ORIGINE
tnre^ etc« On doit regarder comme ToaTrage d'un penple , ce qui loi convient et ne oonvient qu'a lui ; ce qui a un sens pour lui à une époque déterminée, et qui n'en a point chex d'autres nations , à quelque époque que ce soit. Ce principe nous conduit à regarder les Égyptiens comme les inventeurs du zodiaque et des fables fondées sur les aspects du ciel *; c'est ce qu'on va développer.
L'inondation du Nil est un phénomène si remarquable par sa grandeor, sa durée , ses retours périodiques et son importance, que ce fleuve recevait un culte public. La Mythologie égyptienne parait en relation intime avec cet événeiAent annuel et avec les mouTements célestes qui l'annoncent, le produisent et en règlent le retour. Il est dÀ à une cause physique bien connue , les pluies abondantes qui ii|ondent l'Abyssinie, lorsque le Soleil atteint le tropique boréal. Le Nil commence donc à grossir à peu près un mois après^ le solstice d*été , époque du commencement de l'année solaire égyptienne **; il se répand ensuite sur tout le sol qu'il féconde. L'inondation dure troii mois ; c'est le temps du repos : les villes, rehaussées par des travaux immenses, s'élèvent comme des îles au milieu des eaux; les habitants voient avec joie , de cette hauteur, toute la plaine couverte par le flenve qui la fertilise, favorise le commerce en joignant les cités , les défend contre Fennemi, et devient à la fois leur nourricier et leur protecteur (Bossnet).
Dupuis admet que, dans les temps reculés, le Soleil était dans la constellation du Capricorne k l'époque du solstice d'été; l'astre atteignant alors sa limite la pins élevée , était comparé .aux chèvres qui se plaisent sur les hauteurs. Le Capricorne est en effet représenté dans l'attitude dn repos qui convient au solstice ; sa queue de poiaaon se
* Snivant Diodore, Macrobe, Ach. Taiiot, Laden, etc., les {(j^plient avaient, de temps immémorial, des tables astronomiques, connaissaient les réTolniîons des planètes, la durée de Tannée, etc. C*est donc chei eux qu'il est naturel de chereher Texplicatioa dn zodiaque. D'ailleurs, la hante antiquité de ces peuples, leur respect pour l'Astronomie, occupation principale de leurs prêtres, Tusage des hiéroglyphes, le mystère dont ils enTcloppaient leurs sciences, selon Hérodote et Plntarqtte.tool porte d'avanecà les croire inventeurs du lediaque, préférablement aux Chaldécns, aux Indiens et aux autres nations. Les Éorypti^M affirmaient à Diodore de Sicile, 60 ans avant nAtre ère, que le gouvernement de leurs rois remontait à i5 mille ans. Après soo ans de civilisation, ces peuples ont bien pu créer le systèo» des constellations xodiacales, qni.oVrtpas en soi une conception difficile, et qui leur était indispensable, diaprés Peut physique de leur pays.
'* Le serment que les rois faisaient à leur avénenv^nt au trène, de ne jamais sovSrir les interealations, parait indiquer que Tannée civile n'avait pas toigours été vague. U semble que, dam les temps très-reculés, on n'y observait que Taunée solaire, mais que depws. Tan- Bée vagne te serait introduite dans les usages civils.
rapporte â FiaonJUtioa qui Ta bientôt eommeowr (rtm le miliett d« juillet).
jâmèkguHm iidut imrmquê, mtuiiqn», MAirn.
