‹ Unterhaltungen mit Friedrich dem GrossenChapitre 23 sur 37 · écrites avec beaucoup d'exactitnde · texte numérisé non relu

écrites avec beaucoup d'exactitnde

„Il eat bien bon qu'on ne voic pas la fin de toutes choses. Quand dans la Jeunesse on se détermine à un poste. comme on est trompé, que d'envieux on trouve. Vous verrez la cour, et vous y trouverez des gens p.°1 bien faux. qui se feront une fête de vous trouver des ridicules et d'en

se parler.“ „Voltaire est comme un oisean ou perroquet qu'on doit mettre dans p.71

pa

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sa cage, lorsqu'on en est las; mais il faut bien prendre garde, comme on parle, afin qu'il ne répète pas les derniers mots.«

Dans la nuit du 13 au 14 [novembre] Daun décampa; nons le talounâmes assez près. Leidmats est sur une hauteur, il y a des défilés affreux; en général, ce terrain-ci est bien coupé, ce sont tous des postes: # Finck, qui par le poste qu'il occupa à Nossen, força les ennemis de se retirer, occupe Dippoldiswalde; Wedell Meissen; Kleist Maxen. Dentrera en Bohême. Le Roi poussa vite, monta à cheval, vit l'ennemi on le corps de Sincère.

»On trouve par ci par là de ces excellens caractères; Re | pardonne en leur faveur à toute la malignité humaine qui est extrême. Il n'y a rien de si mauvais que l'homme. Il ya des esprits si de travers qui voient tout de travers; j'en ai connu deux comme cela, Rothenburg et le comte de Schulenburg. Ce dernier était éclairé, mais il avait fait, | un salmis de tout.« — Le Roi en passant l’Oder s'était tronvé dans cet, endroit où Schulenburg fit sa retraite devant Charles XII. Cela don occasion à faire ces réflexions sur Charles.

»Jeune encore,« me disait Sa Majesté, »je ne voulais rien faire! toujours en course, ma sœur de Baireuth me dit: »N’avez-vons pasde honte de négliger vos talens?: — Je me mis à la lecture; je lus das romans; le marquis d’Aube m’en donna. J'avais attrapé Pierre de Pre vence; on ne voulait pas que je le Iusse; je le eachais. Je conchais entre le général Finek, mon gouverneur, et mon valet de chambre Quand ils étaient bien endormis, j'enjambais le lit de mon valet, je passais dans une autre chambre où je trouvais une lampe dans 5 minée. Je m’aceroupissais là et lisais. Mais, un soir, la toux prend an Maréchal ; il ne m'entend point respirer, tâte, ne me trouve point, erie. Je cours vite, je dis que j'avais eu quelque besoin. Je cachais mis livre et je ne m'y frottai plus depuis. » Mon prince prenes garde à vous! « et je pris garde. — Quand j'ai eu Rheinsberg, j'y ailn et peut-être trop. J'ai fait des extraits de tout ce que j'ai In; ce faible que je ne puis pas soutenir que l'on me demande des livres J'ai toujours soin d'exercer ma mémoire, et je ne sais comme cola = rive, j'ai plus de facilité à apprendre les vers que jamais. "Us toujours pour lui un plaisir, lorsqu'il en peut réciter des tirades.

On attendait des nouvelles de Finck. L'armée campe vers’ dorf, s'étend vers l'Elbe. Diericke a passé l'Elbe; Finek, 4 diswalde, est à Maxen, Wunsch à Dohna. Les Autrichiens sont)

J'envisageais comme très humiliant pour eux is en passant l'Elbe, c'est ce que je disais. On ero; à Dippoldiswalde; mais ces gens-là ne pourraient

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de vigueur, un bon corps se porter là, un autre bon entre Dohna et Maxen, un autre vers Pirna? C'est ce que je craignais et je crains encore. Finck est forcé alors de se retirer peut-être avec désavantage. Sa Majesté dicebat: » Dans la guerre on ne peut pas trop espérer, 5 ni désespérer: un incident qu'on ne peut pas prévoir, dérange tout, ou fait un bien infini. Si mon plan ne réussit pas, ce ne sera pas ma faute.« — Mihs apparuil quod parve timebat de eventu et illum esse paulum ob- Jectum. 19 novembre.

L'armée n’aurait-elle pas pu se porter un peu plus à la droite, pour iuêtre à portée de Dippoldiswalde? J'ai vu les retranchemens des Autrichiens. Il ya un grand fossé, ensuite un glacis de vingt pas, conduit à un petit retranchement élové de terre, derrière un fossé où le soldat se tient, ct une banquette. Le feu par là doit être rasant. 11 faut douze millions d’&cus pour une armée de 80,000 hommes, 15 cinq millions au moins pour les magasins. Un canon de 12 pèse 1800 livres. sans affüt. portera 2000 pas: un de 24, 4000 pas: il faut six livres de pondre pour un boulet de 12.

