I.LNE
Lorsque les villes voisines se servent , ici do temps vrai, là du temps moyen, on trouve, en cert.iins temps de l’année, de fortes différences dans les heures marquées par les liorIo>res publiques, diEPérenoet qui peuvent nuire aux relations commerciales : il serait donc à désirer que toute In France se soumit nu temps moyen.
On remarquera que vers le mois d’octobre, la décroissance de la durée des jours semble le soir être très-rapide ; comme alors le Soleil avance d'environ un quart d’heure, il se couche uu quart d’heure trop tôt pour la personne dont la pendule suit le temps moyen. Il est vrai que le matin le Soleil se lève aussi un quart d’heure trop tôt; mais nos inœur.s, autant que les brouillards ordinaires à notre climat en cette s.iisnn, nous rendent peu sensibles à cette circonstance. Le contraire de cet effet se fait observer au milieu do février, que le Soleil retarde de près d’un quart d’heure sur le temps moyen, en sorte qu’on a l’impression d’un accroissement rapide de la durée dos jours, quand on remarque l’heure do l’arrivée de la nuit sur une pendule de temps moyen.
On règle encore les pendules par des h.iutours correspondantes et des hauteurs absolues; nous reviendrons sur ce sujet pour en faire des applications.
Ve la Lune.
49. La Litne n’ettpas lumineuie par elh-tuéme ; Viciai dont élit brilh n’etl qu'emprunté du Soleil, En effet , d’un côté , quoiqu’elle soit 400 fuis plus près de noiis(n°âO) sa lumière est 800 mille fois moindre; on a, dans les phaies que cet astre présente, la preuve qu’il n’est qu’un corps sphérique , opaque , éclairé de divers côtés successifs par le Soleil , que sa partie lumineuse regarde sans cesse : donnons quelques détails sur ces singulières apparences.
Si la partie éclairée do la Lune est direclcmcnt tournée vers la Terre, ce qui suppose notre globe entre la Lune et le Soleil , par l’effet delà rotation diurne, toutes les parties de la Terre viendront en 24* s’offrir à la Lune; et tons les habitants de la Tèrre verront tour à tour cet astre sous la forme d’un cercle lumineux durant la nuit entière. On dit alors quo la Lune est pleine (lig. 16).
Mais si ces deux astres sont placés du même côté par rapport à nous « la partie éclairée de la Lune regarde le Soleil , et nous est opposée, l’hémisphère qui est tourné vers nous est obscur, et nous ne l'apercevons pas. Ce n’est que durant le jour que nous pourrions voir la Lune;
LUNE
mais elle est invisible, quoique sous nos yeux, non pas parce que l’éclat solaire nous empêche de la voir, ainsi que cela a lieu pour les étoiles, mais parce qu’elle ne nous renvoie aucune portion de lumière. La Lune est nourelle, et l’on ne la voit ni le jour, ni la nuit ; c’est la Néoménie. Elle se lève et se couche pendant que le Soleil est sur l'horizon , et passe au méridien vers midi , tandis qu’à la pleine Lune cc passage arrive vers minuit. —
Lorsque la Lune est 90° à droite ou à gauche de la ligne qui joint la Terre au Soleil (fig. 16 et 17), il n’y a de visible que la nioitlédu disque exposée à nos regards ; la Lune passe au méridien vers 6* du soir, et c’est le premier Quartier; ou vers 6* du matin, et c’est le dernier Quartier.
Voici donc la suite d’aspects que présente la Lune. Après avoir été invisible pendant A à 5', un l’aperçoit le soir à 30° ou 40° du Soleil couchant , sous la forme d’un Croissant dont les cornes sont tournées à notre gauche; ce n’est d’abord qu’une ligne courbe, convexe vers le Soleil, et qui se perd dans les feux de l’astre; on peut alors, avec une lunette, distinguer la partie obscure qui complète le disque lunaire : le passage au méridien arrive une heure et demie environ après midi. Hais ce passage retardant de plus de ^-d’heure par jour, la Lune s’éloigne de plus en plus du Soleil , et le croissant acquiert plus du largeur dans cette duree ; le lever ayant lieu peu après celui du Soleil, n’est pas visible , et l’astre n’est aperçu que le soir, laj premier Quar~ /l'erse présente ensuite sous l’apparence d’un demi-cercle, et la Lunu passe au méridien vers 6'‘ du soir : on dit qu’elle est Dichotome.
Dans tes jours suivants, l’aire lumineuse s’accruit, la Lune continue de s’éloigner du Soleil , et le lever se retarde de plus en plus : elle est pleine, lorsqu’elle est visible sous la forme d’un cercle; son passage méridien , qui continue toujours de retarder, arrive alors vers minuit. Peu à peu sou bord à droite s'efface, et bientôt on a le dernier Quartier, demi-cercle de lumière qui cette fuis est tourné du côté opposé, lu diamètre étant a droite. L’astre passe au méridien vers 6* du matin et se lève vers minuit : on est alors dans le Déclin.
La phase se resserre de plus en plus, et ce n’est que le matin qu’on peut l’apercevoir à l’orient , sous la figure d’un croissant dont les pointes sont dirigées à notre droite. Bientôt ce n’est plus qu’un filet courbe et très-voisin du Soleil levant , qu’il précède d’environ 1* ; enfin on cesse entièrement de le voir ; c’est lu Néoménie. Quelques jours après , le croissant réparait le soir à l’ouest , et les mêmes appa-< rences se reproduiseiil.
l'IlASES.
