‹ Unterhaltungen mit Friedrich dem GrossenChapitre 21 sur 37 · IM · texte numérisé non relu

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11. On a attaqué les Pandours, qui voulaient empêcher qu'on ne fit © redoute. On leur a fait des prisonniers et 3 officiors. parmi lesels se trouvait le prince Liechtenstein, qui avait deux blessures. Il me ia de l'aider, ce que je fis en lui envoyant l'adjudant général. Il s'était ré ce second coup de sabre on voulant donner un coup, lorsqu'il était ja prisonnier: un capitaine, nommé Emerstein, ci-devant valet de ambre du feu Roi, était avec lui. Une femme de Pandour fut prise, »née au corps de garde. Son mari déserte. passe la nuit au corps de rde. et se reconnaissent le lendemain. Il vient tous les jours heauup de déserteurs.

Dans une minute, Sa Majesté lit au moins dix lettres et répond tout

suite. sans les relire.

La dame vint : Je vous félicite, vous avez victorisé aujourd hui.

Je fus à 6. Me montra la pièce dont il avait travaillé une page. On rla des Autrichiens: que cette guerre était une guerre de marches

11 vetobre

374 Tagebücher von Heinrich be Eatt.

comme la campagne de Turenne, »et c'est pour les connaisseurs. Siem avait, dit-il, occupé cette montagne, comme je l'avais dit, j'aurais pe

me porter du côté de Görlitz. Les Autrichiens avaient avancë le droite, et en attaquant prince Durlach, qui occupait la montagne, aurait pu devenir générale. « 12 octobre 12. Sa Majesté me montra la pièce qu'elle avait finie, dont elle. fort contente sur la force de l'expression et du sentiment. Je Ins me ode Pindarique au prince Henri, qui est belle. Il trouve que mn ne réussit bien que dans ces pièces de sentiment, où il est i

Nous parlämes des poésies de Malherbe. Il me dit combien il la poésie, et que ces pièces ne ressemblaient point les unes aux ni à ce que les autres avaient composé. Il paraît dans toutes ces pie beaucoup de bonté dans le caractère, d'humanité. Je vis une piéee: Püllnitz, chambellan, grand dépensier.

13 octobre 13. Je suis allé avec Sa Majesté pour voir le camp. Je vis celui M. Daun et sa disposition. Appelé. Il paris des ouvrages de en lut plusieurs pièces. Je disais que j'avais vu du m vers la droite. Il me dit que c'était l'effet du soleil. Jodiequa que tout ceci finirait par des mouvemens. — »Il ne faut rien n'est pas encore fini; qui sait ce qui arrivera.« — Je dis 3

amis que j'avais vu défiler. Il me parla de mon Pre à qui jir la campagne.

14 octobre 14. A4, les Autrichiens attaquent notre droite A Hochkirchen, 1 p. Le Zen prennent le camp. Cela dura jusque vers les 10 heures, que

retirämes avec tout l'ordre possible, sans qu'on osät détacher aucun! p. 185. 1868ard ou cavalier. Le Roi attendait les chariots de pain, aurait mar dans la nuit pour prendre une autre disposition et attaquer prim lach. — Voilà ce que c’est que les affaires de la vie. — Je p.188 Sa Majesté, qui me parut bien ferme. — » Voilà un malheur! réparer cela, s’il est possible.« Ê

15 octobre 15. Les Autrichiens sont dans la même position. Jefns ee a avec Sa Majesté. On parla de bonheur, dont il n'avait ; = is dant sa tendre enfance. Il cita ces vers d'Agamemnon retiré‘ ete. ‚vit dans l'état obseur‘ ete. Je dis que je © réparti également, et que, pour le goûter, il faut être sage. p.190 que de maux !« — Le maréchal Keith. Zell. Geist. La

était en feu. Quel horrible spectacle c'était! On gens, des animaux. Je rentrai. »Je vais tâcher

1758, 11.— 21. Ottober. 315

n vaurapasmoyen. Tantôt je veux lire. Dans deux jours ils auront réponse de Vienne. Alors ils agiront.« 16. Fdr regem. Miki dit quod multum pro Keith, et na réso-

lution etc.

