de chirurgien -surintendant des bâtiments destinés au transport des convicts, et séjourné deux ans dans cette colonie, a étudié avec soin la population indigène. — Il n’est rien moins qu’un de ses admirateurs. — Cependant, selon lui, les Australiens sont vifs, enjoués, curieux et intelligents. On a constaté qu'ils apprennent à lire, à écrire presque aussi vite que les Européens, et tous parlent et comprennent très-bien
l'anglais. Ils saisissent très-aisément les ridicules et apprécient au premier coup d'œil les différences sociales. Les Néo-Hollandais, dont parle ici Cuningham, sont ceux de Sidney et des environs; mais il déclare à diverses reprises qu'il existe des populations trèssupérieures à celles qui entourent cette colonie. Prenons toutefois celles-ci pour terme de comparaison. — YŸ a-t-il dans le portrait intellectuel que nous venons d’esquisser un seul trait qui autorise à en faire une espèce à part?
On avait dit, on a répété que les Australiens sont incapables de s’élever au-dessus du niveau où les ont trouvés les premiers navigateurs. C’est encore là une assertion qui se trouve démentie par les faits. — Quand on s’est occupé sérieusement de l'éducation des habitants de la Nouvelle-Hollande, ils ont promptement répondu à ces soins. C’est ce qui résulte des renseignements fournis par Dawson, Cuningham, etc. Les individus qui, comme Daniel et Benilong, ont été conduits en Angleterre et introduits dans la société élégante sont devenus de vrais gentlemen, de l’aveu même des écrivains que nous combattons. Si, revenus en Australie, ils ont fini par retourner à la vie sauvage, qui donc pourrait s’en étonner en songeant à la position que le préjugé de la couleur fait à un nègre quelconque dans les colonies, surtout dans les colonies anglaises ; à l’attraction irrésistible que le désert et son indépendance exercent sur les blancs mêmes qui en ont une fois goûté, et aussi à ces in- Stincts héréditaires qui caractérisent si nettement certaines races?
Peut-être dira-t-on qu'il s’agit ici de quelques cas
individuels, qui ne prouvent rien pour la masse ; mais voici un fait tout différent, emprunté à un recueil qu’on pourrait appeler local, et qui atteste que des populations en masse peuvent être régénérées bien aisément'. — M. Bateman et quelques Anglais s’étaient rendus au port Philips, sur la côte méridionale de l’Australie, dans le dessein d’y former un établissement agricole. Ils furent bientôt frappés de la civi-. lisation des habitants de cette côte, qu'ils trouvaient beaucoup mieux vêtus, logés, meublés et pourvus de tous les objets nécessaires qu'aucun de leurs compatriotes. Peu de jours après, ce phénomène de perfectionnement relatif fut expliqué par l'apparition d’un homme blanc vêtu d’une redingote en peau de kanguroo. C'était un ancien grenadier des armées anglaises, nommé William Buckley, qui, envoyé sur les lieux lors d’une première tentative de colonisation faite en 1803, s'était échappé et avait vécu trente-trois ans avec les indigènes. Il n'avait pas tardé à devenir leur chef, et sous sa direction, ils en étaient arrivés au point qui étonnait si fort les nouveaux colons. — On voit ce qu'avait produit chez ces sauvages, déclarés incapables de tout progrès, l'influence isolée d’un simple soldat.
Voici du reste en quels termes M. de Blosseville résume, dans son remarquable ouvrage sur lAustralie*, les derniers renseignements, recueillis surtout dans le sud. «La cherté de la main-d'œuvre a donné
1. Van Diemen’s land Magazine. Le voyage de M. Bateman a dû avoir lieu en 1836 (Rienzi, Australie).
2. Histoire de la Colonisation pénale et des Établissements de l’Anglelerre en Australie.
une valeur au travail, peu essayé jusqu'alors, de ces malheureuses peuplades. On s’est aperçu, quand l’intérêt l’a demandé, qu’elles n'étaient pas demeurées témoins inintelligents des arts utiles, que leurs huttes et leurs ménages étaient convenablement tenus. Dès 1853, deux cent mille moutons avaient pour bergers des aborigènes. Un des principaux concessionnaires n'employait pas d’autres ouvriers. On faisait d'eux avec avantage des briquetiers, des défricheurs, des conducteurs de bœufs et jusqu’à des constables pour leur propre race. » — A côté de ces populations australiennes, évidemment entrées dans la voie de la civilisation, le même auteur montre la postérité des convicts échappés aux colonies pénales « éparse d’ilots en îlots, et bien plus près de l’état sauvage que de la civilisation dégradée. » — Aïnsi en Australie l’homme blanc s’abaisse en même temps que l’homme noir s'élève. Ces témoignages sont certainement la réfutation complète de toutes les assertions polygénistes, et ils sont d'autant plus décisifs que: celui qui les apporte ne songeait même pas, en traçant les lignes qu'on vient de lire, à la question que nous traitons 1cI.
