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A Freiberg. Quand on examine cette campagne de 59, on rien de celles des autres. L'hiver on avait été ocenpé à d magasins soit en Pologne, [soit], au printemps, en Bohême et en eonie. Le prince Henri avait detrüit ceux d’Aussig, de Leit: défila par Peterswalde, tandis que le général Hülsen débonchaitp Passeberg. On fit des prisonniers. Beck nous avait pris un pen vant un bataillon de grenadiers. De là le Prinee se disposa à en Franeonie, tandis que le prince Ferdinand résolut d'ati Broglie, pour faire par la une diversion avantageuse. Il fit village; il fat surpris d'y trouver derrière une ligne d n chargea la sienne à mitraille. II perdit 4,000 hommes. Pend temps, le Roi se tenait à Landshut. I] n'était pas possible Daun. 11 fallait passer sur les corps de London, qui s'était: toutes les règles, de Beck, qui couvrait Politz, et du corps de
Le but des ennemis du Roi était que les Russes assi et les Autrichiens Schweidnitz.
1) Im Original ganz mit griedpiichen Vettern gefchrieben,
1760, Sanuar — Mär. 421
Les Russes sc mettaient en mouvement en trois colonnes, par Nakel, Posen, Schneidemühl. Dohna avait ordre d'attaquer une de ces colonnes. I ne le fit point. II devait marcher vite. Il ne le fit point. Il décampa sans raison devers Posen; il courait, sans savoir où; il prit la route de Zul- 5 lichau, et les Russes, qui dans leurs marches avaient fait bien des fautes dont un général habile aurait pu profiter, arrivèrent impunément vers Dohna, qui ne savait pas où ils étaient. Le Roi, qui avait vu tous ces désordres. avait envoyé un dictateur. Il arrive le 22, reconnait le 23, ne voit que l’arriere-garde. Soltykow avait marché la nuit et pris le iVchemin de Crossen. Wedell, qui ne voulut pas souffrir cela, attaqua cette arrière-garde: en la chassant. il trouva l'armée : il fallut engager le combat.
Il est très sûr que les malheurs de la campagne viennent de la més- p. 215. 2 intelligence qui régnait entre les généraux de cette armée; le peu de 15 discipline. Sa Majesté avait mis d'abord quelque chose d'un peu dur sur cette conduite du général dans son premier brouillon; le changea, en me disant que cela était un peu fort. Il dit simplement qu'il avait les jambes cnflées et qu'il partit pour se faire guérir. Le Roi qui avait prévu tous ces malheurs, avait fait avancer le p. 279.2 >%prince Henri pour joindre son corps à celui de Wedell. On atteignit Hadik en route, et par leur départ on fut trompé sur Loudon, qui gagna une marche sur le Roi et joignit les Russes qui s'étaient emparés de Francfort. Il fallait par toutes les raisons possibles hasarder une bataille. Les Russes étaient postés de façon que leur gauche était appuyée au cimetière des juifs. Un ruisseau marécageux coulait devant leur front, où était dans le centre le village de Kunersdorf. Ils avaient fait quelques abattis. Le Roi, voyant que leur position était inattaquable. profita d'une faute qu'ils avaient faite. de ne pas faire des abattis à leur droite. Le Roi fit avancer le corps de Finck sur les hauteurs de Reit- %wein. Pendant que le Roi les tournait, il se forma dans des broussailles. Alors l'affaire s'engagea par une canonnade terrible. Les canons de Finck balaicnt leur ligne. on pousse, on emporte les batteries : tout va à souhait. On avait déjà le cimetière de Kunersdorf et on était à 300 pas du cimetière des juifs. quand tout à coup on entend crier : »Cava- IS lerie. cavalerie! — La cavalerie va attaquer sans ordre du Roi: celle de l'ennemi n'avait point paru, la cavalerie va attaquer ses rotranchemens : elle reçoit de la mitraille. se sauve. On la poursuit: elle rechasse et ac retire, sans savoir pourquoi, derrière le défilé. L’infanterie avance. est reçue aussi avec de la mitraille : se déconcerte, plie, Loudon en pro- ® fite, suit avec quatre bataillons, la chasse. Ne voyant point de cavalerie elle scnfuit, sans qu'on puisse la rallier : une fermeté de sa part, seule-
422 Tagebiüder von Heinrich be Catt.
ment une demi-heure faisait gagner la bataille, et c’était fait de l'armée russe et secours autrichien. Ils prirent 4,000 prisonniers, 176 pièces de canon. Le Roi eut 12,000 hommes blessés et se retira pour couvrir ln capitale, — Le sors regis, ait, était entre leurs mains. Il leur applique ces paroles de Maharbal : » Scis vincere ete.c — 1
La cour de Danemark avait voulu agir, poussée par M. de Bernstorff, qui avait des terres dans le Mecklembourg: mais ils mollirent.
Un capitaine hollandais était parti d'Hambourg pour aller dans larmée russienne, uf lucraretur duces, sed timiditate nihil exequi ausus est.
C'est en passant l'Oder à Rust, où Sehulenburg l'avait passé, quel le Roi composa ses réflexions sur l'histoire de Charles XII. »Je les laisserai dans les archives, et les généraux qui les verront, en seront sais faits. Ce sera un monument pour la postérité; je erois que si la guerre de trente ans avait été écrite dans ce goût-là, qu’elle aurait été inte ressante.«
Le marquis d’Argens disait à M. Mitchell à Crossen + »L/abbé de Prades était si ignorant que nous l'avons, Voltaire et moi, exhorté & lire Rollin, pour qu'il ne nous fit pas honte.c
»Croyez-moi«, me disait-il un jour, »je me sonde rigoureusement dans le poste que j'occupe; je le dois, et avec tout cela on manque. est la faiblesse humaine. — Je m’enveloppe dans mon stoleisme«, étre. vait-il à Voltaire, »me bornant à la pratique de mes devoirs et à reehercher le petit nombre de gens honnêtes, et je ne dis rien, je mes chagrins en moi-même; mais le diable n'y perd rien.«
»Il faut [avouer] que la reine de Hongrie a des talens, qu'elle pable, qu'elle s'applique; on ne peut lui refuser«, disait-il, »eette
Le moment critique, me disait le Roi, était l'affaire de Torgau. 9 j'avais reculé, si on avait pris la ville, j'étais perdu. J'ai remis sur pi ces troupes de Maxen, voilà comme la nécessité fait trouver des K sources.