5 17. Je fus le matin: je trouvai Sa Majesté triste. et les larmes aux veux. » Tenez. lisez. voyez! Ne suis-je pas bien malheureux?’« — Je

fus saisi de voir ce Prince avant tant de chagrin. Il me communiqua

une pièce au Marquis fort touchante. écrite à Erfurt l’année passée. sur

ee point : si on ne peut pas se donner la mort dans ses maltuheurs.

IS. Jappris le matin la mort de la Princesse. J'écrivis au Roi cette lettre — — —

Sa Majesté me fit appeler. Je la vis désolée sur cette perte. Nous ne causämes presque point. — »Voyez que d'affaires je dois encore finir!

151 nv a point de vie plus malheureuse. Les rois ne sont pas les plus heureux mortels.« On présenta auivant la coutume le cheval de bataille du maréchal Keith: le Roi n'en voulat point disposer. Il ne voulut pas qu'on demandât un passe-port pour les équipages.

Je fus l'après-diner. Le Roi était accablé: sa sœur lui revenait

20 toujours dans l'esprit. [l ne mangea rien. [ne faisait que boire. tant il était échanffé. Nous raisonnâmes «ur le prix de l'amitié: combien peu il se livrait. On parla de son frère. qui lui avait cause bien den chagrins. t4 pare ut et in hello. — »Ce qui me console. c'est — sans eela je ne vivrais pas. a

25 19. Jv fus. Toujours fort triste. toujours me rappelant son idée. toujours disposé à faire tons les efforts.

Les bataillons ont été battus en détail. — »Adieu. mon cher. je vais penser encore à mon idée.

20. J'y fus à 2. -- » Ah. que je suis affligé' Je n'ai par le temps

so de pleurer la perte de cette sœur. IT faut tenir bon.«

Le prinee Henri arriva. ce qui causa une joie générale.

21. Appelé à 5 heures et un quart du matin. Sa Majesté était fort affligée. — » J'ai bien pleuré hier avec mon frère. Tenez. mon cher. ce nest point la perte d'une bataille qui ément un capitaine ou un guerrier.

3% mais la mort d'une sœur est irréparable. et quel plus doux sentiment que Vamitic'« — Sa Majesté sortit à S. »Je suis allé reconnaitre le “amp autrichien.« J'Y fus le soir. Sa Majesté ctait bien. »A present me voilà en force. Nous verrons comment tout cela finira.« Le massacre à Hochkirk a été terrible. Tout sortait pele-mele du cimetière. Len uns

sose sabraient. d'autres y allaient à coups de eronse. Le maréchal Keitlı. en parlant la veille de la bataille au Margrave. dit comme les Autri-

16 octot p. 142 17 octot p. 193

1# vctol p. 195

1 ıwtol p. 146 p. 102

20 ortul p. 11%

21 «ctol

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chiens devraient nous attaquer et comme il le ferait lui-même; nous faisions la corde, eux l'are.

2 octobre 22. Je suis allé avec Sa Majesté faire un tour à l'aile gauche. Appelé, je parlai de ces trois sentinelles à qui on avait ôté les fusils. = »Cela n’est pas étonnant, si trois dorment dans une armée. Il est bony à p.193 disait-il, »que les rois soient quelquefois malheureux. Ne trouvez-vous pas que nous sommes assez exacts?« — Qui. — »Mais je ne vois pas comment ils nous ont surpris. Mais ces malheurs arrivent tous les cent \ p.199 ans.« — Le général Seydlitz, le 14, dit au Roi: Sa Majesté ne vent-Elle pas retirer l'infanterie?’ — »Mais, Seydlitz, je perdrai la bataillels = Eh bien, que Votre Majesté la gagne!, et s'en alla. à