Le 20 on apprit que Kleist avait brûlé le magasin d’Aussig et un autre avec des villages en représailles, pris deux généraux aux bains, 20 Büluw et Browne. Il a amené le premier, 8 officiers, le bagage de ces dix: mais on était inquiet de Finck: on savait que Sincère avait occupé

20 novembre

Dippoldiswalde, on avait entendu une canonnade très vive. Hülsen p. 26!

envoyé vers lui n'était qu'à Klingenberg. Tout cela inquiétait. Il avait

appris multos versus, parla sur tous les poètes: qu'on n'avait plus à 25 choisir des sujets: sur les dettes qu'on contracte sans espérance de pou-

voir payer, ce qui est d'un malhonnête homme; sur ce qu'il s'apercevait

qu'il n'était plus heureux, que son beau temps avait passé. — »Voyez-

vous. quand on ouvre ou que j'entends le moindre bruit, je crois que

l'on apporte des nouvelles, et je devrai peut-être me coucher dans l'in- 30 certitude. «

On se réjouit de ses succès, on croit, quand les affaires vont bien, que tout est dérangé chez les autres: on s'enhardit, on fait des démarches vives. on Aabet rontemptum, et hostis de nous profite.

Les hommes sont étranges; ils ont du plaisir d'abaisser le Roi, pour

3S élever le Prince: d'autres vice versa; mais est-on raisonnable? Le Prince agit avec ménagement: mais il a à répondre, l'armée n est pas a lui. Et condamnera-t-on son frère qui, maitre, peut entreprendre davantage? et ne peut-on pas hasarder un peu, pour espérer de gagner beaucoup? En les poussant ainsi, on leur fait perdre ou gagner du 4utemps, et. les tronpes ayant souffert assez, la campagne ne s'ouvre pas

21 novembre

406 Tagebücher von Heinrich be Gatt.

Notre marche d’Herselstein vers Krügis était hardie. L'ennemi savait-il ee que nous étions? La difficulté d'avoir des canons: les troupes qui arrivent tard. On dit: si l'ennemi avait entrepris; mais nous parlons, nous qui voyons les choses.

En restant à Dippoldiswalde, peut-être se retiraient-ils d'abord: à leur faisait-on une affaire d'arrière-garde favorable, on ne perdait presque rien. Les troupes entraient d’abord en cantonnement, et tout cela peut changer. Je l'ai toujours eru que les ennemis nous laisseraient leurs tentes vis-à-vis de nous, pour nous masquer, et qu'ils feraient re pour attaquer un Corps.

Je ne suis pas militaire; mais ce que j'ai vu, me persuadée qu'il faut toujours laisser clair l'ennemi qui veut aller, et ne l'entreprendre que lorsqu'il ne peut revenir en forces sur ses pas, contre des gens qui doivent toujours aller en forces, quelque faible que paraisse l'arrière= garde, afin que, si l'ennemi avait fait quelque masque, on ne 1 frit pas un échee, où un affront, qui décourage sonvent autant que le premier.

21 novembre. »On a«, me disait le Roi, »un ami: on l'abandonne, dès qu'il commence à être malheureux, on n'ose pas le soutenir devant son maître, souvent quand on pourrait aisément le faire: des cela est vrai.«

Pourquoi la plupart eritiquent-ils et rient-ils de ce que ee. pressé l'ennemi? C’est que la plupart auraient voulu vite entrer à Dresde, dans leur quartier.

II est bien étonnant de voir de petits écoliers censurer la po d'un chef qu'on admire, et dire après cela: Voyez, ne l'avais-je pasdit

Il est vrai, Zimui, quoties mihi parlait cum fiducia : »ls tur, tout ira.« — Le succès ne répondait pas à Olmütz, à Zorndorf, kirehen, devant Posen et Kunersdorf. Quando locutum est in dubio, bon Juit : vers Sealitz, vers Reichhennersdorf, Neisse, vers Dresde passée. .

Les Autrichiens ont fait de grandes fautes; mais si cela coni deviendront redoutables. Ignore-t-on combien peu potest un lorsqu'il doit toujours demander des ordres : Attaquerai-je?

Ici il se laisse enfermer, on crie contre lui; mais ne pou) partir, a-t-il eru que le meilleur pour lui était de voir son. ainsi qu'il pourrait profiter des endroits faibles; car peut-on avec la même force dans tous les endroits où on enferme?

Derclinquitur equitatus à Dippoldiswalde, pour g: était-ce contemptus ?

On s'effraie, on voit noir; mais cela est-il impardoı

1759, 20. 21. November. 407

a eu de mauvais succès, quand on se voit entouré de tant d'ennemis, lorsqu'on soutient depuis quatre ans une guerre si meurtriere? Mais il est impardonnable à un général. à un lieutenant-général, à un officier, de marquer ses alarmes, de les faire sonner devant toute une armée.

5 C'est le sort d'une armée qui a toujours vaincu et qui se voit une fois vaincue, de se décourager tout à fait. On s imagine que le tomps du bonheur est fini, qu'une certaine fatalité amène le temps malhoureux. On oublie qu'on a toujours vaincu: un homme qui a eu des douceurs, les oublie, dès qu'il a une douleur violente, il craint ses retours empoi-

10 8onnans.

Il faut des coups hardis dans la guerre, par conséquent dangereux: mais il ne faut jamais les entreprendre sur l'idée de la faiblesse ou du manque de tête de l'ennemi, et, si le coup manque, que cela ne fasse manquer le point capital. Un homme qui va pied à pied, qui n'entrdprendi

15 jamais rien, réussira, je crois, faiblement: il n'en est pas de la guerre comme au jeu d'échec; ici on a tout le temps, et non pas là : si je ne finis pas mon jeu, je puis le renvoyer à demain: mais si je ne finis pas la campagne. qui sait si je la finirai l'année suivante? L’eninemi, change la partic.