Pendant l'hiver il n’est point sorti. Toujours à lire et sible à ce qu'il lisait multum. » J'aurais bien fait dans la cong: de Saint-Maur« Il a eu des concerts, Toujours l'esprit occupé position. Elle est cruelle, Dieu sait comment cela ira. »Je rien. Je tâche de me distraire et de conserver mon sang-froid, raitre tranquille, mais le diable n'y permet, et si je montrais ce pense, que d’ämes intimidées ! «
Je ini lus une lettre de M. la Condamine adressée à s'agissait d'un plan de pacification où le Roi remettrait la Sil triche et aurait le royaume de Pologne. »Oh, dites-lui que vela nes pas, cela occasionnerait des guerres plus sanglantes encore, etpuisqt
1760, Januar — Män. 423
n'ait pas bonne idée de ma doctrine, je ne voudrais pas abandonner ma foi. Vous voyez, me dit-il en riant, que je fais un peu parade de zèle.s
Il a voulu souvent m'engager à faire des vers. Je vous tiendrai un p.54 parti sévère, je vous corrigerai, il faut commencer, essayer. Il me
5 semble que dans les miens il y a plus de liant: ne trouvez-vous pas qu'il p.55.3 y a un peu de coulant de Racine”?
Quand je lui dis qu'on publiait ses œuvres à Paris : »Le duc dep. 295. 2 Nivernois aura joué ce tour, ce serait infäme. mais non, co sera Voltaire, quel perfide.e Il est étonnant quae debilitas pro cet homme-là. Il ena p.181
ju l'idée la plus triste comme d'un malheurcux, et cependant il est porté toujours vers lui.
»J'ai eus, me disait-il aujourd'hui, 5 mars, »des pressentimens S mars comme s'il devait m'arriver quelque chose de fächeux. Cela m'a tenu !7% tout le jour.e
15 Le lendemain dizit mihs : »Il ne m'est pourtant rien arrivé. Je ne p.77 crois pas aux Prossentimens.«
Je lui représentai que j'espérais. »Sire, les affaires étaiont en 57 dans une triste position. Si ces gens-là étaicnt restés dans leur retranchement à Leuthen.« — »Oh, je les aurais battus, je los aurais attaqués
20 d'une antre façon qu'ils ne g’attendaient.«
Finck aurait dû prendre plus garde. donner des avis, laisser de p. 265 l'infanterie à Dippoldiswalde, ne pas se replier sur Maxen, entrer en Bohême.
Nous avons parlé, ce 10 mars, de la Saxe; elle est bien ahimée et 10 maı
25 peut-être y aura-t-il encore la peste. »Il est vrai que cette année je ne l'ai pas épargnée. J’ai été sévère: s'ils avaient été plus tranquilles, je n'aurais pas exigé tant, mais toujours faut-il avouer qu'il y aura bien des malheureux; pourquoi ces gens-ci ne se sont-ils pas tenus tranquilles ?«
zu il appelle un laquais pour lui donner la tabatiére. Un particulier m'aurait dit . » Donnez-moi ma tabatiere.« — »Vous voyez toujours le méme train de vie. Je dévore leslivres. Voilà ce que j'ai lu aujourd hui.«
Un ami recommandait à M. Morrien, grand-gouverneur chez la Reine p.64 mère. le comte Essex. en lui disant : » Je vous assure que ce n'est point
35le comte d'Essex qui a été décapité sous la reine Elisabeth.: Ce bonus homo Morricn, représentant le comte à la Reine mère, lui dit : Au moins, Jose assurer que ce n'est pas le comte qui a été décapité.
Ce 11. je suis allé avec M. Mitchell, M. Burnet et M. Gellert voir 11 ma: la préparation des métaux. Ce M. Gellert est un des directeurs des
so mines, homme entendu, qui a publié un ouvrage estimé, traduit depuis peu en français. — - — —
25 avril
26 avril
424 Tageblier von Henrich be Cat.
Un Packknecht pillait, le Roi eournt, li donna nn eoup, le Puckknecht prit un fusil, lorsque Vadjudant descendit, le prit et lerounde coups. On a pille les équipages du Roi.
Nous arrivämes le 25 avril à Schlettau près de Meissen, endroit 4 charmant par sa position et ses vues, et plus aimable, aux yeux dequelques officiers, par les demoiselles du château qui étaient adorées parles laquais du Roi, qu'elles favorisaient, suivant le rapport bien mal fondé d’autres eonteurs de fleurettes qu’elles n’écoutaient pas.