23 octobre 23. Je fus. Me parla de ses plans et de sa douleur, 24 octobre 24. Appelé. — »Nous partirons ce soir. Allez, rangez vos paquets Ce sera un bon coup, s'il réussit.« — Nous partimes à 9 heures du soir, 5 25 octobre 25. Et arrivé à 2 heures et demie à Ullersdorf, dont le château appartient au comte Nostiz. Il a fait bâtir une maison, où il élève des or phelins. Passé par Gross-Radisch qui lui appartient. I] y a de trés jolis p.200 berceaux. On attaqua des Pandours et hussards; on en prit 25 avec des officiers. 15 Pandours se défendirent vigoureusement dans un fort petit! jardin et y furent tués. On prit un piquet de cavaliers et de fours geurs, un capitaine, un bas-officier et trois autres, qui s'étaient amusé à boire. Je fus chez Sa Majesté à 3. — »Cette marche me réussirs Je erois que peut-être je les obligerai à rétrograder. Les connaisseurs ne trouveront pas cela mal.« La marche se fit avec difficulté; le chemin des Doberschütz est rempli de défilés, de marais, de hanteurs, de hois. Les ponts sur la rivière se rompirent. On voit peu de plaine et de terrain pour asseoir un bon camp. Devant et derrière Ullersdorf on est entourt de marais. Ce n’est que par le flane que le camp est accessible. 26 octobre 26. Parti à 3 heures, et arrivé à 12 heures devant Görlitz. ronte est coupée par des défilés, il y a aussi quelques marais et des! M. Daun, ayant eu avis de notre marche, fit aller en tonte { 25, 11,000 grenadiers et 22 escadrons de carabiniers et enirassiers les environs de Görlitz. Ces escadrons se présentèrent. Le Werner les attaqua avec ses hussards et le général Czettritz dragons. On a pris 8 officiers et environ 450 carabiniers. Le | était jonché de euirasses. Il en a péri beaucoup dans un mar: Roi fit avancer l'infanterie et voulait occuper la Landskrone,

grenadiers y étaient avantageusement postés, avec près de

de canon. Le Noble avec le bataillon france s'empara de la will 27 octobre 27. Reste. J'y fus le soir. Sa Majesté me dit: »Une

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nité s'était fait sentir hier. mais aujourd hui je suis devenu raisonble et sombre.« — Je dis que je croyais que l'on aurait attaqué la ontagne. — »J'aurais pu la prendre, les chasser, avoir 10 canons: ais j'en aurais perdu deux mille hommes, ct les canons ne les valent #. mon cher, on ne les ressuscite pas.e — On crut qu'on aurait pu taquer l'armée en marche.

25. On apprit que l6s Autrichiens marchaient du côté de Schönberg. 28 octobre y fus. Le Roi était triste, parla peu, trouvait cette vie bien pénible. — Que je dois vous ennuyer! Si j'étais moins bête, je ne me proménerais ı8 ainsi. et si J'étais scul. je vous cnnuyeraïis moins.« — Je lui réndis: Votre Majesté ne m'ennuie pas, mais m'afflige.

» [1 n'y a point de cochon comme moi avec ce tabac. J'en prends p. 22. 8 us les jours plus.« — Il me rappela son idée.

29. Diné chez le prince de Hesse, où il se dit bien des bêtises]. 29 octobre en arrivera ce qu'il voudra, j'ai mon absolntion. A l'affaire de Sealitz dit : Toujours de la tiraillerie. cela est insupportable. Au moins ez les alliés, il y a du bon temps, c'était le premier coup qu'il attenit. — Les officiers autrichiens pris le 26 disaient: Nous sommes tour charmés d'avoir battu votre roi que nous perdrions volontiers trois tailles. —- Le Roi écrivit devant Olmütz aux ingénieurs: au lieu de p.119 uronnes civiques ils auraient des bonnets d’änes. O’Donnel disait: ces ficiers font tout dans l'armée. — Le duc d’Aremberg et Buccow attaièrent la gauche, le corps de Retzow arröta leurs efforts. Brentano deanda à parler à Anginelli, causa si bien avec lui qu'il donna le temps ı convoi de passer. — Le maréchal Daun avait placé 40 canons d'un té. 40 de l'autre. On disait: pourquoi ces précautions?” peuvent-ils happer?

Eté chez Sa Majesté à 4. Nous avons parlé de guerre. Parti à 5. rivé à 6 au faubourg. Je fus encore chez D. D. Il étaittriste. Nous ‘ons parlé de poésie, et cela le distrayait. »Si j'étais plus content. je ntinnerair à faire l'histoire de la gucrre. avec les plans, description iterrain.« Görlitz est dans un fond. Il y a une imitation du Saint- p. 201 ‘pulere. [Le maitre avait trouvé la position ressemblante, mais ayant iblié de bien examiner les serrures. il fit de nouveau un voyage pour s considérer. Point appelé.