La Luuc a toujours son disque lumineux tourné du cùtc du Soleil ; il est à droite nu premier quartier, parce que le Soleil,cst à droite : la phase est du côté gaucho dans le déclin, parce que le Soleil est ausÿ à gauche. On ne Toit pas ce dernier phénomène sans quelque intérêt , lorsqu’au premier printemps , ou en automne, durant une nuit sereine , ce léger croissant brille le matin vers l’orient , d’un éclat trop faible pour détruire celui des étoiles : le ciel tourne et entraîne ces jioints étincelants. La Lune à peine commence sa carrière, et déjà l’astre du jour parait vers l’est , précédé de l’aurore et de la lumière zodiacale, annoncé par le chant des oiseaux j il s’élève avec pompe, resplendissant du cette clarté m.ajcstueuse qui répand la joie sur toute la nature.
SO. Si la Lune décrivait uniformément l’équateur, elle se lèverait à 6^' du matin dans la néoménie, et se coucherait à G'* do soir : ce serait le contraire à la pleine Lune. Au premier quartier, la Lune se lèverait à raidi et se coucherait à minuit; et ce serait l’opposé dans le dernier quartier. Mais la Lune décrit dans l’espace autour de nous une orbite inclinée à l'équateur et à l’écliptique ; elle n'est dans l’un de ces plans qu’au moment où elle le traverse: les heures et les lieux du lever et du coucher ont donc besoin do quclqués modifications. La hauteur méridienne de la Lune sur l’horizon est plus ou moins grande selon sa déclinaison. L’orbe lunaire étant incliné de IS° 9' sur l’écliptique, la Lune est , à de certaines époques , élevée ou abaissée do cette même quantité .à l’égard des points le plus haut ou le plus bas du Soleil , c’est-à-diro des midis solsticiaux , abstraction faite de la parallaxe.
31. Lorsque deux asircs , vus de la Terre, ont même longitude, c’est-à-dire que les deux arcs menés perpendiculairement a l’écliptique coïncident, un dit quo ces astres sont en Conjonction c( : ils sont en OppoÊition g lorsque leurs longitudes diffèrent de 180°; dans ce dernier cas, les arcs do latitude sont encore sur le même plan perpendiculaire à l’écliptique et passant par son pôle , mais dans des régions opposées.
Lorsqu’il y a conjonction, si les latitudes des astres étaient égales, ils paraitraient coïncider, parce qu’ils seraient dans la même direction : autrement , ces astres sont vus élevés l’un au-dessus de l’autre, dans un même arc perpendiculaire à l’écliptique. On a visiblement nouvelle Lune, lorsque ce globe est en conjonction avec le Soleil, et pleine Lune dans les oppositions : ces deux silualioiis à l’égard du
l.UNK.
Soleil se iiuioinent les Syzygieê ; et si les deux astres et la Tene sont sur In même ligne droite, il y a éclipse de Soleil dans le 1°' cas, et eje Lune dans le S". L’instant d’une syzygie, celui où In longitude de la Lune est égale à celle du Soleil , ou eu diffère de 180°, est donné ]iar In comparaison du mouyeinent relatif de ces deux astres, ainsi que nous allons l'exposer. Il faut en dire autant des Quairaturet □ , ou du premier et du dernier quartier do In Lune, qui arrivent lorsque la longitude de la Lune diffère de 90° et 270° de celle du Soleil ; ou sorte que les droites qui joignent les centres du ces corps à celai de la Terre, forment un triangle rectangle dont notre globe occupe le sommet de l’angle droit.
Le caractère Ç désigne la Lune.
82. Dans l’éclip-se de Lune, la Terre est entre cet astre et le ©; le milieu du phénomène est a peu près l’instant de l’opposition , ou de In pleine Lune : notez oe moment : faites-en autant , quelques années après, pour une autre éclipse de Lune : divisez la durée écoulée par le nombre de lunaisons qui ont eu lieu, vous aurez , en termes tnovens, l’intervalle de deux pleines Lunes, ou do deux néoménies consécutives, qu’on iiouime la révolution aynodique , le mots lunaire ou la lunaison. Ce calcul, qui est d’.âulant plus exact qu’il y a plus d’années écoulées, donne 29', 88088857S13, ou 29' 12'* XV 2", 87 temps moyen (environ 29' 7) .
En comparant ce nombre à l’année tropique (page 60), on trouve que celle-ci a douze lunaisona et onze joura{li Lunes et 10',87B18S288 = 10' 21*0' 18", 41).
Semblable nu 0, la Lune tourne bien avec le ciel entier, mais en même temps elle s’avance à l’est, s’éloignant assez rapidement vers la gauche. Et puisque le © et la |T procèdent vers l’est avec des vitesses très-différentes, chaque jour qui suit la néoménie, l’espace qui les sépare s’accroît de tout l’excès de vitesse de la Ç sur le © : l’accumulation des arcs dus à cette vitesse relative ramène la conjonction après 29^ 7. La Lune se trouve alors avoir parcouru 860° -f- l’arc décrit par le © dans le meme tenqis , arc qui est de 89' 8" | multiplié par297(pagc 60). En divisant cette somme par29,8808. . . , le quotient
-j 89' 8" , 18° 10' âo",027, ou 13°,17639G, est l’arc céleste
que la Lune parcourt en 24 h. moy. Cet arc, qui'revient à 82' 42" de temps, est la quantité dont, en 1', la Lune s’écartera vers l’est de l’étoile à laquelle elle répond maintenant ; chaque jour la Lune retarde