20 Tel aurait été un sot et l'aurait toujours été, qui par une circonstance heureuse à laquelle il n'a point de part, se fait une réputation, parce qu'il a été comme forcé de faire une belle chose. sans savoir qu'il on faisait une belle.

Les fautes des autres souvent dans toutes les affaires de la vie. et

25 surtout dans la guerre, font notre réputation d’habile homme, d'homme prudent, d'homme de grandeur d'âme, de fin, de grand politique: où expose-t-on un plan, il dit : J'avais la même idée: et s’il ne craint pas d'être démasqué. il dira à d’autres : » Je crois que dans tel cas on devrait agir ainsi: il se fait une réputation d'homme habile.

sy ‚Vous aurez affaire à un honnöte hommec«, me disait quelqu'un un jour que j'allais lui faire ma révérence: je l'ai craint depuis, je me suis toujours méfié de lui.

‚Vous êtes bien courtisan:, me disait un autre, quand je dis au Prince : » Bientôt Votre Altesse enlévera tous les magasins; — et cet

3; autre disait : Votre conversation vaut mieux et m'est plus agréable que les meilleurs livres.

Qu'on se trompe en faisant sa cour : on salue les domestiques, on les embrasse même. Je l'ai vu, et je crois que rarement un domestique osera parler: il pourra faire peut-être beaucoup de mal, mais pourra-t-il

wfaire beaucoup de bien? J’en doute; et qui sont ceux qui font ainsi le plus bassement leur cour? Ce sont le plus souvent ceux qui ont le plus

». 262.263 On savait de plus grands malheurs, dès les 4 heures, et on ne le

en ER

p.264 ajyebat, »cela est-il possible, serais-je venu apporter mon

p.265 »Voyez comme j'ai été malheureux : traité durement par um

p.265 puis je rendais mon manger à assiettes. Je n'avais que B

408 Tagebiider von Heinrich de Catt.

de naissance. D'où vient eela? Peut-être ont-ils plus mn x parvenir. Le soir, ce 21, étant de mauvaise humeur.

Vers les 6 heures du 21 je fus. L'avis était que Finek Bi chassé l'ennemi; mais qu'ayant laissé Rebentisch, il avait êté r

pas au Roi : quelle conduite! Une affaire de cette espèce ne elle pas de prompts avis, pour prendre des précautions? — ». me cachez rien, je vous prie!« — Je dis qu'on disait qu'on a oe à Dresde 200 prisonniers, qu'on voyait arriver des chariots vers le qu

tier de Daun; de petites troupes de gens à pied de six. Cela ing Je dis que dans toute affaire on prenait de part et d'autre des — »Vous voulez amalgamer tout cela. Je ne suis pas riche; donnerais bien mille ducats pour être au fait.« Il n'était point déserteur; enfin arrivent deux paysans qui disent que Finck a attaqué et que tout son corps avait été pris. Quel coup! — 4%

Saxe! Qu'en pensez-vous? Si cela est, c’est un coup affreux. sonne n’aura-t-il pu s'échapper ?« — Il allait « me ad colonel E »Je ne puis le croire et c’est horrible.« — Cependant il écrit au Hülsen à Freiberg de se replier, si cela est vrai; il écrit à son fait venir le conseilller] Eichfel].

»Voyez-vous«, disait-il au commencement à l'arrivée des »quand il y a du succès, mon imagination grossit les choses, d'une grande inquiétude dans un malo.«

22. Que ce coup est triste, au moment de finir la campagı façon la plus brillante, forcer les ennemis de se retirer, aller, repos et faire reposer les troupes, les laisser dans leurs quartié la confiance que, malgré des malheurs, on avait chassé l'ennemi, de la désertion, laisser les Autrichiens avec une retraite pénible. méfiance de leur général, de leur force et de la supériorité p et tout cela disparait de la façon la plus douloureuse.

Le soir, je fus depuis 3 et demie jusqu’à 9, Il était bien venait à la même idée. — » J'aurai done apporté mon malheur — Je tâchais de le distraire, mais cette image revenait

Variantes et Basnage. Le malheur m'a toujours heureux qu'à Rheinsberg. Ah, si cette paix vient, pou! de vivre un peu pour moi-même, de me retirer et vivre.

1759, 21.— 24. November. 409

I versus condidit sur la parodie de Voltaire sur l'Ecclestasta, et il peignait ses malheurs.

»Je suis comme dans la braise. J'ai des mouvemens d’impatience. d'indignation et de colère: il me semble. guod sim ratenatus Sel quod eus rumpere rolo: au moins ec sont des misères ce que je fais: mais je me distrais, et à quoi sert la philosophic?” peut-on changer les malheurs? Mais il en coûte toujours. on a beau dire.e — 1] répéta :

... Triste destin des rois!

1w Teureux qui satisfait de son humble etc.

Il est vrai qu'il y a dans les affaires de la vie des choses qui étonnent. Le Zer a été heureux vis-à-vis de généraux habiles. et toujours malheureux vis-à-vis de) Dauni. Il peut y avoir une raison bien simple : vis-à-vis de généraux habiles il prend toutes ses mesures, vis-à-vis de

15 l'autre il se négligera, parce qu'il le méprisera trop.

