Troisième partie
La vie du Roi à Breslau pendant les trois mois qu'il y resta, fut
Dresde. Comme tout intéresse dans un tel prince, on verra avee ere. et peut-être avec quelque utilité, comment ce Prince savait em tous ces instans, et combien de choses il mettait dans la sphère de esprit.
Levé les deux premiers mois de son séjour à 6 heures du matin, se leva le dernier mois à 5 heures, et sur la fin à 4, pour s’accontumer, disait-il, à être prêt à temps, lorsqu'il se mettrait en campagne, ainsi qu'il se préparait à tout ce qu'il voulait faire; il allait pre jours par des gradations insensibles, mais il les négligenit se dans les quartiers d'hiver, en passant d'un grand mouvement à grand repos.
»Je sens, mon cher, que je ne devrais pas me tenir eraı dans ma chambre, assis dans mon fauteuil si simple et si com mais, après tous mes tracas, le repos a pour moi tant de charmes je m'y laisse aller avec délice; mon tempérament d'ailleurs bon, souffre point de cette alternative qui doit vous paraître extrême; jepne fite de mon loisir, qui est une occupation réelle, j'y trouve de 1 des distractions à mes peines.«
Quand le Roi était habillé, il lisait ses dépêches, déchirait om au feu les lettres auxquelles il ne voulait pas répondre, et jomait un
qu'il imaginait: ses secrétaires du cabinet étaient appelés ensuite, le leur dictait ce qu'il y avait à répondre à chaque lettre concer civil ou le militaire: il y avait peu de réponses à faire au premier, il le laissait assez aller comme il voulait.
»Le militaire doit seul, dans ces momens critiques, être Vohjet de toute mon attention: si je suis assez heureux pour finir cette heureuse guerre, je m'occuperai alors de tous mes d&partemens, pi réparer les abus qui s'y seront glissés, les fautes qu'on y aur | mises, et les négligences dont j'entrevois la multitude: mais que il ne me reste pas assez de temps pour vaquer et pour parer, dois aller au plus pressé.«
Les expéditions faites, il composait soit des ouvrages emp des épitres en vers, et ce travail durait jusqu'à 11 heures, ot il.de
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e: il revenait encore à son travail jusqu à Tinstant du diner. Le e durait guère. il y invitait quelques généraux et M. Mitchell. quel il sentretenait plus qu'avec les autres: après le repas. le ait un quart d'heure de la flûte. et il en jouait. disait-il. pour la digestion. il se remettait ensuite à sa composition du matin, rrigeait ses anciens ouvrages et les pièces quil avait faites pencampagne. Je parlerai dans la suite de ses compositions penquartier d'hiver. et des ouvrages qu'il y a lus. A 5 heures, ppelé et je restais jusqu'à 7: dans cette séance de deux heures, ne parlait de son ouvrage du matin et de l'après-midi et me liuite quelques oraisons funèbres ou quelques ouvrages de philoqui donnaient lieu à des observations. et quelquefois à quelques 3: les règles de la dispute n'étaient souvent pas trop bien obserquoiqu'on permit une liberté entière. on 8 en permettait une plus qui parfois anéantissait celle qu'on avait la bonté de permettre: ne voulait pas définir les termes. ou l'on trouvait les définitions es. lorsqu'elles montraient une contradiction dans laquelle on en raisonnant comme on le faisait, ou enfin en tranchant le mot. it que l'on avait tort: et cependant. dans une autre occasion et mêmes matières. on proposait comme juste et très logique ce que it condamné, comme étant de purs sophismes: j'ai déjà préans le commencement de ces mémoires. cette façon de disputer oyauté se permettait. on me paraissait flatté, alors, du plaisir de ire de me ramener à des raisonnemens logiques. et je me garn de gäter ce plaisir qui me mettait sur les voies de suivre dans . Cas la tournure de cet esprit singulier et supérieur: un jour il it javais veen du temps de ces anciens sophistes. j'aurais pu disnme eux le pour et le contre sur toutes ler matières et je n'auentendu badinage. j'aurais crié comme un ogre. quand les raianraient manqué.« mme Je souris à ce propos. il me demanda pourquoi je riais. et. endre ma réponse. il me dit :
ous croyez peut-être que j'aurais été un despote en littérature ?« ne dis pax cela. Sire. mais je crois que. dans vos disputes avec inter opiniätres. vous auriez cu le même plaisir d'anéantir cer ra que vous en goliteriez à anéantir vos ennemis. rstinguo. pour le degré du plaisir. le premier est à l'égard de an infiniment petit. M. d'Alembert nous ferait là-dessus une mule algébrique où vous et moi ne comprendrions pas la > chose. «
List
A 7 heures, le Roi jouait, jusqu'à 8 heures et demie, un concert quelques solo de Quantz ou ceux qu'il avait composés, et il en avait fait, me disait-il, cent vingt.
