‹ Uranographie, ou traité élémentaire d'astronomie a l'usage des personnes peu versées dans les mathématiques accompagné de planisphèresChapitre 23 sur 123 · MESURE DU TEMPS · texte numérisé non relu

MESURE DU TEMPS

Une horloge qui marque le temps moyen peut bien se trouver d’accord avec celle qui donne l’heure vraie ou solaire * : mais dans les jours suivants l’accord cesse d’avoir lieu , et la différence est variable. Les pendule» à équation donnent ces deux heures; elles ont deux aiguilles des minutes , dont l’une ; par sa marche uniforme , indique lu temps moyen, l’autre marque le temps rrai, à l’aide d’un mécanisme particulier destiné à l’accélérer ou à la retarder, précisément comme cela arrive au Sulcil. Hais comme la cumplicalion des rouages tend à diminuer la régularité de la marche de l’instrument , on doit préférer les bonnes pendules ordinaires qui n’indiquent que le temps moyen , sauf à recourir à la table VIll, si l’un veut en déduire l’heure vraie. On peut donc aisément trouver l’avance ou le retard du Soleil , et se servir constamment , pour les trois unités de temps, d’uné pcudule réglée sur le temps moyen ou sidéral.

48. Mesurons maintenant les diScrcnces de nos trois espèces de temps.

I. Le temps sidéral se compte de 0 à 24^ , à partir de l’instant où l'équi noxe y' passe au méridien supérieur. Ce point n’est, il est vrai, distingué par aucun astre; mais l’asc, dr. en temps d’une étoile quelconque étant l’heure de son passage au méridien, l’astre sera dans ce plan à l’heure même désignée par son ascension droite en temps. Voilît pourquoi le temps sidéral exprime l'ascension droite actuelle du zénith ou du milieu du ciel. En observant un passage d’étoile, on aura donc’ l’heure sidérale.

Dans les observatoires , on emploie de préférence le temps sidéral , parce qu’on a de fréquentes occasions de s’assurer de la marche de la pendule. On note l’heure, la minute et la seconde du passage d’une étoile quelconque aux 5 fiis du réticule de la lunette méridienne (page 9), et prenant la moyenne, la pendule sidérale devra marquer , à cet instant , l’heure connue d’avance par l’ascension droite on temps (coy. notre catalogue d’étoiles , table XI).

On peut encore régler la pendule sidérale sur le Soleil ; car la Connaissance des Tem» donne l’asc, dr. de cet astre , ou l’heure sidérale de son passage au méridien. On observe, à l’aide d’un verre coloré, les

* Eo coniulunt la table VIll, on voit que le Soleil e>l d'aceord arec la pendule moyenne i 4 dpoquea, qui dépendent de la position actuelle de l'apogée A et du périgée P, savoir, les |5 avril, iSjuin, septembre et v4 décembre. Le Soleil avance sur la pendule de la i" époque A la ï*, retartle de la à la 3«, avance ensuite, etc. : le plus grand retanl est de 1 4 ' 37 " le 1 1 février, et la plus grande araoce de tfi’ij " le 3 novembre,

CRaaoGSArBiE. ^

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iDïlaiits où les bords occidenlol et oriental viennent en contact arcc les fils de la lunette méridienne; la moyenne est l’heure marquée à l’instant du passage du centre, laquelle doit être donnée, par la pendule sidérale, égale à l'ascension droite du Soleil.

II. L’heure iota ire vraie s’obtient par le passage du centre du Soleil au méridien, comme on vient do le dire. On peut aussi lire cette heure sur un cadran solaire bien construit; mais ce procédé, en usage pour la vie civile, est très-peu précis. Les grandes irrégularités du temps solaire vrai empêchent les astronomes de s’en servir.

’III. Le tempe moyen s’obtient en cherchant le temps vrai, et ayant égard à sa difiërcnce avec le temps moyen. Lorsqu’un a observé le passage du 0 au méridien , la pendule moyenne doit au même moment marquer le temps moyeu à midi vrai, tel qu’on le voit table VIII.

Pour qu’une pendule moyenne soit bien réglée, il faut qu’elle retarde chaque jour sur les étoiles de -V 8o",9 de temps moyen. Ainsi dirigez, à on instant quelconque, une lunette vers une étoile, et remarquez l’heure à votre pendule moyenne, le lendemain le cadran marquera 3' 88", Ode moins, quand l’astre reviendra au fil du réticule : il faudra donc monter ou descendre un peu la lentille , jusqu’à ce que cette condition soit rigoureusement remplie.

A Londres et à Paris, les horloges publiques marquent le temps moyen; ce qui est fort utile, puisque le mouvement de ces machines doit être uniforme comme celui du Soleil moyen. L’usage du temps moyen dans la société est très-commode, parce qu’il peut être donné, par toute bonne pendule; tandis qu’il faudrait tourmenter la pièeo d’horlogerie, et peut-être la détériorer, si l’on voulait la remettre sans cesse d’accord avec la marche du Soleil. Cependant l’usage du temps moyen a l’inconvénient de ne pouvoir mettre les montres à l’heure en consultant le cadran solaire, qu’autant qu’on a égard à l’équation du temps. Si l’un veut, par exemple, coiinailre l’heure moyenne le 18 octobre, époque où le Soleil avance de 14' 42" sur le temps moyen, il faut retrancher I4'42"do l’heure qu’indique le Soleil; ainsi à midi vrai,la'montre do temps moyen doit indiquer 11^48' 18".

Cette équation du temps n’csl pas rigoureusement la même chaque année , pour la même date ; mais la variation est peu importante , et la table VIII peut servir sans erreur notable, quand on ne veut que mettre une montre à riicurc moyenne, à l’aide d’un cadran solaire, parce que la pénombre du style ne permet d’y estimer l’heure du temps vrai qu' à une demi-minute près. Du reste , l’annuaire du Bureau des Lon~ yiludes fait coimaitrc l’équation du temps avec exactitude.

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