23. Le matin il y eut une alarme. On se mit en ordre de bataille. Daun. Laey. Esterhazy était venu reconnaître, on crat qu'il voulait nous attaquer. Je fus appelé vers les 11 heures. Il me montra ce qu'il avait corrigé. Le soir j'y fus et y reutai trois heures. Je fis tout pour le dis-

2utraire. On parla de poésie. de philosophie. — »Si cela me distrait. qu'importe? cela est assez bon.«

Le maréchal Schwerin ne voulait point de bataille: il voulait aller à Königgrätz prendre le magasin. aller de la à Vienne: si les Autrichiens décampaient de Prague. le Roi leur tombait sur le corps. et le tout alors

2% était fini.

J'ai été chez le Roi. qui m'a montré ce qu'il avait fait, toujours bien sensible. -— »Il faut que je vous le dise naturellement. Si je quitte la Saxe. Je suis perdu.« - - »Plüt au Ciel. éerivit-il à son frère, le même soir. #que J euRse Qu encore la goutte. cinq ou ser bons dies.« Toute cette

suncène-là montre ce que c'est que les affaires de la vie: un moment heureux décide dans un instant des évènemens les plus grauds. Il parait que Finck aurait dû être informé de la marche de l'ennemi. Si l'on avait su quils attaqueraient avec toute leur armée. qu'ils ne laissaient que 12.000 hommes dans leur camp, quel coup on aurait pu 35 porter!

21. Nous parlämes du plan pour le bonheur. Il me rappela celui qu'il avait déjà fait. de se retirer. de se réserver 100,000 éens, qu'il tirerait d'une provinee qu'il se réserverait, afin qu'on ne püt pas la lui ôter. „Je voudrais quelques amis complaisans. point de militaire. parce que

tu je ne veux point d’ambition. je ne voudrais point de ville, parce qu'il y aurait toujours de la royauté. On rendrait des respects. Il faut que

23 no vembre p. 266

24 novembre

25 novembre

410 Tagebiider vom Heinrich be Catt.

chaeun soit libre et qu'on vive en ami. Tout étranger, homme d'esprit et connu serait bien reçu, mais on ne recevrait personne d'autre qui viendrait pour voir. Lordinaire serait simple; 12,000 &eus par an pour la table, 20,000 pour des fantaisies; le reste pour les pensions à mes compagnons, à qui je laisserais quelque chose après ma mort, pourse ) souvenir de moi. — Voilà la fin de ma parodie de Salomon. Je finis par une chose que je ne erois pas; mais puisque tout le monde le eroit, il ne faut pas dire autrement. Je me suis un peu trop pressé pour écrire sur mon entrée ; je devais attendre quelques jours. Voilà la vie, qu'elle es traversée.« — On apprit que Beck s'était replié sur Dresde. I 25. Plus je pense à ce coup, moins j'en puis revenir. Il se fait presqu'au même endroit où s'est faite la prise des Saxons. Sans ce coupe là, les autres se retiraient et perdaient presque plus dans la désertion que nous n'avons perdu. Cela changeait tout. On s'accroche à la moindre bonne nouvelle; on espère, mais presqu'an même instant on craint! s'être trop flatté. On ne peut pas s'imaginer qu'on puisse être heureux encore; quelle position! On sent pourtant que cette douce espérance! a le plus doux des biens. C’est surtout dans ce métier pénible qu'on apprend à ne compter que sur ce qui est ce qu'on tient. Toutes les; quod notavi qu'on espère trop, il y a toujours en des revers. * Le Roi ne réussit presque point cette campagne : on enlève un! taillon, mauvais coup de Bergen, va à Neisse pour chasser de Ville, part et se retire, reste à Reichhennersdorf croyant qu'on l'attaq et on ne le fait pas; craint à Landshut qu'il aura la goutte, et il la timet quod hostis n'aille en Saxe (Lusace), et il y va: espère que D arrötera les Russes, et il ne réussit pas; envoie Wedell, il est hattu; avec les plus belles espérances; il souffre de la goutte: veut e Autrichiens de la Saxe, reçoit un échec inouï, Mais avant le 12 ibn la nouvelle de la bataille du 1° août. Dans sa maladie il reçoit la, de Québec, du due d’Aremberg, et, dans ses inquiétudes encore les Russes, celle de Hoyerswerda, de Finck, et tout cela, ces bons frappés par ses subalternes.

Le soir, j'y fus vers les 4 heures. Il me relut son 8 Croyez-vous que cela peut aller de pair avec celui de Volt lion mort ne vaut pas le moucheron qui respire; voilà ce vers plait le plus. Il est sensibilis quando scripla sua non bene lui donnai la lettre de Rousseau qu'il trouva detestable, mal ée quand il est prévenu, qu'il ne s'imagine pas qu'il sera bon, il le façon si décousue que le stile ne paraît point enjambé d'une, l'autre, et l'écrit ne peut qu'être malum : »Cela est lâche, des faibles.« — Il lut Lucrèce, tout le troisième livre; il ent

1759, 24.— 27. November. 411

siqne mauvaise, le reste excellent. Il Int ediam de la Thébaïde, et quand il ne veut pas tnvenire bonum, legit modo singulari.

26. Je fus à 11 heures. — » Vous me voyez plus triste. je suis cn-

core dans lincertitude.e — On parla sur la matérialité de l'âme, disant

$qu'il ne connaissait pas s'il y avait un Dieu. Je lui dis que celui qui était convaincu de cette idee, était plus heureux. » Mais quand je serai détruit, alors je suis sûr que rien ne m'inquiétera plus.e — J'y fus le soir. On raisonna sur le même sujet, cxposa avec beauconp de feu la manière dont il traduirait en vers ce troisième chant de Luerèce ; comme

loi] ferait valoir ses argumens. Me dit que. Voltaire ayant donné son Louis XIV au libraire. il lui représenta que le second volume n'était pas aussi rempli que le premier. Il fit son jugement sur les savans.