»Cela n'est-il pas honnête pour un Roi pauvre musicien ?«
Les premières semaines il me fit rester à son concert, mais à pré- 4 sent qu'il y avait des assemblées et des soupers en ville, il voulut que j'en profitasse, et je n'entendis plus ses concerts que les derniers quinze jours de son séjour : après son concert, il lut seul jusqu'à 10 heures, ei se mit au lit, le dernier mois il se coucha à 9, pour se faire à se 2 de meilleure encore pendant la campagne. Tel fut exactement son de vie, voici quelles furent ses occupations littéraires.
Après avoir revu, comme je l'ai dit, les réflexions sur le destinées au général Fouqué, le Roi eorrigea son épître à la mı de Baireuth; cette correction dura trois jours, il me lut chaque épitre corrigée, et toujours en répandant des larmes.
»Mon cœur est si plein que je ne puis rendre tous les senti m’affeetent, cela me désole. «
I corrigea ensuite son épitre à sa sœur Amélie Sur de H celle au due Ferdinand, qu'il avait esquissée pendant la cam)
Le Roi finissait presque la correction de cette dernière pièce, quan il reçut d'Hambourg une lettre du marquis d’Argens qui fai grandes félicitations sur la campagne que Sa Majesté venait de heureusement; voici la réponse du Roi à cette lettre. — —
Comme Sa Majesté contre son usage ordinaire interrompit In et rection de sa pièce, pour écrire et expédier cette lettre, je Vai tr ici; quant aux autres lettres qu'elle a écrites à différentes pen pendant ce quartier d'hiver, je les rapporterai de suite, à la fin séjour à Breslan.
Quand le Roi ent corrigé toutes ces petites pièces, ponr disait-il, le suffrage du patriarche de la littérature et du dien des composa une épitre en vers à Milord Marishal et une à M. Mi deux épitres furent envoyées sans aucune correction:
»Je veux que ces deux êtres honnêtes aient tont de suite ce pense sur eux; quand j'aurai un peu plus de temps, je reverrai pieces; oh, j'espère qu'à la faveur de l'attachement vrai queÿ eux, ils passeront sur ce qu'il pent y avoir de défectueux di positions, qui se ressentiront sans donte de ma position actu
En expédiant l'épitre à Milord, il lui réitéra tous les avait de la perte du digne maréchal, son frère: Quand on faire des vers, on se mit à travailler en prose, le Roi fit uns u les satiriques, et un sur les libelles; je vis bien, lorsqu'il mel
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> la conversation qu’il avait entendue de son aide de camp . .. avec un de ses amis!) lui avait donné l'idée de les faire, me dit, après la lecture faite, me confirma dans le jugement y porté.
lupart des hommes décident de ce qu'ils voient sans connaiscause, ou ils jugent par des préventions qui leur bouchent ent. et quand l'aigreur ou le ressentiment s'y mêlent, on condors: vous aurez pu remarquer combien on est enclin dans > à tout critiquer, et ce qu'il y a de pitoyable, c'est que des qui n'ont ni vu, ni rien entendu avec intelligence, sont les 8 à décider du mérite ou du démerite des opérations qui se eurs yeux, dont certainement ils n'en entrevoient pas le pourt d'eux et d'une foule d'autres encore que l'on peut dire: ils ux et ne voient point, des oreilles et ils n entendent point: je en, mon cher, pouvoir guérir mes polissons, et autres qui pas l'être, de cette manie de tout critiquer, manie qui retarde 8 dans tous les genres: comment en faire, lorsqu'on se croit ile pour condamner tout ce qui se fait? je voudrais pouvoir 18 leurs pesantes cervelles cette maxime si vraie: la critique t l'art est difticile.«
nt un jour le Roi avec un visage plus serein qu'à l'ordinaire,
Sire, tant de lectures sérieuses qu'Elle fait depuis bien du rendront à coup sûr dévote: ces oraisons funèbres, ces sertragédies saintes annoncent une conversion prochaine. me répondit point, il me regarda fixément, mais avec un souris, de choses indifferentes. Six jours après, il vint à moi, lorsais dans son appartement, il avait un papier à la main, quil riere son dus.