30. Parti à 6, arrivé à 3 à Lauban. ville petite. Ce que j'ai vu de 34 octobre ns. IA paru assez poli et honnête. Bien mis et assez beau. Je vins ‘ec les hussards de Werner et les bataillons francs qui faisaient l'ant-garde: l'arrière fut attaquée plus vivement qu'efficacement. On a p. 201. 202 rdu près de 100 hommes. Le général Buccow fat blessé au travers du rps. On a fait des prisonniers. Le chemin est entrecoupé par des dé-

31 octobre p. 197.200 un peu du mauvais pas. »Je vous dirai bien en confidence que less

1er novembre

2 novembre

3 novembre

378 Tagebiiger von Heinrich be Gatt.

files, de petits torrens. Il y a un bois à traverser. Le pays est plus plat que dans le reste de la Saxe. La ville est commandée devant et à gauche par des hauteurs.

31. J'y fus au soir. Sa Majesté me dit qu’elle commençait à se tirer

| affaires de l'Etat ne sont pas désespérées, mais celles 2 cœur le sont. Ah, si vous lisiez dedans!« On parla de la bataille. »Je erois qu'on trouvera que j'ai bien réparé. — Je dis que Sa Majesté aurait pu s'écrier comme Ajax : O Dieu, rends-nous le jour! — »Aly dit-il, »nous avions assez des Autrichiens.«

1" novembre. Parti à 7 heures de la ville avee la compagnie dés gardes, dont il déserta un qu'on reprit. Arrivé aux hauteurs, d'où jai vu la retraite, qui s'est faite avec un ordre admirable. M. London, disait-on, y fut blessé, mais cela ne prit pas créance. Arrivé à 4 à Li- | wenberg, passé par la Queiss; des bois; après ces bois il y a des hau-ı | teurs qui se suivent, ce qui fait un joli coup d'œil. La ville est dans un fond. Le terrain près de là est fort pierreux. La ville est rempliede jolies filles. Logé chez le ramoneur emprisonné à Glogau, soupçonné d'être espion. On dit qu’on nous avait enlevé 100 dragons, 60 chariots de pain, et qu'ils entraient dans l'artillerie. Le prince de W 1 les chassa. On aurait pu éviter facilement cela.

2. Parti à 7. Arrivé à Pombsen, triste village dans un fond: Le chemin est rempli de défilés et mauvais. En passant par Armeruh, je descendis chez le seigneur, le colonel Vitzthum, qui m'offrit un bon dé jeuner. Il cause bien et parait avoir de la franchise. Loge ches les maître d'école, où je fus bien. Point appelé.

2. Parti à 7, arrivé à 3 heures et demie à Jauernick; assez bienches un bon paysan, d'où je fis décamper deux hommes. Diné à 7. SaMsjesté me fit appeler. Elle était très fatiguée. On parla de Madame la marquise du Châtelet: quelle se faisait baiser, mais seulement LE géomètres ou des poètes; qu’elle était bien avec Maupertuis, et que d& tait là le commencement de sa haine avec Voltaire dont celui-clétsit. jaloux. »La physiognomie de Maupertuis, dit Sa Majesté, est ia a maussade que j'aie jamais vue, mais il est brutalement honnêtelht il ne cède jamaise. La Marquise voulant faire une expérience sur brüla toute une forêt et fit aceroire à son mari que c'était me g qu'elle lui faisait, pour qu'il eût une belle vue. — Elle se mit bain très chaud, pour voir jusqu'à quel point elle pourrait, chaleur. Elle y serait restée sans sa femme de chambre qui a propos. — Elle attendait Voltaire de Potsdam; comme il qu'il avait encore quelque manigance pour gagner de;

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elle vint à sa rencontre à Bruxelles. Ne le voyant point. le croit infidèle, prend de l'opium. On l'arrêta.

Le chemin de Pombsen, a été d'abord deux grands défilés, et à la vue de Jauernick nous avons eu la plaine. Quand nous aurions battu, 5 nous devions retourner en Silésie, à cause des magasins. Djaun] a fait une faute de ne pas occuper Görlitz. Les magasins de Torgau et de Dresde ne pouvaient pas nous suffire.

