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selle, s'apprètait à sauter à cheval : Le D' Venable?... Oh! certainement, 1l connait très bien le colonel Venable! C'est son professeur de mathématiques. Il faut aller tout droit, monter un peu, tourner sous les colonnades et c'est la troisième maison... Derrière, il en venait d'au- Lres, vêtus sans prétentions, montés sur de bons petits chevaux solides et ardents. On voit qu'ils ont la passion du cheval, qu'ils s'en vont seuls par les bois pour goûter l'ivresse des longues courses, du plein air et de la saine fatigue.
On ne m'eût pas dit que M. Venable avait servi dans les armées confédérées que je l'aurais deviné sans peine. Ils ont tous, ces officiers du Sud, un visage et une démarche qui les lrahissent. Ils sont calmes, nobles, un peu tristes, très modernes en même temps ct très résolus. On dirait que l'ombre du général Lee a passé sur eux et que l'exemple qu'il a donné est constamment devant leurs veux.
Derrière un repli de terrain se dissimule une jolie chapelle; ce sont les étudiants qui l'ont élevée; ils entretiennent eux-mêmes le chapelain qui en a la charge et les offices y sont célébrés alternalivement pour les preshvté-
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riens, les épiscopaliens, les méthodistes et les baptistes. Non loin se trouve une grande salle de lecture avec des journaux et des revues.
L'observatoire s'élève sur une colline, au milieu des arbres. A côté, il v a le champ de football, très animé à cette heure. Les joueurs se battent avec entrain, mais ils ont, en même lemps, une grâce et une aisance dans les mouvements qui rendent le spectacle particuliÿrement agréable. D'autres jouent au tennis; d'autres sont assis dans l'herbe à regarder leurs camarades. Ils ont près d'eux de grands chiens qu'ils caressent. Et, sur la route, les cavaliers continuent de défiler; tout le monde se salue au passage d'un bonjour amical. Et puis le soir arrive, des brumes descendent dans la vallée,
l'humidité s'élève, c’est l'heure de rentrer. Promeneurs, cavaliers, grands chiens, jerseys de
couleur, tout cela s’achemine vers l’université,
dont les lumières s'allument.
L'élément de liberté matérielle et d'indépendance morale que Jefferson introduisit dans les règlements académiques n’y fructifia pas tout d'abord. La jeunesse virginienne, peu habituée ùce régime, en abusa étrangement; 1l v eut
des orgies, des désordres de tous genres el
enfin, le 12 novembre 1840, à la nuit, un étudiant tua d'un coup de revolver le professeur Davis. Il est à croire que ce crime abominable contribua puissamment à la réforme qui s'est accomplie; aujourd'hui Charlottesville est, comme ses sœurs du Nord et de l'Ouest, un asile de paix et de travail; 439 jeunes gens suivent les cours et, sur ce total, 433 viennent des États du Sud et 6 de l’État de New York.
Leurs dépenses sont peu considérables : en 1889, la movenne a été de 2 750 francs; le maximum, de 5 365 francs, et le minimum, de 1425. Leurs ressources sont en proportion.
Ils n'ont plus d'esclaves, leurs parents n’habitent plus de luxueuses maisons et presque tous ils ont leur chemin à faire. Il leur est resté une sorte de fierté aristocratique, qui d’ailleurs ne va pas à l'encontre des sentiments démocratiques américains. Ils en traduisent les impressions à leur manière dans les discussions auxquelles ils prennent part, ou dans les articles qu'ils publient. J'ai noté, dans l’un des derniers numéros du Vèrginia University Magazine, une protestation éloquente contre la naturalisation
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