Le Fen^am est le signe de l'inondation , qiii est complète en août ; et oomme le Nil n'atteint qu'en septembre sa pins grande ëlëTation, les Poiêêont désignent qne les eaux convraient toute la surface de l'Egypte. Le Bélier convenait au mois d'octobre, temps où les eaux retirées laissent d'abondants pâturages aux troupeaux longtemps renfermés. Le Taureau annonçait l'époque du labourage, qui ne se fait en Egypte qu'avec des bœufs , sur une terre encore humide d'un précieux limon ; c'est en noTcmbre que s'y font les labours*
Les Gémeaus, ou les Chevreaux, ou les j4mant$y symboles de jeu* nesse et de fécondité, désignent les productions nouvelles; l'époque de I4 germination, qni^ en Egypte, arrive en décembre : la promptitude de la végétation permet déjà d'y présager l'abondance de la récolte. Le ^ii€»r était le signe du solstice d'hiver; la marche lente et rétrograde de rÉcrevisse anuonce le mois de janvier, temps -où le Soleil revient vers les signes supérieurs. En Egypte, la végétation est la plus active en février j le Soleil reprend sa force en entrant dans le Lion, qui en est le symbole ; ce terrible animal sort alors des déserts , et a semblé ramener avec loi les chaleurs. Les moissons, figurées par la Vierge et son épi , annoncent que c'est dans le mois de mars que l'Égyptien moissonne. L'équinoxe,"ou l'égalité des jours et des nuits, au commencement d'avril, est marqué par la Balance, C'est en mai que régnent les maladies contagieuses , causées par les excessives chaleurs de la saison et les vents d'Ethiopie. Le Scorpion en désignait la redoutable époque , a cause de la funeste influence qu'on attribuait à ce hideux animal. Enfin le Sagittaire fermait l'année avec le mois de juin : armé d'un trait et poursuivant le Scorpion, il est l'emblème des vents du nord , précurseurs du solstice et de l'inondation. A cette époque, les vents étésiens ne manquent jamais de s'élever, et repoussant ceux du sud , chassent les vapeurs malfaisantes et ramènent la salubrité dans l'air. Le Sagittaire est le Jauus des Égyptiens , qui le représentaient avec deux visages {n? 368), tournés, l'un vers les signes écoulés, l'autre vers ceux de l'année nouvelle.
250. Si l'on a bien saisi cet exposé, on reconnaîtra que le Cancer et le Capricorne doivent nécessairement désigner les solstices, le 1*' ayant
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me Hurphe pMPaMeuM At rétrograde, le V Sg^miit le pept« ew wie
haateur escarpée; la Balance conTiont assaréineni à aa éqimoYe. Ainsi, des'doase constellations zodiacales, deux opposées caractérisent les solstices , et rintermëdiaire , an équinome. On ne p««t admettre que, dans l'origine, le Cancer se soit rapporté a Tété, la Balance à l'automne , etc., aîi)«i que P^ohe l'a supposé (a° 347); il Faut dmie que le Canper «oit relatif a l'hiver, la Balance au printemps et le Capii» «orna il l'été I comoie nous l'avons exposé. £t quand ou reaoïioaU que tes neuf autres signes sont l'interprétation naturelle des phénwaèuri physiques aineués dans l'ordre de leur succession annuelle , la aoppo* eitiou acquiert le plus haut degré de probabilité*
Ajoutons quelques traits à ce tableau.
Les Égyptiens ont trois saisons, de quatre mois chacune; l'iaonda** tiou cpmmenoaQt en juillet, le labourage en novembre, et lae rëooifes en luari* Dans l'origine , ces paisons se renoootraient avee le Capricorne, le Taureau et la Vierge, si Ton adopte le système proposé* Or, les constellations voisines confirment cette assertion. 1* L'Aigle ou ï^ecipUeff symbole consacré au Soleil , en anuonQeit l'élévatk» par son lever béliaque au solstice d'été, lorsque cet a^tre était dans le Capricorne. S*" Le Taureau était voisin du Cocher, qui, amiéd'uB fouet, semble l'exciter au travail. ^^ Le Bouvier, placé entre la Vierge et l'Ourse, tient une faucille de moissonneur et est près da ClMuiol chargé de la moisson ; autrefois la Chevelure de Bérénice était remplacée par une gerbe de blé.. Aujourd'hui la précession aasàne l'Aigle, le Cocher et le Bouvier en février, juin et ootobre, et ces oooaldlatkmi n'indiquent plus les trois saisons égyptiennes *•
- 381. Les divers phénomènes que nous venons de déorîro ae reproduisent constamment aux mêmes époques : l'immuable loi de binatuic les ramène toujours dans le même ordre et avee une égale dotée; mais, par l'effet de la précession , ils n'arrivent plus lorsque iMoleil entra dans les mêmes constellations ^ les figures ■odiaealos qui an étaient le eymbole n'y correspondent plus, et le Seleil ayant rétrogradé de sept signes, il faut remonter à quinse mille ans, pour se reporter à l'état que cette interprétation auppose, à raisoa de 7Saas par degré (n» 106).