Le comte Henckel, qui a vu les tablettes du maréchal Schwerin pour la campagne 57. n'avait point voulu de bataille : si on n'en donne point,

15aller droit aux magasins de Küniggrätz. aller en Moravie, de là à la Neustadt signer la paix. Ni on donne bataille, qu'elle soit heureuse. une partie des troupes se sauveront dans Pragne. il ne faut pas bloquer la ville. mais laisser un corps d'observation: 8 il sort de la ville, lui tomber dessus et envoyer en avant de la cavalerie pour brûler ler villages sur

20 leur passages. ct puis le tout est fini. Quand le Roi lui dit, en arrivant devant Prague. qu'il fallait attaquer le poste. — »Sire,« dit-il. je connais le terrain. il est diffieile.«e — »Oh, bon.« dit le Roi: »on chassera ces canailles.« — » Votre Majesté l'ordonne donc. — Il met l'épée à la main. marche. va avec 24 bataillons. ils sont repoussés, sc met

25 à la tete du régiment. avec un drapeau. il eat tué ct se couvre du drapean.

Le Rer fut bien surpris en voyant Madame de Woronzow si belle avec tant d'esprit. — » Est-il possible qu'on trouve tant d'agrément chez ces barbarer'« —- Mais l'époux était bien laid et bien sombre.

su 25. Toujours dans la même incertitude sur ce qu'ils feraient. J'y fur: il était bien. il me montra un ouvrage qu'il avait fait pour se distraire. sur la manière dont on devait étudier les anciens et les modernes, à quoi on doit toujours s attacher. »Les jeunes gens sans conduite admirent souvent ce qui ne doit pas être admiré, et je crois qu'on n'a pas

35 un ouvrage dans ce goût-là. Je ne puis encore pas lire.« Quando habet des sujets molestiae, rontradicit unicuique phrasi quae dieitur, est admodum avpauréos de la minima Foya quue roul.

» D'où êtes-vons.e achat Rer militi Gallo après Rossbach. — Je suis d Auvergne. je voudrais bien y être.: — On voulait les faire ranger. —

30 :Voyez-vous«. dit-il. ce bongre. il veut nous dresser à la façon prussienne. et il ny a qu'un instant que nous sommes ici.

26 novembr

27 novembr

ne.

412 Tagebücher von Heinrid) be Gatt.

28 n0- 28. On apprend la prise de Münster, cela réconforte. Fii ad sertam.

“mb Je le trouvai abattu comme un homme lasse par mille fatigues et inquiétudes, qui est assoupi par tant d’agitations et qu'un sentiment donloureux réveille quelquefois. II croyait qu'il y aurait quelque affaire à. Freiberg et quod dare posset un croc. — »J'ai pu lire hodie,« ait à Locuti sumus de Grammont, des Mille-et-une : »Je n'ai pas pu lire ect ouvrage, c’est un merveilleux malcousu.« I] parla des ouvrages de Prevost d'Exiles; il avait entendu dire qu'il erat filius de Bossuet. Looui

».213 sumus de concionatoribus. — »C'est pitoyable, qjebat, »ce qu'ils chan- | tent; il n’y a rien d'intéressant, et au lieu de traiter des dogmes, fi faudrait parler de la morale et faire des descriptions terribles de l'enfer. Cela fait toujours bien; mais il fant se garder de dire au penple qu'il

p.312 n’est pas libre; il en abuserait.« On parla ensuite des passions. »On est entrainé par elles, et il semble que c’est là notre fatalité. Il y a des gens qui n'en ont pas mal, et habeo meum compte; mais cela passe vite. Sim, | y a une fatalité, on ne peut s'empêcher de croire une providence qui

p.312 veut que nous soyons ainsi menés. Il me eita un trait d'un ministre qui, passant par le grand pont, dit à son cocher d'arrêter pour baisser Is glace devant le Roi qui y passait. Le cocher ne s'arrêta pas assez & temps. Voilà Son Excellence qui descend, jure, bat son cocher, Le néral qui était avec le Roi, Ini dit: » Mais que fait Votre Excellence, Elle soublie; ne voit-Elle pas le Rex? — »Mais le coquin, pourquoi ne s'arrête-t-il pas! il sera repassé encore.«

»Un jeune homme qui a de l'esprit, sera toujours un peu libertin.« I) finit par me lire Britannieus, 5° acte, et réciter des vers qu'il avait pris. Il diligit, qu'on inveniat quod pavbäver bien; il approbat uno quod altero contempserit; on s'aperçoit quod in islis calamitatis appropinquat ad pietatem, sed modo longinguo timidoque; timet ut spiciatur.

29 no- 29. Je fus le soir prope septimam. »Il y aura quelque chose de vembre main. Si je suis heureux, tout ira bien. Si possem Daunium serait excellent. Je pars à 5, j'arriverai à 9, nous commencerons

Cela niet à une hora. Pour peu que le sort me favorise, quelle affaire! Je réparerai mes malheurs. Il est $ heures; il fant que repose, car je devrai me lever à 7.« — Il parlait avee cette

qui en donne. — »Adieu, mon cher, j'espère que potero dare velle.s — La marche devait être secrète; une après on sm

9.278, 287 durit ad pugnam de Kolin son bataillon des gardes, ut ei quid est une bataille Zucrata. Il fit rester aussi Billow,

cipis Ferdinand, pour voir comme il percuteret Russianos;

fat blessé.