Même livrés à leur seule nature, les Australiens sont fort loin d’être descendus aussi bas qu’on la prétendu. — On avait dit que chez eux la famille n’existait pour ainsi dire plus : on avait insisté, on insiste journellement encore sur la facilité honteuse des fem mes et l'indifférence des maris ; mais ces exemples ne sont pris que dans les tribus voisines de Sidney, tribus que la civilisation a corrompues, comme elle l’a fait trop souvent ailleurs qu’en Australie. Dans d’au-
tres régions, il n’en est pas de même, et Dawson trace au contraire de la famille australienne un tableau tout patriarcal!. — On avait dit, on répète encore qu'ils ne possèdent aucun vestige d'état social, qu'ils sont toujours errants par groupes composés au plus d’une ou deux familles. Depuis longtemps cependant, Gray et le docteur Long ont montré qu'il existe chez eux une répartition en clans sous-divisés eux-mêmes en tribus et en familles, dont le nom.se retrouve dans celui des individus ; ils ont donné la liste de ces clans, et fait connaître des usages qui rap-: pellent à la fois l'institution du tabou des Polynésiens et le totem des Américains. De son côté, Sturt a reconnu l'existence de villages fort nombhreux,composés parfois de soixante ou soixante-dix cabanes et renfermant jusqu’à huit cents ou mille habitants. — On avait dit, et on dit encore que les Australiens n’ont aucune idée de la propriété. Cependant les auteurs que nous venons de citer avaient reconnu que chaque tribu possède ses terrains propres, dont les limites, habituellement respectées, ne sont franchies qu’en cas de guerre ou sur une invitation formelle, et que ce droit de propriété s'étend aussi à la famille.—Nous : pourrions multiplier beaucoup ces oppositions entre ies assertions des polygénistes et les témoignages d'hommes qui, en séjournant sur les lieux, ont pris la peine d'étudier sérieusement ces populations tant
1. Il est bien digne de remarque que, d'après Dawson, la femme, dont la condition est ici d’ailleurs vis-à-vis de l’homme ce qu'elle, est chez presque tous les sauvages, c’est-à-dire très-infépu joue dans la famille et même dans la tribu un rôle consi-
érable. |
calomniées; mais nous croyons en avoir assez dit pour démontrer qu’à quelque point de vue qu’on les envisage, les facultés intellectuelles des Néo Hollandais ne diffèrent de celles des hommes blancs que par un moindre degré de développement, et la variation demeure ici de beaucoup en deçà des limites que nous avons constatées d’une race à l’autre chez des animaux d’une même espèce.
On n’a pas défiguré d’une manière moins étrange le tableau des qualités morales bonnes ou mauvaises de l’Australien. On lui a reproché comme autant de traits qui lui appartiendraient en propre les passions les plus communes non-seulement chez les peuples sauvages , mais encore chez les nations les plus civilisées, telles que le désir de la vengeance, l’ivrognerie et le relâchement de mœurs qu’on observe autour des grandes villes. En même temps, on oubliait tous ces faits rapportés parfois par les mêmes auteurs, et qui prouvent combien son cœur est accessible aux plus doux, aux plus nobles sentiments, aux affections de famille, à l’amour conjugal, à la reconnaissance la plus vive pour de légers services, etc.— Trompé une seule fois par un blanc, l’Australien ne se fie plus à lui, il use de représailles ; mais Dawson remarque qu'il agit avec une entière bonne foi envers celui qui a su mériter sa confiance. — Cuningham a retrouvé chez ces peuples le point d'honneur sanctionné par de véritables duels, où tout se passe d’après des règles auxquelles on ne saurait se soustraire sans être ‘déshonoré. Enfin voici un fait que nous empruntons au capitaine Sturt, et qui prouve que l'esprit chevaleresque, tel que l’entendaient les plus nobles pala-
dins, n’est pas étranger à ces prétendues demi-brutes. Deux évadés irlandais se prirent de querelle avec les indigènes au milieu desquels ils s'étaient réfugiés. Il fallut en venir aux mains; mais les Européens étaient sans armes. Avant de les attaquer, les Australiens leur en fournirent pour qu’ils pussent se défendre, les combattirent ensuite et les tuèrent!.
Il va sans dire qu’on a refusé aux Australiens toute trace de religiosité. Ici comme toujours ee sont les faits qui répondent.—On a constaté chez toutes Lestribus la croyance aux esprits et la crainte des revenants. Chez toutes aussi, les morts sont enterrés avec des cérémonies particulières. Le lieutenant Britton a eu occasion de voir ces rites funèbres chez une des peuplades des bords du Wallomby. Sans les décrire en détail, faisons remarquer que les tombes, trèsrégulières, sont entourées de cercles d’écorce destinés à les protéger contre l’attaque des mauvais génies, et que des armes y sont déposées pour que le défunt, quand il en sortira, les trouve à sa portée et puisse: en user contre ses ennemis. Certes, en voilà assez pour montrer que la notion d’une autre vie existe chez les Australiens.