26. Je fus chez Sa Majesté. Nous parlâmes de religion. — que je erois, je le erois de bonne foi. Je ne suis point convainen de l'immortalité de l'âme: pour le monde, je le crois éternel. S'il y a une. providence, comme cela paraît pourtant, il y a bien des difficultés; tons. jours il est très sûr que le parti le plus sage est d’être honnête homme. J'ai ajusté ma barque; si tout me seconde, cela ira, et je fais un > fanfaron avec les négociateurs; il ne faut pas faire voir le dessous des. cartes.«
»Bayle, suivant moi,« me dit le Roi, »est le premier dialecticien:/ le lis avec un plaisir toujours nouveau. Il ya à présent bien pen grands hommes ou de génie, peu de militaires; deux seuls bons tres: Pitt et Kaunitz. Que de gens brutes, mon cher! L'homme est animal bien peu raisonnable.« — Nous parlâmes sur les r Vamitié. C'est le premier des biens. J'ai perdu mes amis; cela est d ” loureux. Si l'on doit passer bien des choses, c’est dans l'amitié. 5 nous pas nos défants? Si je vivais avee de bons amis, je vous que je m'en ferais bien aimer. Je suis forcé à présent à faire bien choses pour lesquelles je soupire. Parmi les Saxons il y a bien des! gens; il faut l'avouer, j'ai tiré prodigieusement des Saxons. ces pauvres gens se cotisent encore pour fournir à leur Roi. beau, convenez-en; cela est grand: mais je dois l'empêcher. mes gens font de ces traits de générosité, je n'y résiste pas, DL dresse et je me glorifie de les avoir pour sujets. «
»11 faut convenir que nous avons bien des faiblesses. Le} trouve que ce qu'il a, est le meilleur: il fait emplette sur choses dont il ne jouit pas. Jrais-je le desabuser et Ini gi sirs? non, ce serait cruel !«
1760, 11. Rärz — 14. Juni. 425
» [1 est sûr que, quand on connait bien les hommes, on devient minthrope. Je suis comme un homme à qui on va donner la torture. il le mois de mai bientôt passé — c'est toujours un bon temps qu'il ut saisir. «
» Quand je vous parle sur la religion, je vous parle de bonne foi. y a des difficultés dans le système de Spinoza, il y en a dans celui #8 théologiens, en disant que Dieu est infini. Je me sauve de tout la, en disant que le monde est &ternel.«
Voltaire. en partant, donna en présent trois exemplaires de Louts IV” au cuisinier et aux domestiques.
»Je n'ai pas de prejuge.« me disait-il: j'ai examiné toutes choses in œil philosophique.s — Cela était occasionné par la galanteric des mmes de Berlin dont nous parlâmes : »Qu’elles aient des intrigues, à la nne heurc. mais qu'elles fassent cela décemment. «
Quand Sophie-Charlotte passa par Rotterdam, elle alla voir Bayle: ain il fut si embarrassé qu'elle ne goûta pas sa conversation. Elle ana le ton à sa cour. forma l'esprit de plusieurs dames avec lesquelles € faisait des lectures.
“n'y a que de grands bonheurs ou de grands malheurs qui peunt marriver cette campagne 60,« me disait-il souvent.
Le Roi demandait à un jeune officier à Schlettau: »Vous êtes bien ane. vor oreilles sont-elles seches?« — Je suis jeune, Sire: mais m courage est vieux !
Que d'enfance parmi les officiers! Ils jouaient un jour cheval, mme les petits garçons. sous Ice fenêtres du Roi. — »Venez, mon er. voyez ces officiers’ Il faut que je me serve de cela!«
Le vieux d’Anhalt, après la bataille de Kesselsdorf, envoie un offi- :r au Roi. qui disait: La bataille est bien allée, on faisait diablement ur poupon.:
x Mon pauvre esprit est dans une position bien fächeuse, il m'échappe elquefois. Ce n'est pas les fatigues que je crains. mais les inquiétux et les démarches de quelques gens stupides que j'ai à employer. m Dieu. faites que ce calice passe loin de moi! On se donne tant de ine pour faire de bons arrangemens. et il est si difficile de ler faire «ser dans la tête des autres. «
» J'ai acheté de la porcelaine. C'est, mon cher. une sottise: car qui it si Jen Jouirai'e
Le Roi partit à 3 heures de Schlettau. se rendit à Zehren, où il passa Abe: fit quelques prisonniers et campa à Proschnitz. — »Je suis très iguc.« dit-il: » ma tête est embrouillée; à la longue cela ne peut tenir ne saurais rien faire. et on dira que ce métier me fait plaisir'e
juin p. 310
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426 Tagebücher von Heimrich de Catt.
Voltaire faisait jouer une tragédie. Il était dans la coulisse. I crie: »Du feu! du feu!« — Les acteurs, eroyant que cela les regardait, | eriaient plus fort, et Voltaire toujours: »Du feu! — Les acteurs erient plus fort encore. — »Oh diable, ce n’est pas à vons,« dit-il, »eiest une chaufferette que je demande. 3
17, on apprit que Lacy était vers Radeburg. Le Roi marcha La nait du 17 au 18 à 3 heures du matin. Le Roi me dit la veille : 2Les désen sont jetés, je n’espere rien.« — Il voulait éprouver un paysan qu'on hi amena. — »Il faute, lui dit le Roi, »que tu ailles au camp des Autrichiens | m'en spporter des nouvelles.« — »Nont, dit-il, »je serai pendu.«— En) bien, si tu n'y vas pas, je ferai brûler ta maison.« — » Elle peut free | qu'Elle voudra; mais je ne veux pas être pendu.« — Il le renvoya. — »Voilà un drôle bien ferme et bien résolu! il n’a pas tort.e — On partit, | Chacun croyait qu'il y aurait une bataille et avait fait ses arrangemens en conséquence. Le Roi fit l'avant-garde et vit M. Lacy qui campait au delà du village de Berbisdorf. Il était posté en plusieurs endroits M. de Lacy fit toujours bonne contenance. Le Roi fit venir de Meissen le général Hülsen, pour faire le corps de réserve, et tout s'arrangea pour livrer bataille le lendemain. A 3 heures, il alla reconnaître avee les généraux, à qui il donna ses instructions à la grande garde du L Personne n'était pour cette bataille, parce qu'on disait que le terrain. était difficile, parce que chacun croyait voir arriver le maréchal Daus de son camp de Reichenberg. Le Roi fut ferme. Je Ini dis que je om haitais de pouvoir le féliciter aux portes de Dresde. —»Et
finir l'affaire et taxait les Autrichiens de poltrons.