1759, 25. November — 3. Degember. 413

Tous les malheurs n'arrivent pas à la fois. Si ces gens-là, après lc coup de Finck, avaient occupé Freiberg, ils nous auraient très fort gênés: wils nous aggresst erant, miles paullulum turto; erat ab irtu.

Pourquoi le prince de Würtemberg s'est-il déclaré” Pour avoir du

ssel de la France, qu'il était obligé de prendre de la Bavière: mais les Bavarois ne prennent plus de son vin.

Il y a certainement dans toutes les affaires de la vie le moment qu'il faut saisir après un coup porté; si on ne le saisit pas, les affaires traînent: trop timide ou trop enflé de sa victoire, on néglige de pousser plus loin:

son craint de perdre ce qu'on a gagné.

30. Le Roi est parti ce matin à 5 heures. Les superstitieux, ce qui arrive lorsqu'on craint, se sont aperçus que, lorsqu'il montait en voiture, qu'il manquait quelque chose aux chevaux et aux courroies, qu'ils se sont défaites. Il a pris les gardes du corps, les gens-d’armes, le régi-

15 ment Scydlitz et 6 bataillons.

J'ai compris. ab ce quod mihi dirit consiliarius Coperius, que le Prince avait fait eette marche de lui-même. Ce fut un malheur à la bataille du 12 que la cavalerie, attaquant vers les quartam horam, pour attaquer une batterie, fut culbutée, ce qui la découragea.

20 Le général Finck écrivit Reg: pour le féliciter yuod hostis ibat in Bohemiam, et c'est ce corps qui le tournait.

Le Aer donna ses ordres à Grabow contre lcs Russes. En partant pour la Saxe, il demanda sa carte pour lui montrer ses dispositions. Le général jura qu'il n'avait point vu de cartes, et le Rez le laissa. On

25 Jui dit que c'était d'autres cartes dont il parlait. Il fut à Glogau, il en demanda. — »Quelle voulez-vous, générale ou particulière? — ; Diable! je suis général, il m'en faut do générales. — dem accidit generuli Sydow à Görlitz.

Eu avançant contre les Français, Henckel dépêché du principe trou-

30 va qu'il avança à grands pas, jambe élevée.

Du 2 décembre. Les Autrichiens firent des redoutes devant leur 2 décemi

camp et l'on vit défiler par la ville six ou sept régimens qu'on disait aller à Stolpen et qu'on croyait; mais ils se portèrent sûrement du côté de Diericke.

85 Dans un jour de bataille et qu'on est en désordre, chacun jure et erie halte! et chacun fuit. Cet bhussard passant par un village où étaient trois officiers suédois qui jouaient aux dés -— il y avait beaucoup d'argent sur la table — il entre, tire son sabre, prend ses deux pistolets qu'il lâche en l'air. prend l'argent et s'en va.

CT 3. Sa Majesté est revenue à 11 heures de Freiberg, ayant appris 3 décem

que Diericke était entouré. J'y fus le soir. »Toujours du tracas. Il

4 decombre 4. La cavalerie ayant passé, on sauva encore 4 bataillons, trois

»- 275.524 permis de l'avoir. Quelle vie! Je tremble, quand j'ouvre

& ad decimam. — »Vous me voyez toujours dans le bourbier! quels mal

414 Tagebücher von Heinrich be Gatt.

faut courir d'un endroit à l'autre. Je vous l'ai semper diri, heureux qui vit en repos, content d'une petite fortunel« — Il envoie Wedell pour soutenir la retraite depuis la hauteur. »Que cette vie est péniblels Se solabatur legendo les versus qui Éoyalouevôs èore. — »Je ne sais, ma foi, pas,« ait, »eomment tout ceci Jiniet. Je suis vieux, et on ns 5 plus de bonheur, quand on est vieux. Aucune chose ne m'a réussi cette campagne. Je me tire assez glorieusement des Russes, je viens avee de belles apparences, et tout cela s'évanonit.«

Les Autrichiens ont 2000 hommes de pionniers, ont tonjours des | sapeurs et mineurs et marquent dans les chemins qu'une colonne doit) passer par tel endroit.

furent tués on pris ou noyés. Ils se sont bien defendus et plusieurs ne voulant pas se rendre, se sont jetés dans la rivière. Ils ont été attaqués par 16,000 hommes que commandait Beck. On détacha la veille deux régimens de cavalerie vers Torgau pour parer le coup qu'on aurait pa porter, soit en brûlant le pont, soit en poussant à Berlin. Je erains plus pour ce dernier endroit. Beck a été là prisonnier, il a pu s'informer de la fabrique de la poudre, des armes, magasins de drap, et «est, me semble, un mal, d'envoyer des prisonniers dans une capitale. Voila, fant l'avouer, des calamités bien grandes, après les espérances les plus belles. Fortune, tu te joues des faibles mortels. Je fus a gwinta hors

