NOEUDS
d’orient en occident. Chaque année ils ont décrit enTiron IQ” ÿ, ce qui fait 1° luu8 les 19 jours, ou enfin nne révolution entière du ciel tous les 18 ans et demi. Plus exactement, les nœuds rétrof'radent de 19°,328S par an, et pareoureiit l’écliptique en 6798^, 279 (n* 103). La Lune revient au Q après 27,2122222 jours.
On trouve aussi que le temps de la révolution synodique du nœud est de 346,619851, c’est-à-dire qu’après cet intervalle le Soleil se retrouve au nœud de la Lune. Comme le Soleil se meut en sens contraire du nœud, ils se rejoignent un peu avant que cet astre ait accumpli le tour entier du ciel ; voilà pourquoi cette durée est moindre que celle de l’année.
Non-seulement la ligne des nœuds tourne autour de nous dans le plan de l’écliptique, mais l’orbe lunaire change un peu d’inclinaison sur ce plan, et se balance légèrement au-dessus et au-dessous d’une position moyenne ; dans le plan de cet orbe ainsi mobile, le grand axe de eette ellipse se meut aussi; le périgée et l’apogée tournent autour de la Terre. Ces inégalités lunaires feront bientôt le sujet de notre examen (n° 104).
61. On attribue à Méthon la remarque qu’après 19 ans, il s’est écoulé 235 lunaisons et que les nouvelles et pleines Lunes reviennent aux luèmcs dates (c. l’art. Calendrier, 3° partie). En effet, l’année et la lunaison sont à très-peu près entre elles dans lu rapport de 235 à 19, ou
proportion qu’on vérifie en comparant le produit des extrêmes à celui des moyens. Ainsi, on peut regarder 235 lunaisons comme complétant 19 années tropiques. Les 11 jours, ou plutôt 10 jours 21 heures dont l’année solaire dépasse les 12 lunaisons qui forment V^innée lunaire, s’accumulant peu à peu, il en résulte 7 lunaisons après 19 ans, outre les 228 provenant des 12 lunaisons annuelles. Sur ces 19 années, sept, qu’on nomme Embolismiques, ont donc 13 néoménies, au lieu de 12, et l’un des mois en compte alors deux.
Il suit de là que si l’un avait une série do 19 années d’observations lunaires, les phases reviendraient périodiquement dans le même ordre, et l’on pourrait prédire les dates des retours de ces phases dans chacune des périodes suivantes. Ce Cycle lunaire, ou de 19 ans, dont on attribue la découverte à Méthon , fut adopté par les Athéniens l’an 433 avant notre ère , pour régler leur calendrier lun'i-solaire
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(r. l’arl. Calend.), ot ils en oTaient fait graver le calcul en lellread’or sur les murs cia temple de Minerve j c’est de là qnc vient le nom de Nombre d’or qn’nn donne au n° qui marque le rang d’une année proposée dans cette période de 10 ans, ramenant les phases aux mêmes dates *. On est dans la 1'’ année du cycle, quand la néoménie tombe le l'*’ janvier. ^
£n comparant de même l’année solaire an mois lunaire périodique, on trouve que ces durées sont ;; 35-i t 10 j ainsi tous les 10 ans la Lune est revenue 2S4 fois à la même longitude; 26S fois à son noeud ; SS] ,8 fois à son apogée; S35 fuis en conjonction et en opposition.
Comme ces rapports, substitués aux véritables, ne sont que des approximations, on devra trouver desdiffcrcnccsaprès un grand nombre de reproductions du cycle do 19 ans (roy. la table X des syzygies, à la fin du volume).
62. En observant les taches très-remarquables du disque de la Lune, on reconnaît que l'hémisphère qui nous regarde est toujours le même Jroy. n° 97). Si l’on sc transporte par la pensée dans le Soleil S (fig. 13), on verra la Terre T, autour de laquelle tourne la Lune L ; lorsque celle-ci est en O, au delà de notre globe, le Soleil a l’aspect de la même face que nous voyons ; et quand elle est en deçà en O', entre le Soleil et nous, il voit l’autre hémisphère, puisque la face vue de la Terre est demeurée la même. Ainsi, du Soleil S, on voit tour à tour les divers points do la surface lunaire. £n accomplissant la rérolulion enlière de son orbite, la Luno a en mhne temps eréentè précisément an tour entier sur son axe, puisqu’elle a présenté nu spectateur en S, tous les points de sa surface. C’est ainsi qu’un hoenme qui, le .. visage constamment dirigé vers un arbre, en ferait le tour entier, aurait aussi fait un tour sur lui-mème, puisqu’il aurait vu toute l.t campagne qui l’environne. I.a Terre tourne sur sun axe, tandis qu’elle est cm|)ortée autour du Soleil : seulement elle tourne 305 fois et^, contre une révolution dans son ellipse, tandis que la Lune ne fait qu’un seul tour en 27-' 0* qu’elle emploie à parcourir son orbite.
