Expression d’un des correspondants de Nott et Gliddon
ciel de l'Inde, les juifs ne se sont pas transformés en véritables Hindous; conséquence que nous acceptons sans difficulté. |
Il est vrai que Nott et Gliddon en tirent un argument en faveur de la multiplicité des espèces; mais cette objection ressemble à celle qu'on nous opposait à nous-même, et qui peut se formuler ainsi : « Depuis trois siècles qu’il y a aux États-Unis des blancs et des nègres soumis aux mêmes actions de milieu ils ne sont pas devenus pareils; ni les uns ni les autres ne se sont transformés en peaux-rouges, et cette transformation n'aura jamais lieu. » — Il est aisé de répondre à ces deux objections.
Remarquons d’abord que telle n’est pas, au moins pour le teint, l'opinion de l’auteur d’un travail publié dans la Revue des Deux-Mondes, M. Reclus‘. Dans ce travail, que nous avons déjà cité, le voyageur, traduisant simplement les impressions qu'il éprouve en dehors de toute controverse, s'exprime ainsi : « Si d’autres influences ne balançaient celles du climat, il se pourrait bien qu'après uu certain laps de siècles, les Américains eussent tous la couleur des aborigènes, leurs ancêtres fussent-ils venus de l'Irlande, de la France ou du Congo. »
En sera-t-il réellement ainsi? Nous ne saurions répondre encore ; mais, ne fût-ce que pour la couleur, une transformation qui identifierait le nègre et le blanc nous paraît bien peu probable; elle est, selon ‘toute apparence, impossible pour l’ensemble des caractères. — Sans croisement et par l’action