4. Je fus à 5. Il me dit qu'il avait pleuré sa sœur, et quand dans inovemt

ces momens de repos il pensait à elle, il pleura encore. Il me parla ıvavce les plus grands éloges du prince Ferdinand, son frère, de la bonté

de son cœur; du prince Guillaume : cita des morceaux d'Zphigénie qui

avaient rapport à sa situation. la fin du premier acte : il ne leur reste

pas le temps de pleurer: il en lut quelques endroits. Cela mena au spec-

tacle. Il me cita des morceaux d'opéra, en chanta. dit que la Stuart 15 était une admirable actrice.

5. Parti à 4 heures. Passé par Schweidnitz et arrivé à 2 à Girls- 5 novem

dorf. Nous avons laissé Reichenbach à droite. Le terrain est uni, et à un quart de mille du village il y a des bois et un chemin fort pierreux. Le terroir est fertile et bien cultivé. Il y a des hauteurs assez honnes

zu pour y asseoir un bon camp. Point appelé. Je fus avec les hussards de Puttkammer à l'avant-garde.

6. Parti à 6 avec l'avant-garde des hussards de Werner, arrivé à 2 6nov

à Gross-Nossen. à 2 milles de Münsterberg. Le chemin est assez bon. On a passé par deux bois. Nous avons laissé Frankenstein à notre 25 droite. et à la gauche de Münsterberg il y a des étangs. Passé par Gross-Heinrichau, où il y a un couvent de Citeaux dont les Pères sont très polis. qui nous offrirent de l'excellent vin. En arrivant. les paysans disaient que les ennemis s'étaient retirés. d'autres qu'ils y étaient encore. Le Roi envoya un hussard de Werner suavec 200 chevaux. Il apprit que les ennemis avaient décampé. que le général Treskuw avait attaqué leur arrière-garde. avait tué 200 hommes. pris 400. outre les déserteurs. Je fus témoin, lorsqu'on annonça cela au Roi. qui soupait avec Seydlitz, le prince Würtemberg. Il parut assez tranquille, joignait les mains. et. quand on vint à l'article de Treskow, les 35 leva en l'air ct dit: Patience! — On voyait à son sourire qu'il était content. Il renvoya très gracieusement l'officier. Je fus chez Sa Majesté: elle m'apprit qu'on avait levé le siège. »Cela vaut mioux, il n'y a pas eu

de sang répandu, ct cela soulage les troupes. Voilà bien des fatiguese«.

dit-il. — Oui. dis-je. on sentira mieux le bien-être. — »il n'y on a plus 4u pour moi: je pense que nous nous retirerons chacun chez nous.«

7. Le Roi partit à 7 pour aller à Neissc, escort& du régiment de 7nov

380 Tagebücher von Heinrich de Eat.

Werner, des dragons de Czettritz et Würtemberg, un peu d'infanterie, du eanon.. Le Roi renvoya tous ceux qui étaient à sa suite. J'ai été appelé. Il me dit qu'ils avaient assez avancé, que son inquiétude était pour la poudre ; qu'à présent ils étaient loin. Me parla de ses fatigues, “Je n'ai pas aujourd’hui l'esprit d'opéra, mais tragiques. — Sur une à question que je lui faisais, me parla des brochures, du bon effet que haberent. Il nous fit, à M. Cocceji et à moi, une description très simple, mais très juste, de tout ce qu'il avait fait depuis son entrée en Moravie, vanta extrêmement ses hussards. »Je les aime, dit-il, ils ne se plaignent jamais et ils souffrent beaucoup. I] y a des capitaines qui valent mieux 10 que la plupart de mes généraux. A présent je retourne vers le gros caputcésarien. Je voudrais que ces 30,000 fassent dans le fond de l'Arabie. On ne veut pas de la paix. Il nous faudra battre jusqu'au dernier homme et jusqu'au dernier eanon«. — Le récit abrégé qu'il fit de toute cette campagne est des plus intéressans et ingénus. Avoua ses} fautes.