63. Qu’on sc place dans la Lune, on aura donc une nuit et un jour pour chaque révolution synodiqiic, c’est-à-dire une nuit et un jour, chacun delà longueur de 18 fois 24 de nos heures.
* Calippc rendit ce cycle plus exact, en le quadruplant et étant i jour; ainsi il le 6t tic ^77^ jours, ou année» juliennes, durant lesquelles ou a 94 *^ lunaisons.
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gi!
line nuasi longue abienco du Soleil, autant que ledéfaut d’atmosphère (n" 126), doit y causer un refroidissement nonsidcrable. Dans un jour aussi étendu, l’accumulation de la chaleur doit la rendre excessive. Chaque nuit est un hiver rigoureux, ehaqiie jour un été fatigant. En 16 do nos années, on n’a qne 295 jours; le Soleil ne se lève et ne se couche que 285 fois.
Notre habitant de la Lune n’auro jamais le spectacle de la Terre, s’il se trouve sur l’hémisphère qui nous est inconnu; mais à la face opposée, les phases terrestres changeront graduellement et à vue dans une seule nuit de près do 15 fois 24^. La clarté solaire disparaissant, sera sur-le-champ remplacée par celle que réfléchira la Terre, d’abord sous la forme d’un croissant; mais, à nicsurc que la terre approchera de l’opposition, la phase terrestre prendra plus d’étendue, et bientét la Terre sera vue pleine sous un angle d’environ 2° (n“ 85), c’est-à-dire avec une surface 18 fois plus grande que la Lune, et envoyant 13 fois plus de lumière. Nos mers, nos plaines, nos montagnes, nos volcans et nos neiges, par le contraste de leurs reflets, produiront des teintes variées et des taches que notre rotation fera voir sous des aspects sans cesse différents.
La Terre, vue de la Lune, est pleine dans la néoménie, obscure dans la pleine Lune ; ces deux corps sont ensemble Hicholcmies. Les phases de la Lune et celles de la Terre sont exactement complémentaires l’une do l’autre. Si notre spectateur habite le cercle qui, dans la dichotomie lunaire, sépare l’ombre de la lumière, par l’effet combiné des deux rotations de son globe, la Terre ne cessera jamais de se trouvera son méridien ; il verra, au coucher et au lever du Soleil, notre globe sous la figure d’un quartier. \ minuit, la Terre sera pleine, c’est-à-diro après une nuit de 7 fois et demie 24 heures : 15* après il aura midi et nourelle Terre.
Nous distinguons assez bien la partie obscure du disque lunaire, quoique dans les croissants, elle ne reçoive pas la lumière directe dtt Soleil : cette faible clarté, qu’on nomme lumière cendrée, est renvoyée parla Terre. L’effet est plus sensible près do la néoménie, et surtout le 8* jour, parce que la Terre est vue pleine par l’observateur luiiaire qui est dans la partie ombrée, et que la clarté réfléchie par notre globe est 13 fois celle de la Lune. Quelques personnes attribuent la lumière cendrée à une qualité phosphorescente du globe lunaire; elles se fondent sur ce que l’éclat de la Lune leur parait plus intense que ne le.comportent les lois de la lumière réfléchie. Du reste, la lumière do la Lune, réunie au foyer d’une immense lentille , n été impuissante ,
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soit pour Faire mouler le thermomètre, soit pour altérer les couleurs les plus tendres.