heurs! J'ai besoin de philosopher, de moraliser. Vous voyez, je assez tranquille, cela ne m'aigrit pas;e — aliquoties erat abattu, in-# quiet, des mous d'impatience, — vet, mi care, ne falleris. C'est effort impuissant d'un fier infortuné qui feint d'être content: La mort est l'espoir, le seul bien qui me reste,

dit Jocaste.« — Mihi revocavit ideam quam |à) Doberschütz quod illam post duodecim. Post la bataille il se trouva avec 6,000 mes, il passa la rivière dans la crainte d'être attaqué, ne voyant posset couvrir Berlin. On vint lui dire qu'il y avait 10,000 Il leur dit qu'il fallait vainere ou mourir, si on les attaquait: que troupes n'auraient pas voulu se battre, je me serais battu avec mes ciers; et ç'aurait été sur nos cadavres qu'on aurait pu aller à Ia,

frir des avanies. Quelle horrible chose de tomber entre les mai ennemis! Vos idées sur l'idée varient des miennes; mais il

Sum motus, quando janua aperitur, et quand pourrai-je vivre — Je parlais de la retraite. Il en raisonna, répéta quid

1759, 3.— 5. Dezember. 415

Voltaire venait me voir, ee serait rarement. et j'empêcherais bien qu'il fit des tracasseries.« — Il fit le plan du bâtiment qu'il voudrait avoir.

-— »]] n'y aurait point de vanité, point de tabourets. mais chacun aurait des fautenils.«

5 Ce Kalckreuth, adjudant du prinripis, ajehat en ricanant: »Et voilà la Silcsie perdue! je donnerais un florin à qui viendrait me dire, ma sur est morte. je n'ai point du tout de patrie.

Au milieu des calamités publiques, ces gens-ci pour la plupart s'occupent de leurs intérêts. »Mon domestique n'est pas venu de Meissen: juil devrait pourtant être ici,: me disait quelqu'un, lorsqu'on attaquait nos

pauvres bataillons.

Il est vrai qu'il est étrange qu'on n'ait pas paré ce conp qu'on craignait. qu'on avait prévu, sur lequel on avait eu des nouvelles. On avait dit an général de se retirer: sa bravoure l'entraine., et, se voyant entou-

15 re. il demande la veille qu'on lui fasse un pont.

». Je le nreni vecupé à dessiner avce la plume des ornemens baroques pour se distraire. — »Croyez-vous bien,« me dit-il, »qu'il ya des gens qui envient mon état? — Oui: dis-je, beaucoup même.‘ — »1Ils sont bien fous! Voyez si je suis heureux. Que de malheurs! Six ana

20 même avant la guerre j'étais inquiet, et je prévoyais l'orage: et que d'inquiétudes depuis! Qu'il faut de philosophie. Je pourrais vivre à bon compte. -- J'achèterais an chapon dont je mangerais trois jours.« —- Ejus agitaliones erimiae erant. — »Quc vous devez vons ennuyer avec moi: je suis dans les convulsions de l'inquiétude; vous n'avez pas éprouvé

2 encore les coups de la fortune, pour vivre en retraite. Vous avez done bon eourage.« me dit-il, -— » Oui, Sire, j'espère que tout ceci ira. — Il delectat sua opera cum ardore inertinguibik et praecipue de critiquer les autres vers. Je restais depuis quatre heures jusqu'à 9 et demie. — »Ponrquoi faire des plans” qui sait ai je serai demain'e —- /èedibat

30 saepissime ad suum statum, Int ses vers sur le hasard. — Oh, c'est bonum : n'est-ce pas? il mil apparet, quod est; dites!« —

Lorsque nous sortimes. pour nous mettre cu ordre de bataille le 23, le Roi dirit suo fratri: » Mi rare. faites tout votre possible, et je ne m'épargnerai pas. —

35 Aprés la malheureuse affaire de Kolin, qu'on se croyait invincible. Grant vint chez Henckel, adjudant du prince Henri. Celui-ci l'annonça au Prince. qui sanglota. Il fat dépêché vers le prince Ferdinand, qui commandait: tous étaient en pleurs. On donna ordre de #'assembler. pour consulter sur la retraite. Le princeps Ferdinand ne disait mot et

soil ne faisait que pleurer. — Il ne s'agit pas de cela.: dit le Prince: oil faut prendre un parti. — Il wrebat de sc faire connaître. — ; Je ne

5 décent

Tagebücher von Geinrid) be Catt.

puis.c — »Eh bien,« dizit princeps, »je ferai un plan de retraites — Le Roi est annoncé: le Prince va au-devant de Ini, il le prend par la main, la serre; ah, mon frater!« — et il passe outre. Ils entrent ensuite dans la chambre et on sanglote de part et d'autre. Le Prince dixit, quod optimum esset, de faire un plan de retraite. — »Non possum, ait4 Rex, »sed crastina die prope meridiem.« — » Cela presse!« — »Eh bien, | faites-le, mi frater!« — »Le voici.e — »Il sera bon, sans donte ait à ‚Rex. — Le lendemain on annonça au Roi l'adjudant du Prince, qui faisait dire au Roi si, en partant, il ne serait pas bon de faire battre la marche et déployer les drapeaux. — »Oui!« — On le fit. — On at qua vivement le maréchal Keith, on le canonna dans ses tentes; maisil… passa outre. — Le prince Ferdinandus Brunsivicensis) in calamitate el admodum sensibilis.