ı mavez demandé, Monsieur, pourquoi je m'occupais de tant s séricuses.« Me présentant alors le papier qu'il tenait: »Voyez
t une oraison funèbre qu'il avait faite sur Mathieu Reinhart, donnier.
t la, mon cher, le fruit de mes lectures qui vous ont étonné. | Fleebier ont fait des oraisous funèbres pour célébrer la vie t des têtes illustres: pour moi, indigne de délier la courroie rs de ces grands prédicateurs — j'ai fait l'éloge fanèbre d’un rdonuier qui par ses talens, par sa vertu et sa piété. méritait
si rapporté, voyez Doberschütz après la bataille d Hocbkirohen {p. 195,
222 Memoiren vom Heinrich de Gatt.
plus que des rois et des princes de passer à la postérité la plus reenlée: | la flatterie, cette indigne flatterie dont on ne peut se défaire, lorsqu'on parle de ces »illustres ingrats«, n'a point souillé ma plume en traçant l'éloge de mon cordonnier — je Vai peint avec vérité, cet être si respeetable, d'autant plus grand par ses vertus réelles, qu'il ne les devait qu'à lui-même: à présent, Monsieur, êtes-vous content, et croyez-vous 1 mes sombres lectures m'ont été inutiles ?«
Au bout de quatre jours, le Roi vint au devant de moi, ayant comme la première fois les mains derrière son dos.
» Lorsque vous m'avez vu si attaché à mes prédicateurs, vous m) vez paru craindre que je ne devinsse d&vot; hélas, Monsieur, vos craintes n'ont été que trop réelles, je le suis dans toutes les Fist lisez ce titre, voilà le sujet sur lequel je viens de travailler. «
C'était un sermon sur le jugement dernier. \
»Ne pensez point, Monsieur, {c'était du Monsieur qu'on donnait que ma dévotion se date de cet instant-ci; quelques mois après La bataille de Kolin,, j'avais composé la moitié de ma pièce édifiante : depuis, entraîné par la diversité et par la multitude des affaires, je ne m’ plus occupé de mon sermon, la tiédeur m'avait saisi, et, rentré mainte nant dans la bonne voie, je l'ai fini pour votre édification, quand eraindrez de vous laisser entraîner par le torrent des mauvais et qui ne se laisse pas, hélas, séduire! la chair est si faible — lisez sermon, agréez ces derniers efforts d'une voix qui vous est connuël), restes d'une voix qui tombe, et d'une ardeur qui s’öteint.«
Il termina ses compositions par ce sermon sur le jugement il le eorrigea plusieurs fois.
»Comme la matière est sérieuse, dit-il, »je l'ai écrit sur du pal à bord noir.«
Ses conversations, pendant son séjour à Breslau, furent ment sérieuses et tristes; rarement je le vis se laisser aller à un pen; gaieté, il ne se passa guère de jour qu'il ne parla de la mort de il relisait souvent l’&pitre qu'il avait composée pour elle; en la saisissait tout ce qui pouvait avoir quelque rapport à 1 l'immortalité de l'âme, et il en raisonnait, comme il avait fait ment. Un soir qu'il parlait de cette matière qui me paraissait In tant à cœur qu'il en parlait avec beaucoup de fen, sa petite ın vorite qu'il avait fait venir de Potsdam, sautait sans cesse sur Anis
»Allez, folâtre , finissez vos sauts et vos caresses, pourquoi, vous interrompre un philosophe qui raisonne sur des choses si
1} Imitation de la fin de l'oraison de Bossuet pour lo grand Condé,
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Comme il opposait souvent des vers aux raisons que j alléguais sur sujet qui faisait l'objet de la dispute, je me servis ce jour de la même ithode, lorsqu'il me demanda comment je ne voyais pas que notre âme, pendant constamment du corps, finissait avec lui, et comment cette ée de destruction pouvait me paraître une idée inquiète: je lui répondis sa demande :
Nos chagrins, nos regrets, nos pertes sont sans nombre, Le passé n'est pour nous qu'un triste souvenir, Le présent est affrenx, sil n'est point d'avenir, Si la nuit du tombeau détruit l'être qui pense, Un jour tout sera bien, voila notre espérance. Je m'attendais à une réponse de sa façon sur les vers que je lui ais. mais, à ma grande surprise, il me dit:
» Comme vous me citez si bien des vers de Voltaire. je vous en dirai ssi qui vous conforteront :
Aveugle que j'étais, je crus voir la nature, Je warchai dans la nuit, conduit par Epicure, J adorai comme un dieu ce mortel orgueilleux, Qui fit la guerre au ciel ot détrôna les dieux. L awe ne me parut qu'une faible etincelle .
Que l'instant du trépas dissipe dans les airs : Tu m'as vaincu, je céde et l'âme est immortelle, Aussi bien que ton nom, mes écrits, et les vers. !