Le 19, j'y fus le soir, — »Voilà mon coup ratéla dit-il; „je triste. J'aurais une grande envie de me pendre. Navez-vous. connu cette envie?« — » Non, Sire, je ne l'aurai u „Voyer guignon! il me poursuit partout! Ce Lacy d&campe! Je On s'était trop avancé la veille avec l’avant-garde.e
»Si on envie mon sort, on est bien fou; car à quoi sert Si vous êtes un grand homme, à quoi cela abontira-t-il, quand vor serez plus? Et un grand homme n’est censé tel qu'après sa mort. lui dis qu'il y en avait un qui l'était déjà de son vivant, I profond soupir. — » Adieu, mon cher, apportez-moi une cordes — et se mit à sourire.
Le 25 juin, vers les 8 heures du soir, un officier dos de l'ennemi demanda à parler à un de nos officiers: — 3,
1760, 14.— 30. Juni. 427
dit-il: ‘une mauvaise nouvelle : le général Fouqué est pris à Landshut avec tout son corps, et demain nous tirerons gloire. — Le soir du 26 il me fit appeler : » Quelle nouvelle on m'a donnée! 26 juin avouez que je suis bien malheureux! le sort me persécute dans ma vieil- p.323 Slcsse. Sans un grand coup, il n’y a pas moyen de se tirer de là. Il faut faire pourtant bonne contenance, et je la fais toujours. Quand j'étais p.324 jeune. je me décidais trop vite : j'étais bouillant. A présent, je ne me p.312 décide pas dans ce combat des passions; car alors on ne sait ce qu'on p.127 fait. Vous ne sauriez croire ce qu'on souffre après une affaire perdue, 10 comme celle de Kunersdorf; comme tout se révolte chez vous, et combien p. 323 on gémit, quand on est plein de cet honneur de sauver la patrie.« En parlant du plaisir de passer pour un grand homme : »Il n'est rien«, me dit-il, »si on n’est pas sûr d'avoir des amis qui vous chérissent ct vous estiment. Peut-être tous ces malhours m'arrivent, pour me déi5tacher de la vie, et je le suis bien; car depuis mon enfance, j'ai passe p. 265.3 par l'école de l'adversité. J'ai ou quelques beaux momens, mais qu'ils so sont passés vite! Cette bataille de Zorndorf, nous ne l’avons pas tant gagnée que gueusée : nous l'avons eue, parce qu'ils n'ont pas voulu la gagner. C'est la première fois que je me vis abandonné de mes troupes !« 20 Il songeait qu'il se trouvait à Strasbourg avec le maréchal Daun, p.328 qui tout d'un coup fut transplanté à Charlottenbourg, où était son père. il y trouva le vieux Dessau. — » Me suis-je bien conduit?e — »Oui«, dit le Roi. »oui.c — »Eh bien, je suis content; votre approbation me vaut micux que celle de tout l’univers.«e — On annonce les Français. — » Dois- 25 je attaquer ?e dit-il au prince Anhalt — et il s'éveille. M. Iofmann, qui a écrit un dictionnaire, était si avare qu'il ne voulait pas changer de chemise. Sa nièce, dans une maladie, veut le persuader d'en changer. Il n'y eut pas moyen. — »Eh bien, dit-elle ; cela scra beau : au jour de la résurrection on aura des chemises blanches, et 30 vous une sale!« — » Eh bien«, dit-il; »je ne veux pas ressuseiter.: .J'augure bien peu: je suis nourri de chagrins, il faut l'avouer: 27 juin trouvez-vous que c'est une bonne nourriture?« »Vous me voyez avec mon Luerèce: c'est ma consolation, lorsque 29 juin j'ai des inquiétudes. Vous êtes bien plus heureux que moi: car je vous 35 crois sans chagrins: car de quel en auriez-vous? Vous n'êtes pas dévoré par l'ambition, ni aiguillonné par l'amour des richesses: vous n'êtes pas dans des embarras : seulement vous serez touché de ce qui arrive de fächenx à vos proches ou à vos amis. C'est beaucoupe, dit-il; »car il y a si pen de gens qui s'intéressent sincèrement au malheur des autres: 4e pauvre homme. je le plains!« voilà tout ce qu'on arrache. J'y fus à 6 heures ct y restai jusqu'à 9. — »J’ai été oocupé, mon 30 juin
