Histoire naturelle des races humaines
dont chacun comprendrait un nombre de variétés dont il ne cite que les principales. Pour lui d’ailleurs, ces variétés résulteraient du mélange d’un nombre non moins indéterminé d'espèces qui n’existent plus à l'état de pureté, et qu’il est par conséquent à peu près impossible de reconnaître!.
On voit que Bory et Desmoulins étaient déjà bien dépassés ; mais on voit aussi que le vague s’accroît à mesure qu'on veut multiplier Les espèces d'hommes. — On commence à éprouver l'impossibilité de les carac-
. tériser, de les délimiter.
Cette considération n’a pas arrêté l’école américaine. Celle-ci a laissé bien loin derrière elle les timides essais des polygénistes d'Europe. Son chef, Morton, divisa les groupes humains en trente-deux familles formées elles-mêmes de plusieurs espèces. — À son tour, Gliddon porta ce chiffre à cent cinquantes familles”, et enfin les polygénistes américains en vinrent à admettre que les hommes avaient été créés par nations. — Gette fois il est rigoureusement impossible d’aller plus loin, car la moindre peuplade des forêts d'Amérique ou des jungles de l’Inde qui s’écarte tant soit peu de ses voisines par les traits, la couleur ou le langage, est pour les anthropologistes dont il s’agit une nation, et constitue dès lors une espèce distincte.
Les races européennes n’échappent pas à la règle. Knox, qui le premier peut-être dans les temps modernes a professé ouvertement la croyance à la créa-