J'ai cru remarquer, dans bien des occasions, que le Roi combattait uvent ce qu'il avait du penchant à croire, ce qu'il désirait, au fond, qu'il t ou qu'il püt être : il venait trop fréquemment et à la plus légère vocaon à cette idée de Finmortalite, pour qu'elle lui fût tout à fait indiffénte et pour avoir sur cette matière des idées fixes. Dans des momeus » satisfaction et de succès, la nuit du tombeau détruisait l'être qui
:2, dans des instans de désastres, de pertes et de mort de pernues. d'êtres auxquels il tenait. cette nuit n influait point sur la pensée.
s Peut-être un jour je reverrai cette sœur, ce frère, cette mère surut que j'ai tant chéris. quel plaisir ne serait-ce pas pour moi, si je ‘entretenais avec ces grands hommes de l'antiquité que j'ai tant adirés et dont j'ai lu les ouvrages. Si l'âme dépend si singulièrement du rps. si elle l'affaisse, quand celui-ci chancelle, on voit pourtant quelicfois. dans des momens où la machine va se dissoudre, que ce qui ‘use en nous prend une nouvelle énergie. qu'il y a des momens plus mineux souvent que dans la plus grande vigueur du corps: enfin, si on admet pas une providence qui dirige tous les évènemens de la vie pour
I Lacrece, voyez le T'emple du yoût par Voltaire. 2 On opposait de l'aigreur rfois aux raisonnewens que lon faisait pour cuwbattre cette idée.
294 Memoiren von Heinrich be Ga.
un but digne d'une sagesse consommée et qui Para ROW SERA DENE le bonheur, tout est inexplicable dans la nature.«
Telles étaient les idées que l'on me présentait dans des momens de revers; que de fois il m'a cité ces vers, lorsqu'il se sentait affaissé par le travail ou par le chagrin qui le mettaient hors d'état de s'ocenper: 5
Est-ce là cet esprit survivant à nous-mêmes
DI nait avec nos sens, croit, s'affaiblit comme eux, Hélas, périrait-il de même?
Je ne sais, mais j'ose espérer!) —
Il ajouta ce vers, quand il me parlait, en corrigeant son &pitre à la Margräve, du plaisir ravissant qu'il goüterait à la revoir encore. Les lectures qu'il fit pendant son séjour furent analogues au fond de tristesse qui le saisissait, il lut à deux reprises les oraisons funèbres de Bossuet et de Fléchier, une fois celles de Mascaron et de La Rue, le sermon de Saurin: »Que te ferai-je Ephraim, que te ferai-je Juda, voici ta piété est comme la rosée du matin et comme l'aube du jour qui s'en va«; le Petit Caréme de Massillon, les tragédies d'Esther et d Athalie, les Tusculanes, qu'il relut encore, ainsi que la Nature des dieux et De finibus. = Il finit ses lectures par les six premiers volumes de la vie des hom illustres de Plutarque. >
Le Roi, sur la fin de son séjour, fit deux courses, il alla s'aboneher avec le prince Henri, auquel il donna rendez-vous, pour lai ecommanlquer son plan pour la campagne qu'il allait faire, et, en allant et en ré venant, il apprit par cœur toute la Chartreuse, qu'il me récita à son j'avais le livre en main qu'il m'avait donné pour le suivre et pour rêter lorsqu'il manquerait; cela n'arriva qu'une fois.
»Vous voyez que je n'ai pas perdu mon temps; cette © m’a fait plaisir par ce ton naturel de philosophie qui y règne.«
Dans la seconde course, que le Roi fit pour visiter quelques il apprit aussi par cœur quelques scènes d’/phigenie, et, en ine les citant comme la première fois, il ne manqua pas à un mot.
Je finis ce qui regarde notre quartier d'hiver à Breslau pour crire les lettres que le Roi y écrivit et les épitres qu'il y composa ä me arrivée pour Milord Marishal et le chevalier Mitchell; quoique Sa Maÿes ait corrigé beaucoup ces deux pièces, j'ai pensé que le lecteur # bien aise d'en voir les premières esquisses faites chacune dans après-diner et dans un moment où Elle était encore si fatiguée del pénible de la campagne.
Le Roi répondit au comte Algarotti, qui lui donnait beaucoupé ges sur la belle campagne qu'il venait de finir. — —
1) Voltaire à M. de Genouville.
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On se rappellera que Sa Majesté écrivit de Tombsen, le 2 uovembre, a Voltaire et le pria de rassembler touter ses forces pour élever un monument à l'honneur de sa sœur. la margrave de Baireuth. L'auteur de la ZZenriade envoya une ode. Le Roi critiqua plusieurs strophes qu'il
‘trouvait d'ailleurs faibles. et il lui envova sa critique. !, — -.