2 juillet
3 juillet p.328
4 juillet
428 Tagebücher von Heinrich de Gatt.
cher, presque toute la journée-ci à différens projets, à défaire, à bâtir, à renverser; je me suis tourné de tous les côtés, et je me retrouve toujours dans une position cruelle. Voyez-vous cette tabatière? Cela est bien fini. Pent-être me sauvera-t-elle d'un coup de balle, comme mon étui me sauva à la bataille de Kunersdorf. Si j'y avais été tué, que de # chagrins de moins, mon cher, que de chagrins de moins! Je n'aurais pas su linfamie de mes troupes à Maxen; je n'aurais pas eu ce quartier d'hiver.«
»Mais tout ne restera pas ainsi, déjà il peut venir de beaux momens, et les balles ne sont pas nécessaires. #
»Ah, il en faudra bien passer par là ou par la portes, dit-il. »Je dis souvent : Mon père, que cette coupe s'éloigne de moi; cependant que ta volonté soit faite!« Il s'agit ici, mon cher, de jouer quitte ou double.«
Parti à 2 heures avec le Margrave et le général Wedell. Nous pas-1à sämes dans un bois. Quelques cuirassiers de Frédéric vinrent dire qu'il y avait beaucoup d'ennemi. On tiraille. La colonne où j'étais, se met en ordre de bataille, et tout cela se faisait par quelques misérables ublans! On s'alarme bien vite. Après cette scène risible j'arrivai & Quolsdorf, où le camp fut en fer de cheval. »
Sa Majesté alla reconnaître; fit venir à 4 heures après midi tous les généraux, auxquels il communiqua ses idées et le plan d'attaquer Lacy dans son camp de Liebenberg. On paraissait triste dans la gent du quartier général. Le seul Zieten sautait sur l'herbe près du quartier du Roi. II se coucha à 5 et se fit éveiller à 10 du soir. Il me fitappeler.# — »J'attaquerai demain l'ennemi. J'ai pris mes petits arrangemens, dont on m’a paru content, pourvu qu'on exécute bien mes ordres. Mais c'est le diable que cette peur! Je me suis bien donné des mouvement pour déterrer ce Laey : je Vai découvert. Si cela me réussit, je pourrai. entreprendre Daun et le faire entrer en Bohème. Au moins, jai pris toutes mes mesures. Pour vous, mon cher, vous n'avez pas besoin de me suivre, car ce n’est pas votre métier. Priez pour moi, et, Lis suis tué, pensez quelquefois à moi et prenez mes papiers et mes — On partit, mais M. de Lacy eut vent de notre marche. I dans la nuit. Le terrain qu'il oceupait, était bien avantageux, M aurait pu facilement se mettre derrière les collines où campait”
Nous fümes à Pulsnitz. J'y fus à 5 heures du soir. — Voilà cher, encore ma fortune maudite! Vous conviendrez, au moins, me donne bien des peines. Si eela ne#a pas à la bonne heure, | tout, pour n'avoir rien à me reprocher; car voyez mes tyaux, et la vie que je mene.« re
1760, 30. Juni — 7. Juli. 429
Parti à 3 heures du matin. Nous vinmes au couvent de Marienstern, où sont 10 religicuses nobles. Le Roi ordonna que sa compagnie des gardes logerait dans le couvent, parce qu'il fit eantonner beaucoup de bataillons dans le village. On avertit les dames de cette entrée, on sonne
5 le tocsin : les religieuses sont effrayées, elles font des signes de croix. — Jésus. mon Dicu': disait la supéricure; hélas! des gardes avec mes tilles! Ah, Monsicar:, disait-elle au capitaine Wedell, qui commandait la compagnie. »ayez pitié de nous!« — J'étais présent à cette scène. — ‚Ne craignez rien«, dit le capitaine. et releva la supérieure qui était à
uses pieds: — on ne violera personne, et tous mes grenadiers seront tranquilles. — On envoie les religieuses à l'église: là ces pauvres colombes entonnent des cantiques, pour détourner l'orage et le viol qu'elles eraignaient. Tout se passa dans l'ordre. La supérieure fut contente. On n'alarma pas la pudeur des saintes filles, qui le lendemain matin
15 voyaient d'un œil touché ces beaux ct grands grenadiers, qui peut-être ne seraient plus dans deux jours.
Il se plaignait qu'il avait peu de nouvelles des ennemis. — Main: dis-je, »il est bien sûr qu'on en pourra avoir, si l'on paic bien; car dans notre camp de Görlitz et de Lauban nous en avons toujours eu.
20 6. Nous partimes à deux heures de la nuit et arrivâämes à midi à Nieder-Gurk. Cette marche fut pénible, une centaine de soldats tombérent morts de la chaleur, et les officiers qui conduisirent une des colonnes. firent faire bien des détours inutiles.
Nous parlämes sur les religicuses de Marienstern. — »Avuucz,«
35 dit-il, »que la gucrre entraîne bien des malheurs.
Le 7 juillet. Sa Majesté partit de grand matin pour reconnaitre M. de Laey. I avait 15 escadrons. Il poussa un mille. Lacy envoya toute aa cavalerie, nous chassa. Sa Majesté fut obligée de se retirer. Le major Zetmar blessé. On dit beaucoup de ce que le Roi s'exposait
sautant. J'y fus le soir à 6 heures. Nous nous promenämes dans le jardin. — »Il ya eu une terrible confusion aujourd'hui: je ne puis pas eucore Ctre heureux. Nous avons perdu près de 100 hommes par la chaleur. Pauvres gens! Que de maux dans la guerre! Si j'eu suis une fois dehors, je promets bien de ne plus m'y refourrer.«e — Je lui dis
43 que l'on se plaignait beaucoup de ce qu'il s'était exposé: que sa réputation était faite: que les ennemis lui rendaient cette justice qu'il ne Hépargnait pas: que ee serait le comble du malheur et de l'hamiliation. il était pris. — »Ccla est vrai,c dit-il: mais je ne m’expose pass — Nous disputämes sur la religion ct sur l'immortalité de l'âme. — »Eh
au bien. si vous êtes dans vos idées d'une vie à venir, je ne veux pas vous en tirer. ni vous convertir. —- »Elle ne pourrait jamais le faire! « dis-je.