* On peut voir, dans le grand ouvrage d'Egypte, un Mémoire cnrieDx de Ralge, eà ce a- Tant orienialiste croit pouvoir rapporter les noms des mois égyptiens ans phénomènes naio- »M« qui viennent d'être exposés. Nous espliquerons plus Urd U compoMtion d« Cdenéner 4# ces aneicBs peuples.
UnoanUqnilé d9 IB millo an», dorant laqadlû THittoiraie tait colqpiélelll^nt , affro «ne bieq Forte objeetion contre la système da Dapuis , et ce savaqt ne se Test pas dissimulée ; mais, persuadé par ]$ force des preuves et leur aooord , ne pouvant r^onoer à une opinion qui porte tous les caractères de la Tériléy il a orn devoir faire une concession qu'il importe d'exposer ici {Orig. deê Culiei, III, p. S40).
t La seule objeotion qui paraisse de quelque importanoe contre « cette explioetion, à ceux qui croient a un monde orée, o'est la haute « antiquité que nous supposons a l'invention du sodiaque ; mais elle ««^pourrait être bien moindre si, ce que je ne crois pas, il était arrivé « quelque grande inégalité dans la précession des équinoxes. D'ail- « leurs nous avons supposé que c'est le signe dans lequel eniraU h So-^ « Mf qu'on a désigné par un caractère hiéroglyphique représentatif « de l'état du ciel ou de la Terre dans chaque mois ; mais on pourrait « dire qne las inventeurs avaient placé ces symboles , non pas dans tt le lieu qu'occupait le Soleil , mais dan$ la partie du oiel opposée y de « manière que la succession des levers du soir de chaque signe eût réglé « le calendrier et eût exprimé la marche des nuits, comme le disent « Aratus et Hacrobe. L'invention de l' Astronomie appartiendrait en* K oore inconlestablement à l'Egypte , mais ne remonterait pas plus « loin que l'époque où le Taureau était le signe équinoxial du prinu temp's , denx ou trois mille ans avant l'ère vulgaire. Ainsi , dans « celte bypollièse , lorsque le Soleil, en conjonction avec le Taureau , « arrivait le soir a l'horizon, le premier signe qui se trouvait alors à « l'orient au-dessus de l'horizon, et qui finissait de se lever, eût été la « Balance, et l'ascension de cette constellation eut aussi désigné Té» « qoinoxe du printemps; de même , l'entrée du Soleil au lion eût ét^ « marquée le soir par le lever total et achronique du Capricorne ; l'en* « trée au Verseau ou au solstice d'hiver, par l'ascension du Cancer ; « l'entrée au Bélier, répondant aux moissons , par le lever du soir de M l'Épia ainsi des autres ; et tous les emblèmes recevraient le même « sens. »
Aiasi, ft« lieu de donner à la constellation où se trouve actoelleniMt le Soleil, un nom tiré du phénomène naturel contemporain, Dtffuis admet que ce nom aurait été imposé au signe qui en est éloigné de 180», et qui reste, a cette époque, toute la nuit sur l'horizon.
Lesodiaque est nae invention égyptienne-, il représente trop ftdèleuent la suite des phénomènes annuels propres au climat d'Egypte > pour qu'il reste le moindre doute a cet égard i le hasard n'enfante pas lie ces réunions prodigieuses de ftiits qui tous conspirent vers un même