MARÉES
que la Lune est entre les 8ysygîe*8 et les quadratures, l'action de cet astre se compose avec celle du Soleil, et la résaltante, dirigée entre ces deax corps , détermine le point le plus élevé de la protubérance aqueuse. Cette résultante sera plus rapprochée de la Lune , qui exerce ' une action triple ; et selon qne cet astre ira au périgée ou à Tapogée , cette force prendra diverses situations à l'égard de ce satellite. On voit donc que l'heare de la marée avancera des syzygies aux quadratures , K parce que la résultante passera à l'ouest de la Lune (fig. 16); il j aura retard, des quadratures aux syzygies , attendu que cette force tombera à Vest. Ces avances et retards varieront avec le lieu de la Lune dans son ellipse, puisque la résultante se rapprochera de la Lune au périgée , s'en éloignera à l'apogée.
On voit donc que les marées sont surtout réglées par la Lune ; le Soleil ne peut jamais qu'acoroitre ou diminuer, avancer ou retarder l'effet produit par ce satellite , dont la proximité contribue puissamment an phénomène : les distances des deux astres à Téqualeur y influent beaucoup aussi. La marée sera au minimum dans les quadratures , si la Lune est apogée : si l'astre est périgée , elle sera au ma^mum dans les sysygies; enfin les marées des éqtiinoxes sont les plus puissantes, quand elles se réunissent avec la Lune périgée. Toutes choses égales d'ailleurs, la plus grande marée est à peu près double de la moindre; celle-U n'est qud la 3* marée après une syzygie , celle-ci la S* après une quadrature.
lis. Nous avons dit qne les deux montagnes aqueuses qui causent la marée n'ont pas pour axes le rayon vecteur mené de la Terre à la Lune, et que le passage méridien de l'astre n'est pas le moment où le phénomène se manifeste. La manière, dont Faction de cet astre se compose avec œile du soleil , l'adhérence des eaux dont l'écoulement n'est pas instantané ; leur frottement sur le fond de la mer ^ la rotation diurne de la Terre, qui force xsetto protubérance a se déplacer sur la surface, et qui l'empêche d'atteindre à son maximum d'élévation à Tinstant où la résultante des deux forces principales vient l'attaquer; enfin, l'écoulement avec une vitesse accélérée , des eaux du reflux pour combler le vide des eaux du flux ; telles sont les principales causes qui n'amènent le retour du soulèvement des eaux que plusieurs heures après le passage de la Lune ad méridien, et forcent la mer a mettre un peu plus de temps à descendre qu'à monter.
L'étendne des eaux' doit contribuer à leur élévation , puisque, dans uue vaste mer, tout y favorise l'action lunaire et solairo; aussi, dans
1a Médllerranée , les marées sont a peine sensibles, et elles ne leiiODi nullement dans la mer Caspienne et la mer Noire. Cependant le pliénomène est assez remarquable, dans pes lieux mêmes, lorsque la transmission des ondes se produit dans des parties profondes el resserrées. On observe des marées au fond du golfe de Venise , el l'oa dit qu'un philosophe grec s'est noyé de chagrin de n'avoir pu expliquer les mouvements de la mer dans le détroit de TEuripe.
La configuration des rivages retarde aussi beaucoup l'époque du flux y et les divers lieux d'une côte en reçoivent l'effet a des moments différents; mais comme oes causes de retard sont constantes» leur effet l'est aussi* Le retard que la marée éprouve dans chaque lieu sur le passage méridien de la Lune , est toujours le même dans ee lieu ; il est de h^W à Brest, de 6* à Saint-Halo , de %^{ à Urient, de W{ à Dieppe , etc. : c'est ce qu'on nomme VÉtcMiêsemètU du par$. Ainsi il est È^ZO' à Brest lorsque la mer est haute, les jours de la nouvelle el de la pleine Lune. Si Ton conçoit un large canal ouvert d'un oèlé dans la mer^ et se prolongeant de l'autre au loin dans les terres ; lors* que le flux arrivera à l'embouchure , le mouvement des ondes se propagera successivement jusqu'à l'autre bout du canal ^ mais oes oscillations se feront sentir d'autant 'pIus tard que la dislance a la mer aéra plus grande. Telle est l'idée qu'on doit se faire du retard des iharées dans les différents ports. Nous nous occuperons des moyens d'en annoncer les retours.