5 jaille
6 juille
4 juille
8 juillet
12 juitlet
13 juillet
14 juillet
430 Tagebücher von Heinrich be Gatt.
Après la bataille de Kunersdorf, il écrivit: »Je vois dans ma eonservation et celle de mon armée le doigt d'une providence. «
Le Roi partit le S pour aller attaquer M. Lacy, qui s’&chappait tonjours. Il se rendit à 6 heures du soir à un village près des postes ayancés de l'ennemi, sans garde. On en avertit le Roi, qui fit faire In sen- s tinelle à ses aides de camp et laquais. Le lientenant-colonel Kleist fit avancer une patrouille de 15 hussards. On se proposait d'attaquer le matin M. de Laey dans son camp de Bischofswerda; mais M. de Laey sat dans la nuit qu'on marchait à lui. Il décampa en jurant de ce que le Roi était toujours à ses trousses comme il était à celles du Roi. Sa Maÿe-10 sté, n'ayant pas trouvé son homme, se rendit à Weissig. — »Voilä biendu tracas, mon cher, pour rien! Je me donne toutes les peines du mondes
Le 12, nous arrivâmes aux vignobles de Hof-Lüssnitz. J'y fus le soir. — »Demain, mon cher, je passerai l’Elbe et les attaquerai. Pentêtre que cela ira. Où voulez-vous vous tenir, dans le chemin de Mhon-15 neur, ou rester au corps de réserve?« — »L'honneur vaut mieux,tdis= je. — «Oui, pour les militaires, et vous, qui ne l’ötes pas, tenez-vons N au corps de réserve! priez là pour moi et que tout aille bien.«
Il me parla de ses frères, qui dans la première guerre »se tenaient au pan de mon habit et voulaient partir avec moi.«
Le prince de Deux-Ponts quitta les hauteurs de Plauen et, ense retirant, laissa 26 bataillons dans la ville. On nous canonna au pass sage, et nous arrivâmes à 1 heure à [Griine-Wiese] devant Dresde.
J'y fus chez le Roi à 7 heures et y restai jusqu'à 9. Il me parat de bonne humeur. »Ces gens-là décampent toujours. Si jepuisp la ville, cela remettrait bien mes affaires et ealmerait mes inquiétudes. Combien j'en ai eu! La guerre n’a jamais fourni un exemple de quartiers d'hiver comme eelni de Freiberg. J'aurais ruiné mes affaires
J'avais pris le camp de Kesselsdorf. Le camp de Schlettau les a ses; mes troupes s'en sont bien trouvées. Le passage de l'Elbe. point; mais la marche de Marienstern à Bautzen a été le grand con] a bien donné le change. Mon but, en repassant l'Elbe à Kaditz, pas de les attaquer. Ç'aurait été une folie: mais je voulais faire une marche de trois milles, les tourner et les attaquer le sur] ai Alors cela serait allé. Le hasard s'en est mêlé. Ainsi nous faire des combinaisons, prendre le meilleur parti: un rien der y a trop de hasard dans la guerre. Quel ravage on fera, si ces Dresde ne se rendent pas! que de malheur nons eansons à Toujours, mon cher, il est sûr que cette vie est la plus terrible les vies!«
»Il fant convenir que l'opiniâtreté de la Reine et la
1760, 7.— 26. Zuti. 431
bien du mal. Quelle eruelle guerre! On ne fait que des ravages.« — Le soir. les ennemis mirent le feu au faubourg de Pirna.
Ils firent une sortie. pour occuper le Weisse-Hirach: mais ils furent 16 juilt repoussés avec perte et obligés de rentrer pêle-mêle dans la ville.
3 Le soir je fus chez Sa Majesté. Je lui parlai des ravages que les soldats commettent, combien deux ou trois détruisent ce qui pourrait servir à un grand nombre. J'exposai le cas de Wisoka. où une compagnie pilla tout ce qui était dans ce village.
Les batteries n'étaient point faites, quoiqu'on les eût promises depuis 14 juil
10 deux jours. »Dans tout autre temps la prise de Dresde aurait été importante: à présent cela ne décidera rien.«
On apprit par un déserteur que Daun était près du Weisse-Hirsch. 19 jnill et nor batteries n'étaient pas encore finies. »Il faudra trois jours, pour battre en brèche, ct sûrement, « disait le Roi, »ils n'attendront pas qu'el-
13 les soient faites.« — Daun était arrivé la veille de Naumburg. en quatre marches. On passa le 20 et le 21 dans les inquiétudes. A 10 heuren du soir. on erut qu'on en viendrait le lendemain à une affaire généralc. On donna l'ordre de la marche. Le Roi avait posté plusieurs bataillons. pour soutenir. au cas qu'on fit une attaque. Les Autrichiens vinrent en
2ueffet avec 27 bataillons entre 11 heures et minuit. On canonna. Le feu fut terrible. On les repoussa. On prit 30 hommes et le général Nugent. Si on avait suivi les ordres du Roi, si deux bataillons de Bernburg n'avaient pas fui. les Autrichiens auraient bien souffert. Sa Majesté, indinée de la conduite de ces bataillons Bernburg, fit ôter anx officiers lears 25 cordons de chapeau et aux soldats leur sabre. Ce fut un exemple inoni. Les officiers se lamentaient. Enfin ces bataillons furent commandés en partie par des officiers à la suite du Roi. Nous vinmes le matin à Leubnitz. où fut le quartier général. Dans cette marche de nuit, le Roi fit une chute et reçut un coup de pied d'un cheval. Sa jambe enfla: il se somit an lit et #'y tint jusqu'au soir. Il souffrait tranquillement et sortit. eomnie à l'ordinaire. quoiqu'on lui reprösentät que cela pourrait lui être trés nuisible. J'y fus le soir. — »Je crois, mon cher, qu'il faut se désister de la prise de Dresde: nous aurons bien fait des malheureux et mangé du fourrage. I faut avouer que Je joue de malheur et que je Rus mal servi: si Je ne pense pas à tout, on ne pense à rien.«
Vous le verrez, mon cher. vous le verrez. comme je vous l'ai dit: 26 juil! je ne puis tenir que jusqu'à la fin d'août ou septembre. J'ai trop d'ennemis. Mais jai pris mon parti: si cela va. à la bonne heurc : ai ecla ne va pas. J'irai dans le pays de Virgile. d’Horace: là je ne trouverai point
su d ennemis. point de gens qui me persécutent. Voudrais-je souffrir In loi de ces gens orgueilleux ? Je mettrai sûrement tout en œuvre pour réussir.
