‹ Unité de l'espèce humaineChapitre 32 sur 66 · Os de la pommette · texte numérisé non relu

Os de la pommette

3. Muscle qui va de l’arcade zygomatique à la mâchoire inférieure , sur le côté des joues.

Telle qu’elle est, elle suffit pour démontrer l’exactitude de notre proposition. Elle ne retrace rien moins que le portrait de l’Anglais d'Europe et confirme en tout point les dires des auteurs précédemment cités.

En présence d’un tel concours dans le jugement d'hommes qui ne se sont certainement pas donné le mot, il faut bien reconnaître que le milieu américain a modifié le type anglo-saxon, qu'il a enfanté une nouvelle race blanche dérivée de la race anglaise, et qu'on peut nommer la race yankee*.

Pour que des modifications, ou pareïlles ou plus profondes, s’accomplissent dans une race, il n’est même pas nécessaire qu’elle émigre et aille subir au loin les influences qu’exercent fun ciel, un climat, une terre étrangère. Elle peut les éprouver sans sortir de chez elle. Il suffit pour cela que ses conditions d'existence soient sérieusement changées. — Personne n’ignore avec quelle rapidité dégénèrent nos plus beaux animaux domestiques, par suite d’un défaut de soins continué pendant quelques générations. Il en est exactement de même pour l’homme.

Citons ici un exemple frappant rapporté par le docteur Hall dans son introduction à l'ouvrage de Pickering.— « À la suite des guerres de 1641 et 1689 entre l'Angleterre et l'Irlande, de grandes multitudes d’Irlandais furent chassées des comtés d’Armagh et de

1. C’est avec intention que je n’insiste ici que sur les changements physiques subis en Amérique par la race anglo-saxonne. Les modifications intellectuelles et morales nous présenteraient des faits non moins frappants; mais l’appréciation en est plus difficile, et les témoignages que je pourrais invoquer pourraient être contestés, tandis qu’il n’y a rien à répondre à une dcrRios anatomique.

Down dans une région montagneuse qui s’étend à l’est de la baronie de Flews jusqu’à la mer. Sur un autre point du royaume, la même race fut repoussée dans les comtés de Leitrim, Sligo et Mayo. Depuis cette époque, ces populations ont eu à subir presque | constamment les effets désastreux de la faim et de l'ignorance, ces deux grands agents de dégradation. Les descendants de ces exilés se distinguent aisément de leurs frères du comté de Meath et des autres districts où ils n’ont pas été placés dans des conditions physiques de dégradation. Leur bouche est entr'’ouverte et projetée en avant; les dents sont proéminentes, les gencives saïllantes, les mâchoires avancées, le nez déprimé. Tous leurs traits portent l'empreinte de la barbarie. Dans le Sligo et la partie . nord du Mayo, les conséquences de deux siècles de dégradation et de misère se montrent dans toute l’organisation physique de ces populations, et ont altéré non-seulement les traits du visage, mais la charpente même du corps. La taille s’est réduite à cinq pieds deux pouces ‘; le ventre s’est ballonné ; les jambes sont devenues cagneuses; les traits sont ceux d’un avorton. » — Tout lecteur quelque peu au courant des caractères qui distinguent les races humaines aura reconnu dans cette description, à la couleur près, les traits attribués aux populations nègres les plus inférieures, aux tribus australiennes. les plus dégradées. |

L'auteur que nous venons-de citer ajoute : « Tout le monde sait que, dans d’autres parties de l’île, là

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