Snovembre 8. Parti à 6, arrivé avee le Roi et l'avant-garde des gardes du corps p.131 à Girlsdorf. Je fus avant diner auprès du Roi. Me cita des morceaux d'Athalie. Fut frappé d'un où l’on exhorte Joas de se défier des flatteurs. Que la royauté était dangereuse. Il trouva que les hommes étaïentin- , justes envers les femmes: qu'on se permettait des dérèglemens et qu'on ne leur en souffrait point. — »Je sais bien que je ne ferai jamais de lois; mais celles pour les femmes ne sont pas justes. Une infidélité du mari exempte la femme d'être constante.« — Je le niais. — »Chacun a ses idées.« — Il me parla de la femme du due du Maine, qui était Iaide,» bossue et méchante. | Quelqu'un disait au Roi dans l'affaire du 14: Ce n’est pas là le che- | min de Bautzen, et je ne veux pas me retirer là. Voilà un camp que je prendrai. — Ce Prince avoue ingönfment ses fautes et vent qu'on metie le bien comme le mal dans les relations. »

Pnovembre 9. Parti à 7, arrivé à midi à Schweidnitz, avec les gardes, que nous laissämes à un quart de mille de la ville. Le Roi vint seul au galop en ville.

On a ouvert devant Neisse la tranchée le 22, décampé le 3 avec l'artillerie, le 4 avee l'armée. »

Nous avons pris aux ennemis 963 pièces de canon depuis Rosshach. Nous parlämes des fatigues de la campagne et des littérateurs. 1 se rappelait très bien que je lui avais parlé à Königgrätz d'un Jésuite qui était habile. On parla de Gottsched à Leipzig, qui est un pédant, un ignorant et qui ne sait que la grammaire. — Des vers qu'ilavaitit faits, »Je les ai travaillés pour mon plaisir. Je sens très bien qu'ils sont

1758, 7.— 15. November. 381 éloignés de la perfection: je les faisais avec joie dans mes beaux jours; mais il n'en est plus pour moi.«

10. Je fus chez Sa Majesté. qui était très fatiguée. On parla de

euerre et de la fin de la campagne. Je lui dis que j'avais diné avec des

> Autrichiens chez le général Zastrow: qu'on trouvait dans l'armée autrichienne qu'il ne régnait plus dans la nôtre cette belle discipline, que nous étions des pillards, qu'eux étaient plus exacts, qu'on savait micux contenir les paknets, vivandiers. Je vis le fort N.

11. Parti à 7. arrivé à midi à Rohnstock. Logé chez le maître d'élo ecole où il y avait bien des vierges. Très bien. Je fus chez Sa Majesté avant diner. Elle me déclama quelques morceaux de Bajazet, se trouvait mieux.

» Je crois que dans 15 jours tout peut-être sera fini. Il y aura quelque chiquenaude en passant la Queiss.«

En Siléaic il y a 13000 villages ct 700 villes. Je fus le soir. Nous parlämer d'accouchement. Il m'en fit la description, comme cela sc fai-

10 novembre

1! novembre

sait: du système des ovaires. Des prophètes nouveaux ‘voir No. 1). Ep. 206.2

trouve que c'est dans les grands dangers qu'on y croit.

12. Parti à 7, arrivé à 1 à une ville nommée Schönau. Loge chez zule maître d'école. Je fus chez Sa Majesté. qui me parut bien et assez waie. Me parla de ses marches qu'il croyait un peu dérangécs: de la mort : que ee n'était bien, mais que la douleur était cent fois pire: de la débauche qui régnait: de la façon dont il traitait les affaires de galanterie: qu'il tächait, autant qu'il pouvait, d'y mettre unc gare.

13. Parti à 7, arrivé par un assez bon chemin, quelques défilés, à Löwenberg à 1 heure. Je fus. Sa Majesté était très fatiguée et était depais 3 heures à chercher à se réchauffer. — »Je suis, dit-il. comme quelqu'un qui cherche la fin d'une épigramme et ne la trouve pas. Je ne vois pas comment je trouverai la fin de ma campagne. Que je suis las! sa je ne vaux plus rien, mon cher. que pour la voirie.« — Il me parla en-

core de son prophète de Schweidnitz qu'il croyait avoir attrapé. Il me répéta quod direrat mihi pride.