114. L'attraction de la Lune sur les mers est incontestable, el l'on doit juger que Tatmosphèro doit céder encore plus facilement à son action. C'est peut-être à cetle cause qu'il faut rapporter la croyanoe où l'on est que les phases lunaires déterminent les grands ohange* raents de temps. Cette opinion , que dément sans cesse Tobservalion , est une erreur accréditée qui probablement n'est pas prête à finir, puisqu'on contradiction perpétuelle aveo les faits, elle résiste partool à l'évidence. An lieu d'avouer qu'on ignore la cause des TariaUons atmosphériques, on a préféré les attribuer à la Lune , comme on lui a accordé mille autres vertus aussi chimériques.
£n effet, si les rivages, en s'opposantà l'envahissement des mers , causeni deux marées par jour, la grande mobilité de l'air ne permel pas un e£Eet semblable dans Tatmosphère , qui changerait deux fois par jour l'état météorologique; nous n'observons pas qu'aux syaygiesles vents changent leur force et lenr cours, Si donc racUon lonaire est incontestable, elle n'est qu'un des éléments les moins imporUnla de
MASSES PLANÉTÂIAES. 171
cegraod problème. L'état électrique do Va\r, le ]ieadu Soloil dafis l'écUptiqae> le mouyemeot de la Terre, la direction et la force des yents, la tMspératQre y paraissent avoir one influence bien plus marquée, et eaftn on ne voit pas que les yents, ni les pluies, attendent le retour des phases pour exercer leur action ; ni que tous -les pays aient le même iampaj comme ib ont les mêmes phases.
Masses et densités des Planètes.
115. Les ^ndes montagnes de notre globe produisent aussi une attraction sur les corps qui en sont yoisins. Qu'un astronome, an sud de la montagne ^ obserye une étoile yers le nord ^ si le fil à plomb est infloenoé par l'attraction et écarté de la direction yerticale, le sénith apparent , ou le point du ciel qui est sur la ligne de ce fil à plomb » leottlera au sud, et la distance de l'étoile au zénith sera trop grande.
Vais ci le fil à plomb est dévié lorsqu'on est au sud de la montagne, il l'est en sens contraire quand on se place du côté du nord. Ainsi, une obseryation faite dans cette région donnera une autre distance xëaithale fautive. Dans le premier cas, le zénith a reculé au sud; ici il recalera au nord de la même quantité. La moitié de la différence de ces deux distances est l'arc dont raltraction do la montagne a écarté lo pendule de la direction verticale. Bouguer a en effet trouvé T{ de déviation près du Chimboraço (voy. Connaiêsance deg Tems, 1819).
Cette déviation explique très-bien la discordance des résultats ob* tenus dans la mesure de la Terre par des géomètres également dignes de Ah. Hotton a même employé cette action des montagnes à la reeherohede la densité du globe , on comparant leur masse à la distance du corps attiré. Maskeline avait trouvé que le Schehallien , en Ecosse, fait dévier le fil à plomb de prés de V\ et il en a conclu que la densité de cette montagne est les | de oelle de la Terre , et comme il suit d'un oxamen lithologique que la première est 2^8 , il en résulte que la densité moyenne du globe est 6 fois celle de l'eau.
Il est vrai qu'une aussi petite déviation du fil a plomb ne peut mesurer aveo prëobion une masse aussi grande : cette densité est en effet un peu trop faible \ ainsi qu'on le voit par l'expérience de Caveudish , qui ert bien plus oonclnante^ étant faite avec la balance de torsion , imaginée par Coulomb^ pour mesurer de petites forces dont elle augmente les effets.
Un fil de laiton esffixé à son bout supérieur, et tendu verticalement par vn poids faible suspendu au bas ; on dispose à ce bout une aiguille