64. On aperçoit sur 16 disque de la Lune des points vivement éclairés, accompagnés d’une partie latérale obscure , dont la position et l’étendue varient avec le progrès des phases. Ces apparences suirciil les lois des ombres que projettent les corps opaques d’après la position de la lumière. Ou est donc certain que la Lune est couverte de montagnes, de plaines et de cavités profondes. L’existence des montagnes lunaires est confirmée par l’apparence de points ou petites îles lumineuses, placées en dehors du bord éclairé, et qui sont les sommités éclairées par le Soleil avant les plaines intermédiaires. A mesure que la lumière avance, on voit peu à peu ces points lumineux se rattacher au bord et y former des dentelures. Ces dentelures qui bordent' le disque ont été mesurées , et Schroëler a trouvé que plusieurs de nés hauteurs surpassent 3000 toises; M. Herschcll ne leur accorde que 2800 mètres. Leur nombre est considérable; elles occupent la majeure partie de la surface. On y remarque aussi de vastes régions parfaitement de niveau, et qui présentent tous les caractères de terrains d’alluvion. On peut encore mesurer la distance de l’arc d’illumination au sommet d’une montagne qui commence à être éclairée comme un point brillant sur la région obscure. Les abimes sont, au contraire, dans l’obscurité; il y en a de 3000 toises de profondeur et de six lieues de largeur, environnés de munlagiies d’un volume égal à ce vide, et qui semblent avoir été arrachées du sol par quelque éruption volcanique. La teinte foncée'des taches lunaires ne provient que de la nature même du sol, puisque subsistant encore dans la pleine Lune, on ne peut les regarder comme des ombres, qui devraient disparaitru lorsqu’elles ont leur projection verticale. On avait autrefois pris ces taches pour des mers ; mais comme la Lune n’a point d’atmosphère sensible (n° 126), il ne peut non plus y avoir de liquides; car ces substances n’étant pas comprimées à la surface, scraii-ut bientôt résolues en vapeurs, qui formeraient une nouvelle atmosphère. Les astronomes ont donné à ces taches les noms suivants : 1 ArUlarque, 2 Tycho, 8 Copernic, 4 Kepler, 5 Maniliua, 6 Eudoxe, 7 Snelliu», 8 Proclut, eic. (voy. la fig. 18).
Concluons de là que tout est solide à la surface de la Lune; ce fait parait confirmé par les observations faites avec de forts télescopes, qui nous la montrent comme une masse aride. Si clic est habitée, ce ne peut être que par des animaux capables do vivre sans air, ni fluides,
CONSTITDTION LUNAIRE. 97
' et par conséquent d’une autre nature que les êtres que nous connaissons.
Selon H. Herschell, un climat très-extraordinaire doit régner sur la Lune et l’on y doit passer brusquement d’une chaleur plus brûlante que celle du midi de nos régions équatoriales, et soutenue pendant IS do nos jours, à un froid de même durée plus excessif que celui de l’hiver de nos régions polaires. M. Cournol no partage pas cette opinion, et fait même à ce sujet une observation à noter ici. « On sait, dit-il, que l’atmosphère agit sur la température delà surface terrestre, comme ferait une cage de verre, en laissant pénétrer facilement les rayons solaires, et en s’opposant ensuite au libre rayonnement de la surface, échaufiëe par l’influence de ces rayons. Dans l’état de nus connaissances sur les lois de la chalenr rayonnante, on a lieu de croire que l’absence d’une atmosphère empêche que la chaleur solaire ne puisse s’accumuler à la surface de la Lune : de sorte qu’un thermomètre placé en un point quelconque de celte surface, devrait marquer la même température que s’il était isolé dans les espaces planétaires : du moins en admeltantque In surfaccdcln Luiieait entièrement perdu sa chaleur d’origine. Cette température de l’espace est évaluée par plusieurs physiciens à environ 60 degrés centigrades au-dessous do la glace fondante. » (Traduction du Trai(/i d’ jistron, de M. Herschell , p. 270.)
On a cru remarquer dans la Lune les effets et même les éruptions des volcans. Ces explosions ont été manifestées par de nouvelles taches et des étincelles vues dans la phase obscure. Il faudrait donc admettre, si ce no sont pas des illusions d’optique, qu’il y a des feux volcaniques sans atmosphère. Ou sait en effet que des corps peuvent, dans leur ignitiun , développer assez de gaz oxygène pour suffire à leur combustion. Il est plus probable que la surface lunaire , longtemps éclairée par le Soleil, en reçoit des qualités phosphorescentes , qui produisent d’apparentes fulgurations sur le fond obscur de la Lune, ou que ce sont des reflets de la lumière renvoyée par la Terre. Ilerschel a vu , dans une néoménie , trois points lumineux, dont l’un avait une lieue de diamètre, et qui ressemblait à des charbons ardents recouverts d’un peu de cendre ; leur éclat varia en quelques jours, et cessa tout à fait. La tache Arûtarque, dont l’étendue égale celle de la ville de Paris, a offert à Cassini, Herschell, Kater. . . . des étincelles sur le fond obscur du premier croissant. D’autres taches ont présenté des apparences analogues ou des nuages passagers.
M. Laplace a même attribué aux volcans lunaires ces pierres qni raxsocasrnit. i