14. Je fus. Sa Majesté était accablée et avait par tout le corps des

ebnllitions. Nous parlämes de Racine. Il me cita ces verr: , Est-ce un 33 #i grand mal de häter un moment que les Dieux préparent à tous? — » En linant ce Racine. je me fais illusion sur ma situation. sur celle de mon cœur, sur Ines maux. Je sais ceux-ci et je ne sais comment.« — Quoi, d'un prêtre est-ce là le langage ”:

Tout est débauché dans cette ville.

15. Parti à 7 heures. arrivé avec l'avant-garde des hussards de Puttkammer à 11 heures et demie à Lauban. Le Prince ITenri nous

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382 Tagebücher Em Deinrid be Eatt.

joignit avee de la cavalerie. J'y fus. Sa Majesté était fatiguée, avait un pen de fièvre. — »Toutes les petites nouvelles que je reçois paraissent favorables, mais tout cela ne dit encore rien. Il faudra voir.s Voilà toujours de terribles marches. Tous les fauxbourgs sont brûlés. I faut avouer que ces pauvres gens sont à plaindre. Le Roi) de Piolognel # a demandé des dédommagemens. On s'est moqué de Ini. Les Autrichiens auraient bien pu leur épargner tout cela.

Mon hôte m'assomme à force de me faire politesse. I] ne vent pas me?quitter un instant. I] sait que je n’entends pas la langue, et il #'opi- | niätre à me parler et reste planté là comme un piquet. ”

16 no- 16. Parti à 7 heures avec l'avant-garde des hugsards de Putkamer,

venbre arrivé à 12 heures à Görlitz. Logé au faubourg chez l'homme du Saint- Sépulere. Je fus avant diner. On parla du froid. qu'il espérait que tont irait. Le soir, il me dit qu'il avait appris des vers, me les cita. Un morceau où il est parlé d'un homme qui flatte les passions desis rois. Nous parlämes sur la difficulté de rechanger les vers. Je citai

p.155 ceux-ci : ‚Celui qni met un frein à la fureur des flots‘. I] les changes et me les donna. — Il n'y a qu'un endroit dans Bajazet qui doit être appris.

On vint apporter les aigles. Cérémonies à ce sujet. »

» Nous aurons bataille, s'ils s'opiniâtrent là: il en coûtera des têtes, Mais que faire? j'ai traité plus durement la ville de Leipzig que les autres années, à cause de ce que le prince Charles m'a fait. C'estun saccageur. Bon, il n'y a que dix maisons de brüldes.«

Nitman mon hôte à Lanban. se

17 no- 17, Parti à 7, arrivé à 2 heures avec les gardes du corps, à 124

vembre Maltitz, près de Weissenberg. Loge chez un bon paysan avec Randon et Guichard. Ils croyaient à Lauban qu'ils ne nous verraient plus. Les Autrichiens disaient qu'ils nous avaient chassés de In Saxe: Les habitans se livrent à la joie, maltraitent nos gens prisonniers, leur erachent même au visage. Leur frayeur fut terrible en nous revoyant Mon hôte eroyait qu'on pillerait. Il m'offrait tout, je refusais tont. Je le rassurai. Les Autrichiens ne sont pas aimés là. Ils appellent les St «

p.201 xons les eanailles de Luthériens. :

Je fus. Sa Majesté me lut encore le Due de Foix, trouva cette pièce d'une grande force, celle qui l'avait le plus frappée, “Ze du diable. — 11 l'a composée à Potsdam. Voltaire avait appelé Lisois Chevalier de Couci. Il le changea, craignant que le parterre Couei-couci.

p.123 ‚Daigiie, mon Dieu, sur Mathan (Kaunitz) et sur elle‘, d'une pièce d’Athalie,

1758, 15.— 19. November. 383

»Je crois que ces pauvres Saxons auront la paix cet hiver: qu'en nsez-vous?

»On n'oscrait pas. ni moi, en faire. Je n'agirai pas certainement ns mes alliés et le roi d’Angleterre.« — Nous parlämer de ce que les itrichiens pourraient faire.

Le froid est très vif depuis Lauban à Bautzen. Dans ce dernier droit le bois est très rare. chaque jour on a détruit six granges pour a fours.

G. en perruque à Utr. à 3 nœuds mangea avec le Professeur à la acc Royale. donnait un soufflet.

IS. Parti à S heures. après avoir été une heure avant chez le Roi. ui eritiqua le Due de Foir et m'apprit que Daun était loin. — Ils sont | diable. dit-il.