Gdécembre 6. On apprit que le Prince héréditaire avait battu le due de Wir temberg, lui avait pris 4 bataillons; que l'armée navale française avait été dispersée; les Autrichiens avaient brûlé une partie de Riesa, ob ils croyaient qu'il y avait beaucoup de magasins.

p-277 Le Rez est parti ce matin pour Freiberg, où l'on disait qu'en von laient les Autrichiens, pendant que l’armée de l'Empire irait à Chemnitz Pourquoi fait-on manger avee les officiers de l'armée les autres of-% fieiers? pourquoi les distingue-t-on trop? Quand ils sont reläches, ils. veulent soutenir la bonne idée et méditent des coups pour qu'on se ra pelle qu'on les a vus. Pourquoi n'établit-on pas devant le camp marchés où les régimens aillent acheter? Pourquoi ces officiers conviennent-ils pas inter ipsos, si sint captivi : did ver. Po n'attache-t-on pas les officiers à donner des avis, des plans A pourquoi ne tâche-t-on pas d'enlever des piquets on sentinelles avoir le mot du guet? Pourquoi de femmes dans la ville? On pı p.62 Olmütz, on battait Daun, on laissait Brünn à la droite. Le princel marchait vers Prague dont il faisait le siège. Verum est, quod erat plaisant que cette reconnaissanee

bataillons suum locum ignorabant et le bagage ne savait où il défiler.

Ce sera un morceau curieux de l’histoire que celui où om cette question dans la position des affaires depuis le 13 no vait-on hasarder quelque coup, ou laisser partir l'ennemi tı

7 décembre 7. On apprit que les Français avaient été battus sur Nantes et Vannes près de Quiberon. Cela fit un bien me

Le Rex voulut s’embarquer à Emden, pour

rine. Sur le vaisseau il demanda : »Sed s'il s'élevait

1759, 7. Deyember. 417

ne puissicz pas revenir, où faudrait-il relächer?« — »Eh, vers Texel«, dit-on. — »Oh, si cela est, menez-moi avec un petit vaisseau ou bäteau. Combien faudra-t-il de temps?e — » Deux heures.« — »Et sur ce grand ?« — »Six, mais on ost plus sûr. — Il y avait un petit vent. Il monta ce

5 bâteau, alla à force de rames. Il n'y avait pas quatre doigts de distance entre le bord du vaisseau et l'eau. Un matelot trouvait que le Roi avait assez d'esprit pour devenir bon marin. Ils étaient étonnés de sa résolation.

Le maréchal Keith racontait qu'un officier de cavalerie anglais de-

jo vint marin. Se trouvant vis-à-vis de l’ennemi, il dit qu'on devait attaquer en front tout droit. On lui représenta qu'on ne pouvait tirer qu'avec deux canons. — »>Oh:, dit-il, » j'ai attaqué souvont avec ma cavalerie et cela m'a réussi. —

Forcade près de Vienne, nescit, ubinam est: — il avait ordre de

15 chercher Zieten, qui était plus en arrière.

Le feu Roi, me disait M. Eichel, l'avait fait venir avec M. de Schumacher. conseiller privé. — »J’ai un secret important à vous communiquer, il ne fant pas qu'il se divulgue. Si cela arrive, c’est un de nous trois qui aura parlé. — Il les renvoie. Deux jours après le conseiller

mvient. entend des grenadiers qui parlent de cette affaire; il fut étonné. le dit à M. Schumacher. Celui-ci en est très inquiet et étonné. Le Roi leur dit : Comme cela se peut-il que l'affaire eût transpiré ?: — M. Schumacher se plaignit. Le conseiller Eichel lui dit : »Que Votre Majesté Se rappelle si Elle n'en a point parlé. — » Oui, dit-elle. » je suis un fat: 25 je l'ai dit à Grumbkow, j'ai eu cette faiblesse.: —

Il avait des raisons de plaintes contre un de ses adjudans qu'il boudait depuis trois jours. Il fit passer le conseiller Eichel dans une chambre, fait venir l'adjudant. — ; J'ai des sujets de me plaindre: ne vous justifiez pas! vous avez manqué. Je vous ai boudé trois jours.

30 mais je n'y puis plus tenir: je vous pardonne, faites mieux! — et lui donne un coup sur l'épaule. — »Je vous ai pris, dit-il, » Eichel, pour être témoin. — L’adjudant pleura, avoua qu'il avait manqué et a toujours bien fait depuis.

Une jeune fille qu'il rencontra et en fut poussée, elle tomba : rit et

35 lui donna 30 écus.

Il donnait ses audiences aux ministres dans les écuries.

» Quelqu'heureux,« disait-il, »que l'on soit, il ne faut jamais se confier à la fortune. ni se bouffir de ses succès, mais penser que notre peu de sagesse et de prudence devient souvent le jouet des hasards ct de ces

40 cas fortuits par lesquels je ne sais quel destin se plaît à humilier l'orgueil des presomptueux.«

Jublitationen a. d. Preuß. Etsatdardiven. XXII. 2

418 Tagebücher von Heinrid) be at.

»Je fais des vœux au ciel, pour que les Prussiens ne soient jamais battus, et j'ose dire que tant qu'ils seront bien menés et diseiplinés, que | ce el ne sera point à craindre. Si cela arrive. voici les règles sil ne faut pas courir vingt milles; il faut s'arrêter au premier bon poste ‚que l'on trouve, faire bonne contenance, remettre l'armée et calmer les esprits qui sont encore découragés de leur disgrâce.«

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