28 juillet
432 Tagebilcher von Geinrid de Eat,
on ils me disputeront le passage, ou nous nous battrons sur les confins de la Silesie. Si j'étais bien servi, mon cher! mais je dois tont rögler, tout voir, tout entendre! Quelle peine pour fourrer des idées dans la tête de ces gens-là! S'ils ne se forment pas ici, ils ne se formerontis | mais, et il y en a bien peu qui se forment.« 1 »Au commencement de mes inquiétudes, j'étais désolé; mais en | souffrant, on devient philosophe, et c'est la meilleure philosophie Avouez que nous luttons depuis bien du temps. Cela ira encore un mois, et nous ferons la eulbute. Si je vois qu'il n’y a plus rien à faire, ne puis-je pas disposer de moi? Je serais un lâche de le faire, tant verrais jour à me tirer de lä.« | »Mais, Sire, Votre Majesté ne se doit-Elle pas à Son peuple? Est- Elle sûre, au moment qu'Elle disposerait d’Elle, qu'un évènement het= reux n’empöchera pas la eulbute? Ne s’est-Elle pas trouvée dans des … positions critiques? Et si Elle avait alors disposé d’Elle, qu'est-ce que tout ceci serait devenu?« » Quel tracas il y aura après moi! Vous verrez que les Français. seront d'abord en guerre avee les Autrichiens, qui agiront en en Allemagne. Peut-être ceux-ei s'uniront-ils avec les Russes conin les Tures. Il y aura sûrement bien du désordre; mais la volonté de Dies soit faite! Pour me tirer d'affaire, il faut un miracle, et il ne s'en fait plus.« L Quelle position cruelle que la nôtre! Arrivait-il un chasseur, lettre : on s'attendait toujours à des mauvaises nouvelles, — # Hochkirehen«, me disait-il, »je n'ai pas été heureux.« x J'ai composé mes mémoires pour ma famille. On parlera bes de moi. Elle pourra s'assurer des raisons qui m'ont fait agir, publie dise ee qu'il voudra! Qu'est-ce que cela me feral 11 que ma famille soit contente de moi, Si j'ai fait des fantes, el suis homme.« »Pour bien juger un homme, il faut se peindre bien tonte où il est. On passera beauconp, on pardonnera beanconp. On que toujours homme, et il est plus permis de l'être dans cruelle. On est injuste dans ses jugemens, si on ne fait à cette position-lä.« Il esttrès sûr que le Roi menait depuis quelque temps la: cruelle qui fût jamais. La façon dont il soutenait ses attentions pour eeux qui l’entouraient, le peu de soin de Ini ses inquiétudes : tout eela me semblait devoir mériter des Voyez-le dans le militaire pour ses talens, son © de penser sur les officiers, le soldat, détail dans la
1760, 26.— 30. Jui. 433
le particulier, dans ces instans de calamités, dans les moments de prospérité. dans de petits avantages, dans des travers. dans l'amitié, dans la religion. dans la politique — personne ne l'a bien apprécié; personne p'a cru ımicux connaître que lui les hommes : et personne, je crois, n'en p. 171. 233 5a été plus souvent trompé.
»Si nous en venons à une affaire. je prêcherai d'exemple. j'emploierai ma rhétorique allemande pour animer mes officiers. Je ne suis pas fort en allemand, mais cela ira. A Parchwitz je les haranguai, avant que d'aller à Leuthen, et on fut attendri. Il est bien plus facile de haturanguer et de faire un poème sur la gucrre, que de manœuvrer dans ma position.« Il parla de Candide, qu'il trouva indécent. »Quelle image qu'on est bien plus heureux, quand on a été viol&!« » Une heureuse illusion vaut mieux qu'une triste vérité. Voilà, mon 5cher, une maxime: voyez si je n'ai pas bien profité de mon La Rochefoucauld '« » Je suis naturellement porté au repos: mais quand il faut se donner p. 4% du mouvement, je sais m'en donner ct passer d'une extrémité à l’autre.« »[1 y a bien peu d'honneur pour ces pauvres soldats, qui dès le p. 109. 110
20 commencement sont battus plus qu'ils n'ont de pain.«
Il me demanda ce qu'on disait de ses poésies. Je dis qu'on en par- 30 juillet lait avec éloge, execpté de l'épitre au Maréchal. »Je n'aurais pas cru que le poème de la guerre fût anssi bien reçu; il me semblait qu'il n'y avait pas toute la netteté possible. J'ai métaphysiqué toute la journée :
25 ai je n'étais pas attaché à mon devoir, je sacrifierais tout. Je serais plus heureux simple particulier. Je suis sur le bord du précipice: je ne me flatte point, jy gagne. Il ne peut m'arriver pis que ce que je prévois.
Si je suis heureux. je décompterai agréablement. Si tout avait dépendu de moi. j'aurais cédé bien des choses pour vivre en paix: mais il faut
a danser.e — En parlant de religion. je lui disais que l'on taxait d'une mauvaise morale ceux qui n'en avaicnt point. — »Mais, vous voyez pourtant que je pense là-dessns, comme ferait un chrétien rigide. 11 faut supposer une intelligence: mais l'éternité de la matière sauvetout.s p.95
Le conte d'un paysan qui voulait donner à son fils un nom qui finis- 37 sait cn sul; qu'il ne sc rappelait pas bien. Le prêtre lui dit: Belzébuth. — » Oui, e'est eclui-la!« — » Mais, c’est le nom d'un diable.e — Tant pis: car il est bien Joli.« ‚Comment. Madame «. disait un confesseur, pouvez-vous penser au p.49 monde. quand vous avez un pied dans l’autre!« — »Fi done! Monsieur. eo quelle posture me faites-vous tenir là!