Il me parut que le Roi ne fut pas si indifférent à ce que M. de Voltaire lui mandait sur l'histoire de Brandebourg et au bulletin joint à la lettre on disait dans ce bulletin que l'on savait de science certaine que M. de Voltaire, et non le Roi. avait fait cette histoire. et que Sa Majesté
Wwn'y était entrée que pour avoir fourni les matériaux tirés des archives. Voltaire re recriait fort sur l'insolence de ce bulletin et assurait plus fortement encore, qu'il avait bien rembarré ceux à lui très connus qui avaient écrit cette impertinence: » j'ai désavoué et Je désavouerai à jamais cette imposture« — voilà ce qu'il disait dans une feuille à part de la
15 lettre. et voici ce que le Roi me dit:
«Vous voyez ce que Voltaire me marque, vous voyez, comme il m'assure de l'indignation que lui a causée ce bulletin, et du soin qu'il aura de faire taire la calomnie: ch bien, mon cher, vous prenez tout cela pour argent comptant, et vous vous abusez: comptez que c'est ce drôle
2y qui a fait lui-même ce bulletin qu'il m'envoie, personne que lui n'a dit et ua pu dire une telle infamie, vous ne connaissez pas toute la noirceur de son caractère : il fait ici l'officieux, il veut que j'oublie tous les griefs que Jai contre lui, et. pour réussir. il invente une chose pour m'annoncer qu'il la refutera, qu'il est le plus zélé des hommes pour ce qu'il appelle
2: ma gloire Httéraire : il veut enfin que je le remercie et que je lui tienne un compte infini de la vengeance de drôles comme lui qui débitent de pareilles absurdités. Sans lui faire remarquer que je le soupçonnais d'ètre lui-même l'auteur de ec libelle, je me suis contenté, comme vous l'avez lu. de lui dire simplement que J'étais très indifférent sur ce que
selon pouvait dire de moi en France et partout. Je suis persuadé qu'eu me lisant, il dira: »Ce . . . ne me parait poiut touché de tout cela, j'en auis pour ma méchanceté: ah que je voudrais qu'il regüt un bon coup de patte. comme je rirais aux anges. Le voilà, mon cher. le voilà tel qu il est. #uyez sûr que je ne me trompe pas. «
25 ‚Vous le carcssez donc.c dis-je. »Sire. eomme on flatte le diable. pour qu'il ne fasse pas tout le mal qu'il voudrait et pourrait faire.
» Bene. Mousicur. hene.c
I Le Roi lui avait envoyé une esquisse un mois avant, wais non cette pièce Guie la veille de Ia bataille d'Hochkirchen: celle qu'il envoyait à Voltaire, était ln 8 piece duewent corrigée.
Yurislanen:n a. tb. Preuß. Ztaetsachiven. XXI. 15
226 Memoiren von Heinrich be Gatt.
Deux jours avant le départ du Roi, je reçus une lettre d'un comédien qui, s'étant battu avee un de ses confrères qu'il blessa, avait été eondamné à la forteresse de Spandau; il me suppliait da lire à Sa Majesté sa lettre et les vers qu'il y avait joints :
Tant d’ennemis par son bras abattus, a Voudra-t-il mériter que l'univers le fronde,
S'il condamne les gens pour s'être un peu battu,
Lui qui bat si bien tout le monde?
Je lus la lettre et les vers. t
»Quoique Monsieur le comédien ne soit pas tout & fait exact 1 ses vers, témoin notre histoire d'Hochkirchen, je n'y regarderai pas de si près, et j'ordonnerai qu'on le relâche; n'est-il pas ridienle que de pareilles gens se battent?«
Le comédien fut relâché, admonesté et menacé de finir ses jom à Spandan, s'il lui prenait l'envie de se battre encore.
Si l'on récapitule les occupations du Roi pendant ce quartier d'hiver, qui ne sera pas frappé d'étonnement d'une vie si remplie, qui lui ref sera l'admiration et les justes éloges qu'il mérite !
»L'habitude du travail si heureuse, disait-il, »si utile à tous hommes, est surtout précieuse aux princes, qui doivent à leurs l'emploi bien réglé de tous leurs momens; tout leur devient facile, ils aiment le travail, et ce travail qu'ils aiment, est la sauve-garde le leurs mœurs, comme elle est de ceux ix qu ‘ils gouvernent par le bon ex: qu'ils donnent. «
La veille du départ, j'y restai plus qu'à l'ordinaire, il finit paroi il avait commencé, il ne eessa de me parler de sa sœur la Margraveet de regrets qui ne finiraient jamais.
» J'ai tout fait pour calmer un peu ma douleur, j'ai lu et jai éerit vous l'avez vu, comme un Bénédictin, et ma douleur est toujours lai même: je vais courir les grandes aventures, et au chagrin que jé ajouteront de nouveaux chagrins — et le peuple crie être heureux eu un roi. Je pars demain pour Rohnstock, où nous cantonnerons quelge jours, notre campagne ne commencera pas de si bonne heure, px: cette fois-ci je ne serai pas le premier agresseur, à moins quel ne me soit très favorable; alors, je la saisirai certainement. les Autrichiens qui pensent que je n'aime qu'à en découdre, se ront cette fois-ei, et je leur montrerai, dans cette campagne, que grand Fabius à une livre de plomb au cul, j'en ai deux à € e voilà en deux mots mon plan de campagne, bon soir, priez, avec ferveur pour qu'elle me soit favorable, a
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Le Roi partit de grand matiu et arriva à Rohnstock avee plusieurs ce 24 m bataillons, qui y cantonnèrent. à Kohnst
L'humeur ne fut pas riaute le premier jour de sou arrivée: il avait donné quelques ordres qui furent mal exécutés. il m'en parla d'un tou
5 qui me fit voir combien il avait dû se ficher.