‘Quant à celle d'êtres supérieurs à l'homme et pou-
1. Sturt ajoute que les Irlandais furent mangés. Le cannibalisme existe en effet sur quelques points de l'Australie, et en particulier chez les populations voisines de Sidney, au moins comme fait accidentel; mais il résulte des recherches de Dawson qu'on n’en trouve aucune trace sur une étendue considérable et parmi de nombreuses tribus. Le fait a été juridiquement établi à la suite d’une enquête. Au reste, le cannibalisme est malheureu-, sement trop commun dans des populations fort différentes de celle qui nous occupe en ce moment pour qu’on puisse en faire un caractère essentiel.
vant agir sur lui en bien ou en mal, on l’a également trouvée partout où on l’a cherchée.— Dans toutes les tribus, on a reconnu la croyance, commune à tant de peuples, d’un esprit du bien et d’un esprit du mal. Aux environs de Sidney, l'esprit du bien se nomme Coyan. C’est lui qu’on invoque lorsqu'il s’agit de retrouver les enfants égarés. Pour se le rendre favorable en pareil cas, on lui fait une offrande de dards: si les recherches sont vaines, on en conclut que Coyan a été irrité d’une manière queiconque.—Le mauvais génies’appelle Potoyan ;il rôde pendant la nuitautour des cabanes, cherchant à dévorer leurs habitants. A côté de ces divinités supérieures, l’Australien place des génies secondaires, entre autres les wanguls, monstres aquatiques qui rappellent les kelpies d'Écosse, et les balumbals, espèces d’anges ou mieux fées des bois qui vivent de miel. Tout ce que Cuningham nous a appris sur ces croyances est pleinement confirmé par les informations recueillies par Wilkes auprès des missionnaires de Wellington. Seulement les noms sont autres, à raison de la différence des dialectes parlés dans l’Australie, et ce fait nous inspire une dernière remarque dont l'importance sera aisément comprise.
Les polygénistes, voyant dans les groupes humains des espèces différentes, sont inévitablement entraînés à les circonscrire d’une manière tranchée, à rapporter à chacun d’eux, comme lui étant exclusivement propres, quelques traits physiques intellectuels ou moraux dont ils puissent faire autant de caractères spéciaux. Ils ne pouvaient manquer d'en agir ainsi avec les Australiens , et c’est à cette tendance qu’il faut surtout attribuer ce qui a été dit des traits de leur
visage, des proportions de leurs membres, représentés comme entièrement exceptionnels. Les mêmes assertions se sont produites au sujet de leur langage. On a presque nié qu’ilseussent une langue proprement dite, et pussent émettre des sons vraiment articulés. Au point de vue linguistique comme sous le rapport physique, on a voulu voir en eux des êtres entièrement à part.
Ces deux affirmations ne sont pas plus vraies l’une. que l’autre. — On a vu plus haut ce qu’il fallait penser de la forme. Ajoutons que la population australienne n'estnullement homogène, et que d’une tribu à l’autre on constate des différences physiques marquées, à ce point que Cuningham parle de peuplades à teint cuivré. Enfin, citons un fait bien remarquable : Pickering a retrouvé parmi les peuplades drawidiennes de l'Inde des individus qui reproduisaient tous les traits caractéristiques des Australiens, si bien qu’à en juger seulement par la ressemblance physique,-ces populations séparées par de si grands espaces n'en seraient pas moins extrêmement proches parentes.
Eh bien! c’est précisément au même résultat qu'a conduit la comparaison des langues. — Dans son excellent livre intitulé la Terre et l’homme, M. Alfred Maury a reproduit et sanctionné de son autorité les conclusions auxquelles était arrivé M. Logan. Un autre linguiste, que la pratique des langues orientales rendait d'autant plus propre à aborder cette question, et qui en a fait une étude toute spéciale, M. Pruner-Bey, a bien voulu résumer pour nous le fruit de ses recherches sur le même sujet. Tous ces travaux s’accordent entièrement et aboutissent à des conclusions
identiques. Les idiomes australiens, quoique nombreux et très-variés, se rattachent tous à une langue fondamentale : celle-ci présente avec les langues drawidiennes de l'Inde des ressemblances telles qu’on ne saurait les séparer, et qu’on est conduit à les réunir dans une même famille. — Ainsi la linguistique aussi bien que les caractères physiques, loin d'isoler les Australiens, les rattachent à des populations continentales. — Enfin ces deux ordres d'idées et de faits, d'accord en ceci comme en tout le reste, accusent un mélange de sang et de langues, si bien que, loin d’être une espèce à part, les Australiens ne forment même pas une race pure, et sont manifestement le produit du croisement des véritables nègres orientaux avec un élément jaune ou malayou. |
Et maintenant, tirons de tous les faits particuliers que nous venons d'exposer la conséquence générale qui en ressort naturellement.
Frappés des différences qui existent entre les groupes humains, les polygénistes ont cru ne pouvoir en rendre compte qu’en admettant l'existence de plusieurs espèces d'hommes. — Or une étude attentive démontre que, sous le rapport de la nature, ces différences rentrent complétement dans l’ordre de celles que présentent les races végétales et animales. En outre, il résulte d’une comparaison rigoureuse que, sous le rapport de l'étendue, les races animales offrent de l’une à l’autre des variations plus considérables à tous égards que les populations humaines les plus éloignées.
1. J'ai exposé avec détail tous ces faits et les conclusions qui en ressortent dans mon cours au Muséum en 1857.