Yurtifationen a + Vreuf. Ztaatsardiven. XXI. 25
81 juillet
1er août
3 août
Saoût
10 août
31 à Schieritz. Le Roi loge dans les gloriettes du jardin. , position change bien souvent, tantôt dans les palais, tantôt dans les esbanes, et toujours l'âme remplie d’inquistudes.«
Le 1% août. L'armée passa l'Elbe à Merschwitz, où le Roi passé en revenant joindre le prince Henri. Le passage se fit sur ponts assez rapidement, le quartier général fut à Dallwitz. hora quarta. »C'est une terrible affaire que de conduire toute cette, masse. Voyez (en me montrant la carte) voilà où se passera la ne. vers Bunzlau; j'ai écrit an Marquis que je lui écrirais, si tout allait que, si cela allait mal, je prenais congé de Ini. Il semble qu'il y certum fatum qui dirige tout cela, car c'est à regret que je © leur livrer bataille, mais je ne puis l'éviter, sans quoi je perds la ainsi il faut le tout pour le tont; la tâche est bien difficile, vous pellerez que je n'ai pas bien auguré, j'avais arrangé un plan par ils pouvaient me faire un mal abominable, ils ne l'ont pas suivi.
frater ne veut pas aller vivement. I] faut bien que je le passe. mon cher, je vais dormir. C’est un avant-coureur de la mo parla longtemps sur la façon dont il m'établirait.
Le premier se fit le passage de l’Elbe avec beaucoup fümes à Dallwitz, où l'on eut jour de repos. Nous mare sur Koitzsch, Ratibor, Arnsdorf, et on passa la Neisse.
On perdit par la faute de l'ingénieur, qui avait oublié de pont, un grand nombre d'hommes, ou maraudeurs ou di manquèrent en passant la forêt de Bolherwassan, Personne à nous disputer la Neisse et la Queiss, quoiqu'on aurait pu avantage, et nous ne vimes rien de l'ennemi que vers G était Daun, Loudon et Beck.
A notre arrivée à Goldberg, le 9, l’armée marche, M. London occupait les en! de Praui vrait la marche de l’armée par son poste de Wolfsberg.
Le 10, le Roi à Liegnitz. L’ennemi oceupait tout I
13m Original bis auf &. 434, 30 — 435, 15 mit griedhifchen:
1760, 31. Anti — 14. Hngnft. 435
Parchwitz jusqu'à Cossendau. Le maréchal Daun faisait le centre. occupant les hauteurs de Wahlstatt et Hochkirchen. M. Loudon remplissait le terrain entre Jeschkendorf et Koischwitz, M. Nauendorf celui des hauteurs de Parchwitz. et M. Beck. qui faisait la gauche, s'étendait au delà
5 de Cossendau. ce qui défendait le passage de la Katzbach et du Schwarzwasser.
La nuit du 11 en marche à la pointe du jour vers Hohendorf, M. de Lacy manœuvra bien, le Roi occupa le camp de Seichau, l'ennemi celui de Hermsdorf et Schlaup.
10 Le 13, nous revinmes à Liegnitz, il y avait apparence qu'on serait attaqué, que M. de Lacy passerait la Katzbach pour se poster à notre droite. M. Daun sur notre front, M. Loudon sur notre gauche. en occupant les hauteurs de Pfaffendorf.
Le 14, le Roi se mit sur ces hanteurs, ce qui devait déranger le
15 plan. Schimmelwitz à droite, Liegnitz à gauche.
Dans tontes nor marches, il ne nous restait pas de grandes eapérances. Zèer semper dubitabat, et rarement était-il livré à quelques instans de joie. Enfin on partit la nuit du 14. Cette nuit qui devait être heureuse. fut la source de bien des inquiétudes. En marche Zèer dizit au
2 Margrave: »Voyez ce feu dans l'air. que presage-t-il?« C’est l’arrivée du soleil, dit-on. »Non, c'est l'occident, c'est une aurorec. dit le Roi, »c'est de ce côûté-là que nous devrons combattre et où nous serons heurenx.e On combattit à 3 heures. Succès d'autant plus agréable qu'on l'attendait peu. Le Roi dit à un vieux soldat d'Anhalt: Vous avez
25 bien fait.e — » Et comment n’aurions-nous pas bien fait, Sire, nous combattions pour la religion, pour vous, pour la patrie. Le Roi pleura. Il pleura encore en me répétant cette réponse. Je le félicitai. »C'est un grand bonheur, qu'est-ce que c’est que la prudence humaine? Que de hasards dans toutes les affaires de la vie, ne doit-on pas mépriser la bonne
30 comme la mauvaise fortune ?« — » Cela dépend de ce que l'on entend par läc. dis-je.
Il a été tous les jours et toujours dans les mêmes idées. Frappe de ce qu'au homme avait calculé que le théâtre de la guerre se porterait en Silésic. que Fouqué perdrait son corps s'il se tenait dans les mon-
BS tagnes. Quand on voit pourtant de tels faits, que penser?
s'Trouve-t-on que j'ai bien manœuvré? Vous voyez que je récompense bien tous ces gens-là. Croiriez-vous que j'éprouve un certain plaisir secret de savoir que ces Autrichiens ont des inquiétudes? Cela n'est pas bien. royez sûr que dans toute cette affaire c'est l'honneur qui me
ie» dirige. le plaisir de me tirer de là, de m'être soutenu contre tant de gens
qui voulaient m'accabler. Je voudrais bien me retirer. j'aimerain de
11 août
13 août
14 août
paululum. »Si les Austrichiens savent que j'ai free an diront : comment diable fait-il pour tant avoir ?«
Copie d’une lettre éerite au Roi.
La pièce est jouée, il ne m'en restera d'autre souvenir que & a des bontés dont Votre Majesté m’a comblé à cette oecasion, elles : pénètrent, elles m’attendrissent, elles seront un nouven fp m’appliquer par ma conduite à me rendre digne de l'estime d’un pris dont l'encens n’est dû qu'à la seule vertu.