Il faut avouer que j'ai souvent affaire avec de plaisantes gens: econtez-wmoi. il y en a tels que je dois employer. que. si je les faisais sortir de ma chambre. ils ne sauraient pas où est le nord. et d'autres qui croient avec la plus grande aisauce toutes les sornettes qu'on leur
iva débitées tendant à les intimider. «
Cette humeur prise le premier jour continua tout le temps de notre séjour à Rohnstock: ceux qui avaient des affaires à traiter. des grâces à demander, étaient tous dans la crainte : le prince de B....... général major, ne craignit point cependant de prier le Roi de Favancer, puisque
15 c'était son tour de l'être. Sa Majesté lui répondit qu'il devait avoir patience et qu'il aurait le titre de lieutenant-général qu'il désirait: après avoir attendu quelques jours, il écrivit de nouveau, et il reçut la même réponse : le Roi fit alors une lettre, où il donnait un ordre pour qu'on Jai expédiât une patente de lieutenant-général, et il laissa cette lettre
2v sur la table: son plan était sans doute d'éprouver le Prince, et de le faire un peu à la patience, mais le Prince, qui manqua. écrivit pour avoir son congé — et il l'obtint. Le Roï, qui me parla de ces lettres qu'il avait reçues. des réponses qu'il y avait faites. de sa lettre pour l'expédition de la pateute, dit froidement:
25 “C'est ainsi qu'il en arrivera à tous ceux qui me presseront, je ne veux pas qu'on me force à faire une chose, parce que j'aime à la faire dans le temps où elle doit être faite; je veux que mes gräces soient libres: quand je crois remarquer qu'on les exige dans un temps, parce qu'on simagine les mériter, je ne me rends pas aisément. Si M. le Prince
3e avait cu la bonté d'attendre quelques jours, j'aurais eu celle de remplir ses vœux ; je conviens que c est un bon sujet, mais personne ne doit me faire la loi de quelque manière que ce puisse être: où en serais-je et que deviendrais-je. si j'accordais toujours tout au moment qu'on me sollicite ? j ai mes règles dont je ne me dépars point, et je m'en trouve
&s on ne peut pas mieux.«
L'armée regretta ce priuce. et bien plus quand elle sut qu'avec un peu plus de patience encore, il aurait été avancé: cet exemple arrêta plusieurs demandes de ce genre que l'on était intentiouné de faire.
Pendant ce séjour à Rohnstock. le Roi lut les commentaires de Cé-
&sar. l'histoire de l'Empire en deux volumes par Voltaire et trois volumes de sun histoire universelle: il corrigeu l'épitre au Milurd. et une ius-
22% Memoiren von Heinrich be Eat -
truction pour les généraux majors de cavalerie, qu'il envoya an général Fouqué.
Je reçus dans ce quartier de cantonnement une lettre où l'on m'en-
voya ces vers pour être mis au bas du portrait du Roi: Sage et vaillant Monarque et père, :
Il sut vaincre et penser, il sut régner et plaire; Héros dans ses malheurs, prompt à les réparer, Au plus affreux orage opposant son génie, DI vit l'Europe réunie, Pour le combattre et l'admirer. .
On avait écrit en grands caractères au bas de ces vers: Portrait “| Sa Majesté Prussienne, Justice et Justesse. Je lus ma lettre,
»On pense trop bien de moi«, dit-il, »ee qu'il y a de très vrai dans ce qu'on vous écrit, c'est qu'en effet l'Europe est réunie pour m'écraser | — si je méritais son admiration comme on le dit, s'oceupe CITE m'anéantir! Ce génie que l'on me prête si gratuitement, ne mes rait si je l'avais qu'à différer ma chûte. Voilà ce que ces bonnes qui sont touchés peut-être de me voir lutter contre tant de monde savent et ne peuvent point savoir, mais mon ami, j'ai deux pour tous les cas possibles, ma boîte, on un peu de mon ancien heur. «
der avril On marcha ce jour à Bolkenhayn, le Roi y resta jusqu'au 12; per „10% „ dant ce séjour il Int la logique de Port-Royal, la Phèdre et A À que de Racine, Vert-vert, le Lutrin et 1 Epitre à ma sœur de Gresset; ei ee lisant ces dernières pièces, il me donnait quelquefois le livre et pour que je visse si sa mémoire était toujours facile et fidèle.