Arrivé à 12 à Bautzen chez le bourgmestre Ilorst. C'est une chose en étonnante de voir le camp des Autrichiens après la bataille du 14. mt comme #ils avaicnt été vaincus. Sur der hauteurs avec de grands tranchemens. Le maréchal Daun vint après notre départ jle 14 vcbre:. fut d'abord à la messe. et. en passant à Görlitz. descendit pour ir le Saint-Sepulere.

Le Roi envoya Coceeji pour voir si l'on pourrait retrouver le corps ı marcehal Keith. On le trouva. Les Autrichiens l'ont dépouillé et le térent pele-mele avec d'autres. Le maître d'école qui l'avait logé trefois, pria le prince de Durlach de lui permettre de faire un cereil et d'y mettre le maréchal. — »Cela est très humain. dit le Roi, il érite récompense. Il faut transporter le mort à Berlin et l'ensevelir ee les honneurs qu'il mérite. quoique ecla soit bien égal pour le pauvre aréchal.c

Le Margrave. le 11 loctobrel, dit à Keith: Maréchal. seriez-vous esaé” - Un moment après il tomba. Ce sont là. dit le Roi, de tristes reonstanees. Tous ces gens-là sc sont retirés, dit le Roi. C'est l'effet. t-il. de ma prière ‘Daigne ete. — Me lut du Dur de Foir, qu'il eriqua: quelques morecanx d'Oreste.

Je vous donne mon cœur. dit Voltaire, en parlant d'une de ses piè- #. —- Vous me donnez. dit l'autre. la plus mauvaise partie de vouscine.

Il montra à Piron la pièce Oreste. — Qu'en dites-vous? — Que vous udriez bien que je l'aie faite?

Sa Majesté. en allant à Bautzen, a vu et examiné les différens maps des Autrichiens.

19. Parti à 7 heures. arrivé à 2 par de mauvais chemins entreeous dean à Pulanitz. Le colonel de Gersdorf a un château. La ville est

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384 Tagebitder von Heinrich de Eatt.

très petite et presque toute de bois. On dit au fils fort drôle que j'étais venu pour faire la paix. De joie il me passe la main sur la joue et le menton. Je lui donne un coup. J'ignorais ce qu'on Ini avait dit en allemand. — Quelle manière, dit-on, savez-vous à qui vous avez affaire! — Ah, mon Dieu, je suis perdu, qu'ai-je fait? 5 20 no- 20. Parti à 7, arrivé avec les hussards de Puttkammer à 11 à Dresde. vembre Je fus chez Sa Majesté. — »Eh bien, mon cher, tantôt dans les cabanes p-212 des pauvres et dans les palais des Rois.« Il me lut Sémiramis et Oreste. — »La premiere ébauche de ce dernier était mauvaise, il l'a bien corrigée.« — Me dit comme tout se traitait ici à la eour. On vient de recevoirlh des nouvelles, il faudrait répondre telle chose, oui, cela est bon. ı 21 no- 21. Sa Majésté me Int le Duc de Foix, Mariane; me parla de la vie Lo que le Roi [de Pologne] menait. Donnait deux bons sonfflets à ses bouf- F7 fons, un coup de pied au derrière. — Ah, cela me fait mall On risit, les renvoie. — »Je crois que jamais tragédie n’a été lue ici.e L 22 no- 22. Sa Majesté n'était pas bien ; me parla de ses maux. Je dis que vembre cela passerait. — »Attendez la fin d'octobre, et après tout, qu'est-ce que cette viel« 23 — 25 23. Me Int de l’Orpheline de la Chine. Le 24 et 25, a In toujours des novembre tragédies. Me parla de Luxembourg, hai par Lonvois. Celni-ei eri-# gnait qu'il ne devint trop grand. Le fit accuser de sortilöge, à cause qu'en partant il ordonna à son homme d’affaires de vendre un bois. Neleft pas. Dit à une femme son embarras. — Proeurez-moi la main de M. le maréchal. Fit signer un écrit. La femme le remplit de signes mystiques. On aceusa là-dessus le maréchal.

26 no- 26. Lut Zaire, dont le commencement lui deplait. »Avonez, ne venbre mené-je pas une vie solitaire

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