Sa conversation de chaque soir roula sur des objets assez triste sur les malheurs qu'il avait éprouvés déjà depuis sa tendre jeunesse, sur le malheur le plus grand de tous, la perte de sa sœur la rave: en m'en parlant, et de l'épitre qu'il avait faite pour elle, il m'avona! en avait tracé l’esquisse en prose et non en vers, une page de cette quisse quelques semaines après la malheurense affaire de Kolirr, ne l'avait pas revue jusqu'au moment qu’apprenant que sa sœur Il continua à mettre cette esquisse en vers, il me donna l'essai avait fait, pour me souvenir, disait-il, du genre d'occupation et du de son travail; je donnerai dans la suite ces deux comm son loisir, pour qu'on voie comme dans des instans #i remplis trouvait pour s'exercer dans la poésie.
»Je ne sais, mon cher, comment je me tirerai de tout cetis s'effrayerait de voir ce nombre d’ennemis que les forces qu'ils rassemblent; mais il ne s'agit pas ici de sk faut agir, les dissiper; ee qu'il y a de diabolique dans ma
1759, 24. März — 12. April. 229
que. pour ne pas succomber. je suis foreé d'entreprendre toujours des choses difficiles et incertaines ct très hasardeuses même, et comment me flatter de quelque succès, lorsque je dois constamment avoir affaire avec ce saint père le hasard, qui depuis longtemps, comme une coquette
fieffee. ın'a si crucllement abandonné, après tant d’agaceries qu'il n'a faites” Pour me soutenir un peu, pour avoir quelques mois de repos et pour agir librement avec mon armée, selon mes petites idées. j'ai imaginé un plan propre à remplir ces objets, s'il est bien exécuté; je vous en parlerai demain. «
1 H ne m'en parla pas le lendemain comme il me l'avait dit. mais seulement quelques jours après.
» Le grand nombre d’ennemis que vous me voyez sur les bras. leurs furces qu'ils rassemblent de toute part, leur plan de m’attaquer au moment que la saison pourra le leur permettre, tout cela m'a donné l'idée
15 d'agir dans la Ilaute-Silésie et d'y rainer, si la chose est possible. leurs magasins de Troppau et de Ilof, et de faire la même operation en Bohême et en Pologne: un peu de bonheur, mon cher. et j'aurai quelque repos pendant quelque temps et je pourrai avec sûreté me tourner contre le maréchal Daun ou contre les Russes: voyez le pénible de ma position,
20 toujours forcé par les conjonctures de recourir à des expédiens qui dans d'autres instans ne seraient pas ceux auxquels je donnerais la préférenee: sans ces partis hasardeux auxquels je suis réduit, je succombe avant la fin de la campagne. Demain je marcherai vers Landshut pour donner le change au gros corps que j'ai vis-à-vis de moi.«
25 Le Roi marcha à Landshut avec toute l'armée, la cavalerie y campa Le 12 a, et une partie de l'infanterie y fut cantonnée. and
Le premier jour de son arrivée, il fat d'une gaieté singulière : eetto gaieté me causa beaucoup de joie, je souffrais vraiment de voir le Roi livré depuis six mois à une tristesse qui me faisait craindre pour sa
WW santé.
»Je respire enfin, mon cher, je respire, tout ira bien, le prince Ferdinand fait des progrès. mon frère Henri fera sûrement bien en Bohême. mon ami Fouqué exdeutera habilement le plan que je lai ai trace. ct votre serviteur secondera de tout son pouvoir les opérations qui vont ne
3; faire. et pour cet effet il va donner à l'ennemi touter les jalousien possiblen. il ne s'attend sûrement pas à tout ce qui va lui arriver.«
J'en accepte l'augure. Sire, il serait temps que cette vie qu Elle appelle ane chienne de vie. finit enfin. «
»Un peu de bonheur. mon cher, un peu de bonhear, ri tout va bien,
40 j aurai les coudées un peu plus franches: si mon plan ne réussit pan, les affaires deviendront et plus sérieuses et plus difficiles: mais voici une
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lettre qu'on m'apporte, voyons ce que c’est, Tu dien, une lettre de Voltaire — quelle bonne journée, or ça, oyez, Monsieur.
Voltaire faisait dans cette lettre de grands éloges des petites pièces en vers et en prose que le Roi Ini avait envoyées.
»'Convenez, mon cher, que ee Voltaire écrit comme les anges; pour $ avoir bien vite une nouvelle lettre de cet homme unique, je vais lui faire ma réponse: attendez un instant, elle sera bien vite haclée,s
Et elle le fut en effet bien promptement. Le Roi renvoya à Voltaire une partie de l'encens que celui-ei lui avait donné, et l'assuræquil | pourrait écrire tout ce qu'il voudrait, sans avoir à craindre Ia curiosité des hussards autrichiens plus avides d'ean-de-vie que de beaux vers; et, sur ce que je dis que l'on avait brûlé à Paris quelques ouvrages de Voltaire, le Roï’ajonta à sa lettre ce post-seriptum-ei :
On dit qu'on a brûlé à Paris votre poème de la Religion naturelle, Va Philosophie du bon sens, &t l'Esprit, ouvrage d’Helvetins; ad-0 mirez comme l'amour-propre se flatte: je tire une espèce de gloire que la même époque de la guerre que la France me fait, devienne celle qu'on fait à Paris au bon sens.
La correspondance du Roi avec le patriarche de Ferié fnt pendant ce séjour à Landshut et assez fréquente et quelquefois aksez vive: je vais en donner un échantillon, qui fera connaître ee que Voltaire disit dans ses lettres.
»Je vous felieite«, lui écrivait le Rof dans sa lettre du 19, »dietre encore gentilhomme ordinaire du Bien-Aimé; ce ne sera pas au pa tente qui vous immortalisera, vous ne devrez votre apothéose qui la Henriade, qu'à ? Œdipe, à Brutus, à Semiramis, à Mörope, ıu Comte de Foir. Voilà ce qui fera votre réputation, autant qu'il ya des hommes sur la terre qui eultiveront les lettres, autant qu'il y aus des personnes de goût et des amateurs du talent divin que vons po sédez. Pour moi, je pardonne, en faveur de votre génie, toutes! tracasseries que vous m'avez faites à Berlin, tons les libelles de Lei et toutes les choses que vous avez dites ou fait imprimer contre qui sont fort dures et en grand nombre; sans que j'ene moindre raneune, j'apprendrai même, sans me fâcher, que gneurie suisse française ait fourni des auxiliaires aux brigands veulent me détronsser, c'est vous mettre bien à l'aise vis-A-vis de ma
Le Roi, après m'avoir Iu cette lettre dont je ne cite qn'une relut encore la lettre de Voltaire, et celle que le patriarche x écrite.
»Vous le verreze, me dit-il, »mon cher, sonvonez-vous que, J'ai dit, ce b...... est prêt à me jouer encore de ces
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métier — il fera imprimer ces maudits vers que je lui ai envoyés. je vais lai écrire un mot là-dessus. « Il ajouta à sa lettre ce post-seriptum-eci :
»P.S. Si les vers que je vous ai envavés. paraissent. je n'en ac- 5 euserai que vous; votre lettre prélude sur le bel usage que vous en voulez faire, et ce que vous avez écrit à Catt ne me satisfait pas. main c'est de quoi, au reste, je m embarrasse très peu. « Le Roi avait envoyé à Voltaire une épiître qu'il avait faite pour la princesse Amelie, cette Epitre fut fort applaudie et, malgré ces applau- 19 dissemens, Sa Majesté, dans la réponse quil fit le 22. parla de sa pièce comme d'une esquisse. — — — Le lendemain de l'expédition de ectte réponse. le Roi reçut une nouvelle lettre de Voltaire, qui lui envoyait Candide. „Ce Voltaire est admirable de penser à moi et d'alimenter par ser 15 lettres et par ses ouvrages mon esprit, qui a grand besoin d'une bonne nourriture. Si le cœur de cet homme-là répondait à son beau génie — quel homme. mon cher! Il obscurcirait tout ce qui existe: vous voyez quil trouve que mes vers ne sont pas mal. pour être faits dans des situations si pénibles. mais, malgré ces éloges d'un si grand poète, il faut être mo- 2% destc. J'ai lu déjà ce matin une partie de son Candue et l'ode sur la mort de ma chère sœur. il l'a supérieurement corrigée et embellie: voici la réponse que je lui ai faite, vous voyez que je suis un correspondant bien exact. mais aussi aurai-je bientöt une nouvelle lettre de mon patriarche: tout ce qui me vient de ini, m'est bien cher. surtout dans cer 25 momens où l'on a besoin de toutes les distractions possibles.« — — — C'est ainsi qu'en écrivant à Voltaire et plus fréquemment à son ami Fouqué. Sa Majesté passa son temps à Landshut jusqu'au 27: il y lut l'introduction à la philosophie par Sgravesande, la préface du Zirtionnaire Encyclopédique.
30 * C'est le chef-d'œuvre de d’Alembert«. me disait-elle. »cet ouvrage seul rendra son nom immortel. « Candide qu'elle lut trois fois, l'amusa beaucoup: »C'est là le seul roman qu on peut lire et relire.« Tout aurait été bien, ri le général Fontjue avait pris ces magarink 35 que le Roi avait tant à cœur. Le Général écrivait qu'il n'en trouvait point. et on lui répondait qu'il y en avait même de très considérables, et comptait si bien sur eaux qu'on exhortait à bon compte de les faire transporter à Neisse. Autant le Roi était-il peu satisfait de ce qui se faisait en Silésie. autant l'était-il de l'expédition du prince Henri en Bo- 4 hême. Il me fit appeler quand il en reçut la nouvelle de Linay, du 17. Mon frère vient de faire une belle opération. il a ruiné des maga-
Landshut 26 avril